Le 9 février, de Paris, le Président de la République française a envoyé une lettre à Pauline Marois et Gilles Duceppe en réponse à leur lettre fort digne du 4 février 2009.
Nicolas Sarkozy a beau souhaiter “que cette nouvelle relation franco-québécoise s’épanouisse en harmonie avec la relation que la France entretient avec le Canada dans son ensemble”, il rend hommage “au peuple québécois” et à “la Nation québécoise toute entière” et, cessant d’improviser sur ce qui est “son truc” ou “pas son truc”. il se laisse influencer par les diplomates du Ministère des affaires extérieures et conclut :
“Les Québécois, dans la diversité de leurs engagements et de leurs opinions, tiennent une place particulière dans le coeur des Français. Ce lien si profond qui nous unit, fondé sur le respect, la fraternité et la francophonie, constitue notre trésor commun. C’est ce trésor que je voudrais, avec tous les Québécois, promouvoir et valoriser davantage encore.”
Et il conclut utilisant une formule qui dépasse la politesse en s’adressant à Madame la Chef de l’opposition officielle et à Monsieur le Chef du Bloc québécois : “Je vous prie de croire à l’assurance de ma considération”.
J’entends ici la voix de la France de Georges Bernanos et du Général De Gaulle.
Ce n’était pas la France qui parlait de sectarisme, d’enfermement, de division pour décrire certains “engagements”. C’était l’ami de Paul Desmarais qui parlait et qui remboursait une dette.
Aujourd’hui, en signant cette lettre, Nicolas Sarkozy reconnait, en langage diplomatique, que ses propos récents sur le mouvement iindépendantiste québécois n’étaient pas “fondés sur le respect” des Québécois “dans la diversité de leurs engagements et de leurs opinions”.
C’est plaisant de retrouver enfin un NIcolas Sarkozy qui se comporte en véritable président de la république française qui parle au nom de tous les Francais et de toutes les Françaises.
Et, monsieur le Président de la France, si vous permettez un conseil d’un Québécois ouvert sur le monde et fier de son identité, il ne faudra plus jamais “improviser” sur vos frères Québécois car ce que vous appelez “notre trésor commun” pourra se retrouver dans une caverne d’Ali Baba dont nous aurons perdu le Sésame ouvre-toi.
Parlant des Quarante voleurs, pour nous, vos récentes déclarations sont à mettre au compte de l’effet corrupteur de l’Argent. Peut-être que la politique des milliardaires que vous affectionnez ne doit pas être la politique de la France, ce grand pays que nous aimons et qui s’exprime dans votre lettre aux souverainistes québécois.
Et je soumets à votre attention une phrase de Jean Bouthillette souvent citée sur Vigile.net et extraite du Canadien français et son double que vous auriez intérêt à méditer pour renoncer aux clichés et lieux communs sur le nationalisme.
“Volonté de puissance chez les grands peuples, le nationalisme, chez les petits, est une volonté d’être.” Et d’être en français. Et de devenir un pays pour continuer à être et à mieux-être et à être en français.
Francophonie et indépendance du Québec, même combat dirait Louise Beaudoin.
Un nationalisme fier (et non féroce) qu’exprime Gilles Vigneault :
“Tous les humains sont de ma race.”
Bonne Saint-Valentin frère Nicolas et soeur Carla Bruni
***
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 14 février 2009
