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Le 22 novembre 2006, André Boisclair tenait au journal "Le Devoir’ les propos suivants : « … si notre objectif est véritablement de bâtir une société pluraliste, ouverte et inclusive, tous les combats visant plus d’inclusion et moins de discrimination ne devraient-ils pas aussi faire partie de la définition de notre identité ? Il en est ainsi parce que notre société repose sur un contrat moral par lequel tous les Québécois s’engagent à bâtir le Québec de demain. Or ce contrat découle des choix non négociables que nous avons faits comme société, soit ceux de vivre en français, de façon démocratique, dans le respect de la diversité et de l’égalité des individus, notamment celle entre les hommes et les femmes. »
M. Boisclair faisait ici allusion à l’énoncé de politique en matière d’immigration tel que publié sous le gouvernement de Robert Bourassa en 1990, document intitulé ‘Au Québec pour bâtir ensemble’. Or, à l’intérieur de ce document, M. Bourassa écrit en préambule que « Dans le cadre constitutionnel actuel, nous ne possédons pas tous les pouvoirs nécessaires pour atteindre seuls les objectifs du présent énoncé. »
Cette dernière phrase aurait-elle échappée à M. Boisclair ? M Bourassa n’avait-il pas compris que la Charte des Droits et Libertés et que la Constitution canadienne demeuraient un obstacle majeur à la réalisation de ses politiques en matière d’immigration ? Le multiculturalisme canadien empêchait le Québec d’intégrer ses immigrants de manière à les confronter à leurs obligations envers la société d’accueil. Nous assistions encore une fois à un dédoublement des compétences dans le domaine de l’immigration, le Canada imposant le multiculturalisme et le Québec prônant une intégration soumise à des obligations citoyennes. J’en veux pour preuve la suite de l’énoncé indiquant qu’ « étant donné que l’immigration constitue un privilège qu’accorde la société d’accueil, il est légitime qu’elle fasse connaître ses attentes aux immigrants, si possible dès l’amorce du projet migratoire, afin que ceux-ci apprennent graduellement à les partager. De même, la société québécoise doit-elle prendre davantage conscience des obligations que lui impose son propre projet démocratique à l’égard des citoyens de toutes origines qui la composent. » Avouons que ce point de vue n’aurait jamais épousé les objectifs du Fédéral !
Où en sommes-nous après 17 ans ? Nous ‘accommodons’. Les directives des ministères sont toutes aussi contradictoires les unes que les autres. Nous nous faisons les rois du dialogue improvisé selon la nature de la demande faite par l’immigrant.
La faille est exploitée.
M. Boisclair aurait eu avantage à se dissocier du document de 1990 et prôner plutôt une Constitution du Québec à imbriguer dans un projet d’Indépendance balisant ainsi justement les obligations de tous ses citoyens. Les accommodements devenaient ainsi inutiles. Trop simple. Trop évident.
Son lieutenant, M. Legault, persistait en 2004. Lors de l’élaboration du document ‘La laïcité scolaire au Québec’, les nombreuses balises élaborées sont demeurées en fait de multiples accommodements accolant ces mêmes effets pervers à la politique annoncée.
M. Charest n’a, quant à lui, jamais songé sérieusement à ces problèmes, les jugeant tels des « cas isolés. » Il préfère encore consulter, multiplier les commissions mais surtout dialoguer, probablement trop occupé à vernir son image.
Curieusement, M. Dumont a compris la logique se dissimulant derrière ces accommodements raisonnables et on le traite d’opportuniste. Nul n’est prophète dans son pays, dit-on !
Qu’attend M Boisclair pour s’amender ? Il avait un atout qu’il aura gaspillé.
Bernard Thompson
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