On serait surpris d’observer à quel point il est facile de succomber à l’anglicisation sans trop sans rendre compte et malgré un effort de résistance conscient et bien fondé.
Cela se traduit par mille situations au quotidien :
On regarde les ingrédients d’un article à l’épicerie ; on tombe sur le côté anglais en premier mais on continue à lire quand même.
Le film qu’on veut voir est présenté en anglais près de chez soi. On va là plutôt que de se rendre au cinéma qui le présente en français.
Une nouvelle éclate, on regarde CNN au lieu de RDI ou LCN.
On loue un film en anglais ; on achète le dernier tome de Harry Potter paru d’abord en anglais plutôt que d’attendre quelques semaines pour le lire en traduction.
On lit un manuel d’instructions en anglais, "pour pratiquer".
Sur une vitrine bilingue de Montréal, l’oeil tombe sur l’ anglais et continue à lire au lieu de changer.
On regarde notre série de télé favorite en anglais parce que la version française n’arrive que l’année suivante.
On "oublie" de configurer nos appareils vidéo pour qu’ils affichent en français.
Lorsqu’on va sur Youtube, on omet de cliquer pour obtenir l’affichage de la page française, "pour aller plus vite".
Et c’est comme ça que, sans trop s’en rendre compte, on finit par passer beaucoup trop de temps dans la langue de Mordecai plutôt que dans celle de Félix. C’est une question de dosage ; un peu risque de devenir trop. C’est à chacun de rester vigilant et de faire preuve de détermination dans son choix de vivre le plus possible en français.
Et vous, aimable lecteur, quels sont les exemples vécus ou évités de justesse qui vous viennent à l’idée ?
Réjean Labrie, de Québec, capitale nationale.


