|
|
| Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production. | |||||
| Financement 2008 |
| Objectif : 20000$ | |||
J’aimerais vous faire part de mes démarches et de mes réflexions à la suite de ma lettre du 9 novembre dernier, dans laquelle je dénonçais la présence de symboles religieux juifs sur les emballages et les contenants de la plupart des produits alimentaires courants que l’on trouve dans les épiceries. Je n’ai toujours pas de nouvelles de mon épicier, ni des fabricants, ni des producteurs, ni des associations de consommateurs, ni du cabinet du premier ministre Jean Charest. Personne ne se manifeste. On pourrait entendre une mouche voler. Un long, un très long silence !
Comme je l’ai déjà expliqué, les gens à qui j’en ai parlé sont d’abord estomaqués, révoltés. C’est leur première réaction. Lorsqu’ils se rendent compte que presque tous les produits qu’ils trouvent à l’épicerie sont casher, ils sont embêtés, très embêtés. Ils se sentent impuissants. Ils ne voient pas de solution à cet épineux problème. C’est leur deuxième réaction. Pour diminuer sans doute leur angoisse existentielle, ils font ensuite le raisonnement suivant : « Ben coudonc, ça fait des années que je mange « casher » sans le savoir et je n’en suis pas mort (sic), fa que… ». C’est leur troisième réaction. Mais quand on gratte un peu, on se rend compte que les gens ont peur, peur d’en parler, peur d’exiger des fabricants et des épiciers des produits non casher, peur des représailles, des poursuites. Quelqu’un a même refusé d’en parler au téléphone de crainte que sa ligne soit « tapée ». WOW ! Attention ! Big Brother vous écoute. C’est cette réaction qui me surprend le plus. Au Québec, en 2007, les Québécois vivent dans la peur. Et il ne s’agit même pas ici de revendiquer l’indépendance du Québec. Enfin, beaucoup de gens se réfugient dans le confort et l’indifférence.
Ce que les gens oublient, annihilés par la peur, c’est que en tant que consommateurs ils ont un pouvoir ÉNORME et peuvent mettre un terme à cette pratique commerciale abusive. Imaginez des milliers, sinon des millions de consommateurs, qui exigent des fabricants, des producteurs ou des épiciers des produits non casher.
Il est vrai qu’il est difficile de se procurer certains produits non casher, ce qui peut en décourager plusieurs. Je mets quiconque au défi de trouver dans les épiceries les produits non casher suivants : sucre, mélasse, épices, vanille, beurre, beurre d’arachides, céréales, avoine (gruau), vinaigre blanc. Il existe pourtant des moyens simples et CONCRETS pour faire une épicerie non casher. Pour ma part, j’achète, dorénavant, les produits des petits producteurs et artisans. C’est ainsi que j’ai réglé mon problème de farine et d’avoine. La mise sur pied d’un « blogue » pour mettre en contact les consommateurs qui désireraient faire part de leur « découverte » et pour faire connaître les petits producteurs est une autre solution. Au risque de me répéter, il suffit simplement d’informer et de s’informer. Et surtout, de se faire respecter.
Les « nouveaux conquérants » ont planté leurs symboles religieux dans les épiceries, et ce, à notre insu. Jacques Cartier, lui, au moins, a eu la décence de planter sa croix au grand jour, en présence du chef Donnacona et de ses braves. Les nouveaux conquérants ont pris possession du territoire au nom de qui, de quoi ? Pour quel motif véritable ? Il semble que cette « prise de possession » existe depuis longtemps. Y a-t-il, dans ce cas, prescription acquisitive ? On tient beaucoup trop de choses pour acquises en ce moment au Québec.
Certains prétendent que la certification casher est un gage de meilleure qualité. Qu’en est-il vraiment ? Comment peut-on mettre sur le même plan, par exemple, la certification Ecocert, qui est encadrée par les pouvoirs publics et la législation, et la certification casher à caractère religieux ? On crée de la confusion. À nous de démêler le vrai du faux.
Les journalistes et les chroniqueurs des journaux « officiels » en
rajoutent et se plaisent à entretenir la confusion. Ils réduisent à sa plus
simple expression cette pratique commerciale abusive et ne se gênent pas
pour traiter les gens qui s’y opposent d’alarmistes, de racistes,
d’antisémites. Aux dires de certains, la redevance (ou la dîme, c’est selon)
sur les produits casher est minime. Ah oui, vraiment ! Selon le site de la
Union Orthodox (le minuscule symbole U encerclé ça vous dit quelque
chose ?), il s’agit d’un marché de 150 milliards de dollars, et ce, en
Amérique du Nord seulement. Pour inciter les fabricants à demander la
certification casher, on leur vend l’idée qu’ils peuvent augmenter leur
part de marché de 20 % par rapport aux produits non casher. On se targue
également de ce que les consommateurs mangent des aliments casher tous les
jours sans le savoir. Constatez-le par vous-même à l’adresse suivante :
http://www.oukosher.org/index.php/basics/why
Le visage du Québec change. Je ne m’y reconnais plus. Je perds peu à peu le fil de mon histoire. En mon pays suis en terre lointaine. De Villon à Miron, l’histoire se répète. Les Québécois sont de plus en plus, divisés, écartelés, bâillonnés, terrorisés, anesthésiés. Et ce n’est plus le fait des anglais. Je crains cette fois qu’il leur soit très difficile, sinon impossible, de se « rapailler ».
J’ai l’impression d’assister à l’agonie et aux derniers soubresauts d’un peuple. Un peuple à la veille de fêter ses 400 ans. Un peuple qui est peut-être né, finalement, pour un petit pain … casher.
[…]
puisque je suis perdu, comme beaucoup des miens
que je ne peux parler autrement qu’entre nous
ma langue pareille à nos désarrois et nos détresses
et bientôt pareille à la fosse commune de tous
puisque j’ai perdu, comme la plupart autour
perdu la mémoire à force de misère et d’usure
perdu la dignité à force de devoir me rabaisser
et le respect de moi-même à force de dérision
puisque je suis devenu, comme un grand nombre
une engeance qui tant s’éreinte et tant s’esquinte
à retrouver son nom, sa place et son lendemain
et jusqu’à s’autodétruire en sa légitimité même
[…]
nous voici ballotés dans un destin en dérive
nous agrippant à nos signes méconnaissables
notre visage disparu…
[…]
et j’élève une voix parmi des voix contraires
sommes-nous sans appel de notre condition
sommes-nous sans appel à l’universel recours
hommes, souvenez-vous de vous en d’autres temps
(Gaston Miron, L’Homme rapaillé)
Nous sommes nombreux silencieux raboteux rabotés
dans les brouillards de chagrin crus (Le damned canuck)
(Gaston Miron, L’Homme rapaillé)
seulement les genoux seulement le ressaut pour dire (Le damned canuck)
(Gaston Miron, L’Homme rapaillé)
Denis Landry, Longueuil, le 9 décembre 2007
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

12806$ 64%
|
Pour contribuer en ligne
|