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Ça nous arrive à tous
Sur la pente glissante de l’anglicisation
ou comment s’angliciser malgré soi
Réjean Labrie
Tribune libre de Vigile
jeudi 7 janvier 2010      357 visites      6 messages


On serait surpris d’observer à quel point il est facile de succomber à l’anglicisation sans trop sans rendre compte et malgré un effort de résistance conscient et bien fondé.

Cela se traduit par mille situations au quotidien :

- On regarde les ingrédients d’un article à l’épicerie ; on tombe sur le côté anglais en premier mais on continue à lire quand même.

- Le film qu’on veut voir est présenté en anglais près de chez soi. On va là plutôt que de se rendre au cinéma qui le présente en français.

- Une nouvelle éclate, on regarde CNN au lieu de RDI ou LCN.

- On loue un film en anglais ; on achète le dernier tome de Harry Potter paru d’abord en anglais plutôt que d’attendre quelques semaines pour le lire en traduction.

- On lit un manuel d’instructions en anglais, "pour pratiquer".

- Sur une vitrine bilingue de Montréal, l’oeil tombe sur l’ anglais et continue à lire au lieu de changer.

- On regarde notre série de télé favorite en anglais parce que la version française n’arrive que l’année suivante.

- On "oublie" de configurer nos appareils vidéo pour qu’ils affichent en français.

- Lorsqu’on va sur Youtube, on omet de cliquer pour obtenir l’affichage de la page française, "pour aller plus vite".

Et c’est comme ça que, sans trop s’en rendre compte, on finit par passer beaucoup trop de temps dans la langue de Mordecai plutôt que dans celle de Félix. C’est une question de dosage ; un peu risque de devenir trop. C’est à chacun de rester vigilant et de faire preuve de détermination dans son choix de vivre le plus possible en français.

Et vous, aimable lecteur, quels sont les exemples vécus ou évités de justesse qui vous viennent à l’idée ?

Réjean Labrie, de Québec, capitale nationale.




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Vos commentaires:
  • Sur la pente glissante de l’anglicisation
    7 janvier 2010, par Gilles Bousquet

    D’accord avec M. Labrie. Ils ont le même problème en France, même si c’est le centre de la francophonie qui s’anglicise.

    Faudrait, en priorité, améliorer l’enseignement du français et, dans les familles, tenter d’élargir son vocabulaire à la place de le réduire comme la majorité de nos ados le font.

    La langue anglaise va toujours nous être utile au Québec. Faut prendre le risque de ne pas l’écarter parce qu’elle est utile ici dans les arts, les voyages, à la télé et, au travail, de plus en plus, avec la mondialisation.

    Fait que, faut bien posséder la langue anglaise sans s’y engloutir corps et âme et principalement...améliorer notre français pour mieux le conserver.


  • Sur la pente glissante de l’anglicisation
    7 janvier 2010, par Philippe Landry

    La véritable cause de l’anglicisation galopante qui sévit au Québec, c’est la pérennité parti libéral du Québec.

    En effet, en confiant un troisième mandat au PLQ, les Québécois ont accepté de-facto les valeurs fondamentales de ce parti : le bilinguisme, le multiculturalisme et l’affaiblissement de l’état-nation du Québec.

    Les exemples que vous donnez dans votre article ne sont que des pécadilles à comparer à cette volonté démocratique de la majorité des Québécois de s’angliciser et de se tourner vers l’identité canadienne et la situation n’est pas sur le point de changer : vue l’absence d’une opposition crédible au sein d’un espace médiatique hostile à l’identité Québécoise, il est à peu près impossible que le PLQ soit défait aux prochaines élections.

    La seule manière de mettre un terme à cette triste situation de colonialisme serait que toutes les forces politiques nationalistes du Québec s’unissent et c’est ce à quoi il faudra travailler d’arrache pied car, évidement, suite à un quatrième mandat majoritaire du PLQ, il sera trop tard pour réparer les dégâts.


  • Sur la pente glissante de l’anglicisation
    7 janvier 2010, par Jacques Noel

    J’avais demandé une fois à un commis pourquoi qu’il mettait tous les cartons de jus d’orange sur le coté anglais ?
    Il m’avait expliqué que c’est ce que son boss lui avait demandé. "C’est de ce côté-là qu’est le bouchon"
    Traduction : pour le boss c’était plus important que le consommateur voit le bouchon que le français.


  • Sur la pente glissante de l’anglicisation
    7 janvier 2010, par Marie Mance Vallée

    Il y a pire.

    Dans un IGA du centre-ville de Montréal, au lieu de mots bien français pour décrire la marchandise contenue dans une allée, ce IGA utilise des dessins (diagrammes).

    Est-ce une manière de bannir le français, langue qui pourrait déplaire à certains, leur ai-je dit ?

    Considèrent-ils les clients comme des analphabètes, des illettrés ou des élèves de maternelle et de l’élémentaire ?

    Serait-ce pour aider les immigrants qui ne connaissent pas le français ?

    J’ai porté plainte cet avant-midi et on m’a dit que je n’étais pas la première à le faire.

    Cette nouvelle méthode est insidieuse.


  • Sur la pente glissante de l’anglicisation
    7 janvier 2010, par RenéP.

    Il y a aussi le fait que bien souvent on n’a pas le choix. A chaque fois que l’on doit renouveler un appareil ménager, je demande au vendeur pour avoir un appareil sur lequel les indications d’opération sont en francais ou au moins bilingues. La réponse est toujours la même:il n’y en a pas, c’est en anglais. Je réponds que nous sommes au Québec et la réponse est souvent :"ca devrait être en francais mais ...c’est comme ca". On n’a pas le choix, c’est comme ca pour toutes les marques. S’il y avait une seule compagnie qui décidait de mettre du francais sur les appareils, les autres seraient obligées par la compétition de faire la même chose mais ce n’est pas le cas. Seul le gouvernement pourrait et devrait obliger que le francais soit présent autant que l’anglais sur les appareils...en fait, sur tous les articles du commerce. Mais, avec Charest,...ce n’est pas demain la veille.


  • Sur la pente glissante de l’anglicisation
    7 janvier 2010, par Marie Mance Vallée

    @ René P.

    Il me semble que lorsque le PQ était au pouvoir, madame Beaudoin alors ministre de ces dossiers y avait travaillé. Je me souviens qu’elle avait demandé ou exigé du français sur la marchandise unilingue anglo-américaine.

    Je ne sais pas ce qu’est devenu cette loi ou ce projet de loi... Est-il mort au feuilleton ???









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