Avec le nombre d’humoristes au Québec, avoir le sens de l’humour est devenu un trait obligatoire de ce que le Docteur Camille Laurin appelait nos idiosyncrasies : les Québécois aiment rire et sont, en général, de bonne humeur. Faisons donc l’hypothèse que l’auteur de ces lignes a un sens de l’humour normal et comme il a une conscience politique un peu au-dessus de la moyenne, l’humour politique l’intéresse.
Ainsi donc dans La Presse du 14 août, je signale l’existence d’une
caricature politique sexiste et malhonnête. Pauline Marois dont le
physique est quand même pas trop mal y est représentée et y est déformée
d’une manière que je qualifie de sexiste. Je n’en ferai pas la
démonstration tellement c’est évident : on a l’impression qu’elle est
enceinte. Même quelqu’un qui n’aime pas Pauline Marois sera frappé par le
caractère sexiste de cette caricature. J’espère qu’il n’y a pas que les
femmes qui l’ont vu.
Par ailleurs, mettre en parallèle l’intervention de Pauline Marois en faveur de la visibilité du drapeau fleurdelysé aux Jeux Olympiques de Pékin et les graves et dramatiques problèmes de Montréal-Nord à propos desquels un député du Parti québécois a parlé au nom de son parti et laisser entendre que Pauline Marois accorde plus d’importance au symbole du drapeau qu’aux graves problèmes sociaux de Montréal, ça me semble frôler la malhonnêteté intellectuelle.
C’est une tendance lourde de La Presse particulièrement chez Rima Elkouri d’opposer les revendications nationales qui seraient une fausse priorité aux problèmes économiques et sociaux vécus par "les communautés culturelles". On connaît la chanson qui vise à culpabiliser "la majorité" dont 2,308, 360 personnes ont voté OUI au référendum de 1995 en faveur de la souveraineté-partenariat. Avez-vous remarqué que quand apparaît une photo de Pauline Marois dans La Presse elle a toujours l’air stressée ou fâchée ou déplaisante ! On joue ainsi sur le subliminal.
Quant à Serge Chapleau dont on aime vanter la liberté créatrice, ce n’est qu’un talentueux mais servile porte-parole de Paul Desmarais surtout quand, dans Dieu créa Laflaque, il présente Jacques Parizeau comme un ivrogne ricaneux ce qui est une façon scandaleuse de traiter un des plus grands hommes politiques de l’histoire contemporaine du Québec dont le principal défaut est de ne pas manger dans la main du patriarche du domaine de Sagard comme le font André Pratte et le caricaturiste sexiste et malhonnête de La Presse. Ce genre de caricature ne fait rire que les hommes d’affaires sexistes de la rue St-Jacques et les fédéralistes intégristes à la André Pratte qui se tapent sur les cuisses et se félicitent du référendum volé, du scandale des commandites et des organismes illégaux comme Option Canada. Rira bien qui rira le dernier.
Ces caricatures de Jacques Parizeau et de Pauline Marois à Radio-Canada et dans La Presse sont bien plus politiquement connotées que nos attaques contre la gouverneure générale du Canada qui, au fond, est inoffensive,
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 14 août 2008
