Nous suivons la nature qui est changeante et qui suit la nature ne peut encourir blâme
Machiavel
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Ce qui change, ce sont aussi les mots et le langage pour exprimer ce qu’on veut exprimer en face de réalités qui ne se présentent plus comme elles se présentaient.
Avec l’introduction massive des nouvelles communications, celles des satellites, des ordinateurs et de l’Internet, qui nous jettent sous les doigts des quantités d’informations si massives que jamais nous ne pourrons arriver à en éplucher même une infime partie, il est évident que les mots, les phrases et le langage employés auparavant finissent pas changer de sens, de signification, de portée et de dynamique.
D’où cet avertissement de Confucius, qui appuie la remarque de Machiavel au sujet de la nature :
" À moins de s’entendre sur le sens, la signification, la portée et la dynamique des mots, on ne peut régler les affaires de l’État"
D’où nécessité d’une langue formelle, ou langue d’État.
Forcément, c’est une langue écrite dans laquelle le langage employé ne fait aucun doute quant à ce que Confucius appelle le sens, la signification, la portée et la dynamique des mots employés.
Le pouvoir est complètement dans ses communications et commence avec le langage, lorsque la langue porte suffisamment d’universaux. pour qu’on arrive à s’entendre et se comprendre en profondeur, de manière à pouvoir agir avec pertinence et célérité.
Le verbe communiquer implique des dénominateurs communs.
Une langue d’État traduit les intentions en Acte. Elle n’est pas de la théorie. Elle est relationnelle et révérentielle, en ce sens qu’elle ne se prête à aucune injustice envers personne.
Les Babyloniens et les Égyptiens se sont donnés une langue d’État avant de construire leur empire. La tour de Babel, celle de la confusion des langues, a dû leur rester comme un cuisant souvenir de l’impuissance qui résulte à ne pouvoir communiquer effectivement.
Les Hébreux se sont donnés une langue d’État, l’Hébreu étant une langue formelle qui fait justice aux communications d’envergure, tant sur le plan relationnel que formel et révérentiel.
Les Allemands se sont donnés le Hochdeutsch, depuis le Moyen Âge. Des moines tels que Nicolas de Cues et Martin Luther y ont travaillé, en traduisant d’abord la Bible dont le propos révérentiel est associé à des considérations pratico pratiques. Sans le Hochdeutsch, ni Frédéric de Prusse ni Bismarck n’auraient pu fonder l’État allemand centralisé à Berlin, tant il y avait de dialectes différents chez les Allemands.
En Angleterre, le plattdeutsch des Saxons, langue commerciale des Ligues Hanséatiques, n’avait pas les qualités d’une langue d’État.
C’est l’invasion normande qui a apporté le latin et le français en Angleterre et plus tard l’arrivée massive des Huguenots, chassés par Louis XIII et Louis XIV, qui ont transformé la langue anglaise pour lui donner la stature de langue d’État.
Et encore, il lui manque la clarté du français. J’en sais quelque chose comme ancien officier d’État major de l’armée, alors que je devais introduire des termes et une construction grammaticale empruntée au français pour rendre les textes officiels plus clairs.
En fait de clarté et de précision, de rigueur dans le propos, la langue française est de loin la langue d’État par excellence. Elle a été construite depuis le Moyen Âge par les érudits du Royaume des Francs et leurs successeurs, sans quoi il n’y aurait eu ni Royaume de France ni République Française.
Les universaux de la langue française permettent de développer tous les aspects de la culture, des sciences, de la philosophie et même de la religion, qui exige une langue à la fois relationnelle, révérentielle et pratico pratique, comme nous venons brièvement de le mentionner.
En imposant la langue française que nos ancêtres ne connaissaient guère, en même temps que le cadastre, Richelieu créait dans le Québec les assises d’un nouvel État. Quatre siècles plus tard, ces assises sont arrivées à maturité.
Sous domination anglaise, la langue française a contribué non seulement à notre survivance collective mais également au développement de notre culture y compris celle de l’État, envers et contre la volonté ou l’hostilité anglaise, loyaliste et orangiste.
Et maintenant, avec les communications satellites, les ordinateurs et l’information masivement disponible sur le bout de nos doigts, la génération actuelle risque de sombrer dans la confusion si nous ne prenons garde de maintenir un niveau élevé de discernement dans nos communications. Une nouvelle tour de Babel s’annonce.
D’où importance renouvelée de la langue française, que se préparent à nous imposer Mesdames Marois et Harel. Elles réalisent que, dans les conditions actuelles, nous devons recommencer à neuf dans beaucoup de domaines et elles ont raison.
Nous devons les appuyer sans réserve même si nous avons l’impression que le "projet de pays" est suspendu, ce qui est loin d’être le cas.
Les mots vont prendre un sens nouveau, plus formel, plus aristocratique aussi, ce qui est nécessaire au perfectionnement de l’identitaire.
À nous tous de s’en instruire et cesser de penser que Madame Marois a rélégué l’indépendance du Québec sur les tablettes.
JRMS


