On savait qu’il fallait un minimum d’ego pour être chef de parti mais on
peut aussi en avoir trop. Lorsque Stéphane Gendron déclare son intérêt pour
la course à la succession de Mario Dumont en exprimant d’emblée son fort
peu d’estime pour Éric Caire et l’ensemble des députés du caucus adéquiste,
il entame bien mal son entreprise de séduction.
Si l’ADQ veut courtiser le centre du spectre politique québécois et ainsi espérer former un jour le gouvernement, le parti a tout intérêt à rompre avec un certain populisme de droite. Or, un homme qui, comme le maire de Huntingdon, s’est déclaré ouvertement en faveur de la peine de mort à l’émission « Tout le monde en parle » n’a rien de rassurant pour cet électorat modéré.
En 2005, alors que dans les rues de Montréal, 80 000 étudiants manifestaient contre l’augmentation de la limite d’endettement ainsi qu’une conversion de 103 millions $ de bourses en prêts, M. Gendron jugea que cette foule record n’était « pas représentative » et que le gouvernement Charest n’avait « pas à négocier » puisqu’il avait « été élu pour gouverner ».
Cette conception pour le moins autoritaire de la démocratie n’a rien de surprenant pour quelqu’un qui doit sa notoriété à sa tentative d’imposition d’un couvre-feu aux mineurs pour diminuer le vandalisme juvénile. À l’époque, le Conseil des Maires de la région avait refusé de recommander l’application de cette mesure extrême auprès de la Sûreté du Québec.
Le maire Gendron a-t-il changé ? À le voir reluquer la chefferie d’un parti en indiquant d’entrée de jeu qu’il se « fiche » de n’avoir l’appui d’aucun des élus de cette formation, il se disqualifie. Et c’est tant mieux.
Christian Gagnon
Montréal
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