Texte publié dans Le Devoir du mercredi 27 mai 2009
Selon Pierre Curzi (bulletin de nouvelles de 17 heures à la radio de Radio-Canada), la Grande marche vers l’indépendance du Québec, organisée par un groupe de jeunes militants indépendantistes avait le défaut de n’être pas partisane, autrement dit de n’être pas péquiste.
Sans rire et sans honte, il a déclaré que le seul véhicule apte à mener à l’indépendance était le Parti québécois. Comme si celui-ci n’avait pas renoncé depuis belle lurette à s’en faire le porte-étendard, en dehors de ses campagnes de financement.
Est-ce par un manque inquiétant d’intelligence politique que l’ex-président de l’union des artistes n’a pas été gêné de faire une telle déclaration, alors que si son Parti, avec ses puissants moyens financiers et organisationnels, avait convoqué une telle manifestation, les marcheurs se seraient comptés par milliers plutôt que par centaines.
Est-ce par l’effet dévastateur de la corruption du pouvoir, que l’acteur Pierre Curzi, à peine élu, et ne siégeant que dans l’opposition, se croit autorisé à jouer le rôle de grand moralisateur des forces indépendantistes qui, encore vives, parce que vives, comprennent que le combat ne peut plus être abandonné aux mains partisanes d’un Parti.
Andrée Ferretti.
Brigham, 24 mai 2009



