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En lisant la discussion entre Luc Archambault et Georges-Etienne Cartier sur le pacifisme, un passage d’une des interventions de Georges-Etienne Cartier sur la notion de “dérapage” qui serait une forme d’anti-pacifisme et une manière inacceptable de faire la lutte pour l’indépendance parce que “non polie” et “irrespectueuse”, impossible de ne pas faire de lien avec le débat qui a été tenu ici en plein été sur ce qu’une participante de Vigile.net a qualifié d’injures et d’attaques personnelles contre Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada et, objectivement, notre ennemie.
Nos critiques virulentes de Michaëlle Jean ont été qualifiées de “dérapage”, vous vous souvenez, pendant que tout le monde était en vacances et Bernard Frappier sur la table d’opération.
Alors je dédie à qui de droit ce passage de Georges-Etienne Cartier que je contresigne. Je ne comprends pas comment la chroniqueuse puisse rester silencieuse devant un débat qui la concerne directement et qui devrait lui faire remettre en question le mauvais procès qu’elle nous a intenté et qui devrait lui faire cesser la compilation ridicule des reproches qui ont été faits au rôle politique que joue Michaëlle Jean, rôle qu’elle joue en toute connaissance de cause, nous sommes bien d’accord là-dessus.
Voici ce qu’a écrit Georges-Etienne Cartier.
“Et c`est bien à ce niveau qu`est tendu le piège de l`ennemi qui sans arrêt, par ces sempiternels et insistants et douceureux compliments à notre vertueuse TRANQUILLITÉ, sait fort bien Nous flatter en nous faisant prendre pour de la Vertu ce qui n`est que Notre neutralisante "impuissance acquise" . Flatterie que Nous n`avons pitoyablement que trop bien intégrée dans Nos "valeurs " de conquis.
Cen est au point où la moindre sortie de la voie traçée par les pontifiants "corrects " stipendiés par l’ennemi, la moindre manifestation d`humeur, le moindre manque de " gentillesse" (...) est taxé de "dérapage".
Quant à moi, ni "pacifiste" ( ces -isme ou -iste renvoyant à un statut de "principe" du genre "prêt-à-porter" dont j`ai positivement horreur, comme de tout "protocole" et autres fariboles corsettantes) ni , aussi stratégiquement qu`on veuille qu`on le soit, partisan de quelque "passivité" que ce soit, je me fais une jouissance de très volontairement "déraper", ce que j`estime savoir faire avec pertinence : c`est simple : la Liberté et son envers obligé la Responsabilité ne se trouvent nulle part ailleurs, par les temps qui courent, que dans les vastes champs où Nous lancent les dits "dérapages" ; et la souffrance de l`ennemi est tellement belle à voir ! On aura compris que je ne sacrifie pas à la mode actuelle de l`ÂAAMOUUUR universel...et que l`"esprit de "sacrifice " m`est radicalement étranger : "risques" et "chances " sont la substance même de la Vie et doivent être bien sur assumés ; mais je ne reconnais nulle transcendance ("sacrifice" renvoyant à "sacré" et RIEN ne l`étant à mes yeux, tout étant donc "discutable") qui mérite que je me "sacrifie" pour elle .
Me heurte aussi de front cette PASSIVITÉ que vous ne pouvez éviter de mentionner parmi les éléments constitutifs du "pacifisme" et qui laisse le champs libre à l`ennemi...pour qui le "fair play", que Nous Nous efforçons pathétiquement de pratiquer en y voyant naïvement une sorte de vertu suprême, n`a jamais été qu`une entourloupette d`anglais soucieux de pouvoir circuler le dos tourné et dormir en paix( !) au milieu de leurs victimes.”
Le problème s’aggrave quand les “pontifiants corrects” sont nos amis qui prennent le point de vue de nos ennemis. C’est là que se trouve le vrai dérapage. A bas ce que Georges-Etienne Cartier appelle “les fariboles corsettantes”.
Robert Barberis-Gervais, Longueuil-Pierre-Boucher, 28 septembre 2008

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