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On apprenait récemment via le site Internet Cyberpresse que Nicolas Sarkozy, le nouveau président français, pourrait profiter de son voyage officiel au Canada cet automne pour redéfinir la politique québécoise de la France.
La relation privilégiée de la France et du Québec date de 1977 suite à l’élection du premier gouvernement souverainiste depuis l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (AANB-1867). La France avait aussitôt assuré le peuple québécois de sa solidarité avec l’adoption de l’approche « non-ingérence, non-indifférence » ou d’ « accompagnement ». Si les Québécois désiraient un pays bien à eux, la France reconnaîtrait leur déclaration d’indépendance et appuierait leur démarche.
Malheureusement, Sarko va rompre avec cette formule qui jusqu’ici transcendait la droite et la gauche française depuis 30 ans. Mais il rajoute surtout l’insulte à l’injure en le faisant lors du Sommet de la francophonie et de la clôture du 400e anniversaire de la ville de Québec.
Tu parles d’un enculé ! Venir nous dire qu’il nous lâche lors de la fête de la fondation de Québec. Quelle insulte indigne d’un chef d’État ! Tant qu’à faire tout ce chemin pour nous annoncer ça, reste donc chez vous sale con.
Évidemment, aucun politicien québécois fédéraliste ne cherchera à défendre l’autonomie du Québec dans ses relations internationales. Ils ne voudraient surtout pas déplaire à leur maître, Paul Desmarais dit le kingmaker de la politique canadienne. Comme il détient la plupart des journaux du Québec en plus de contrôler le puissant et riche groupe de lobby l’Institut économique de Montréal (IEDM), vaut mieux l’avoir avec soi que contre soi.
Car qu’on ne se le cache pas, il s’agit encore d’un coup du président de Power Corporation. Sarko et lui sont amis intimes depuis longtemps, d’ailleurs Sarko a récemment remis des insignes de Grand-Croix de la légion d’honneur, la plus haute dignité dans la légion d’honneur réservée à quelques dizaines de récipiendaires, à l’homme d’affaire très impliqué dans les milieux financiers français. Le président français, et donc la France, devient un pion de plus dans le jeu du tout puissant Desmarais.
J’entends déjà André Pratte, l’éditorialiste de la Presse, parler d’un geste courageux et intelligent du président français et en profiter pour chier sur les séparatistes qui, visiblement, ne comprennent rien au « nouveau contexte mondial ».
Quant au Parti Québécois, faudra voir. Saura-t-il exiger de Jean Charest qu’il se batte pour le Québec ? Contre le Canada ? Saura-t-il exposer le conflit d’intérêt qui habite ce gouvernement ? Pour l’instant le PQ, en collaboration avec le Parti libéral du Québec et l’Action démocratique du Québec, semble plutôt s’activer à répéter la reddition de Montréal de 1760.
Il ne nous reste plus qu’à espérer que nos cousins français rappellent à leur président ses responsabilités comme représentant de la République à l’étranger, et plus particulièrement vis-à-vis des liens qui unissent nos deux nations.
Mathieu Taillefer
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