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Poussé par Victor-Lévy Beaulieu, je viens de terminer la lecture de la version française du roman de James Joyce, Ulysse. Dans la version anglaise publié chez Penguin Books, une introduction de Declan Kiberd définit la parodie et je n’ai pu m’empêcher de faire un lien avec le texte Speak What de Marco Micone qui est une parodie de Speak White, le poème de Michèle Lalonde,
Declan Kiberd définit ainsi la parodie :
“La parodie est l’acte d’un esprit impuissant (trapped mind) qui, réalisant qu’il ne peut créer du nouveau (create anew), prend sa rechanche (revenge) en défigurant ( defacing) un chef-d’oeuvre (masterpiece) du passé.”
Pour terrasser ses opposants, Marco Micone a répondu par un argument d’autorité. Il a écrit : “Dans la dernière édition de l’Anthologie de la poésie québécoise, Pierre Nepveu parle de Speak What comme d’un texte emblématique de la nouvelle identité québécoise. Chaque année, Speak What est lu et étudié par des milliers d’élèves québécois, en plus d’avoir fait l’objet de deux affiches, dont une par le Ministère de l’éducation du Québec. On peut aussi en lire un extrait dans la toute récente Histoire de la littérature québécoise (Boréal).”
Fort bien. Cela veut dire que l’institution littéraire friande de dialogue et de multiculturalisme a considéré Speak What “comme un texte emblématique de la nouvelle identité québécoise” à inclure dans le chapitre sur l’écriture migrante. Je répète que c’est pratiquement un argument d’autorité. Les arguments d’autorité ne nous impressionnent pas. Je n’ai aucune objection à ce que chaque année ce texte soit “lu et étudié par des milliers d’élèves québécois”. Mais les enseignants devront inclure dans leurs explications le dossier de Vigile.net sur le sujet qui apprendra à des jeunes élèves étonnés et déçus que l’auteur a traité de crétins hurluberlus xénophobes ceux ou celles qui ont remis en question l’authenticité de sa démarche “créatrice” et que cet auteur a refusé le dialogue avec des lecteurs polis et attentifs qui ne demandaient pas mieux que d’écouter “le maître” qui s’est réfugié dans une attitude hautaine de statue qu’il faut regarder de bas en haut au risque d’attraper un torticolis.
Le palimpseste (du grec ancien palímpsêstos, « gratté de nouveau ») désigne un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau. C’est bien beau le palimpseste de Marco Micone, mais j’espère que les enseignants n’oublieront pas de faire lire et d’étudier le manuscrit original qui lui est authentique, le poème Speak White de Michèle Lalonde. Comme le disait de façon magistrale Danièle Fortin, il n’y a qu’un seul Guernica.
A en juger par l’attitude méprisante du grand amateur de vins Sergio Koskis à l’égard de Pauline Marois à TLMEP, à voir le refus du dialogue de l’Italien Marco Micone qui a raté une occasion de se remettre en question et qui a considéré nos propos comme des atteintes à sa gloire, nos relations avec les communautés culturelles sont difficiles surtout quand on examine leur comportement électoral, ce que je ferai bientôt dans un Politique québécoise 101 au bénéfice des nouvelles générations et qui fera la preuve de ma xénophobie à l’instar des gens de Hérouxville que je salue.
Robert Barberis, Vieux-Longueuil, 6 mai 2008
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