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« ["L’indépendance est-elle un rêve ?"]
- Moi, je ne rêve pas. L’indépendance, j’y travaille !  »   Jacques Parizeau
             
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Reprendre l’initiative
Mettre en place une démarche citoyenne pour redéfinir l’intention québécoise à partir du terrain de nos gens.
Gilles Châtillon
Tribune libre de Vigile
jeudi 11 juin 2009      237 visites      5 messages


Madame Pauline Marois, chef du Parti québécois, rompt avec l’attentisme en rendant public son « Plan pour le Québec souverain » qui porte sur quatre volets, dont celui du rapatriement au Québec de pouvoirs exercés par le gouvernement fédéral en matière de culture et de communications. La reconquête de certains de ces pouvoirs pourrait faire l’objet d’un référendum sectoriel.

Au même moment, monsieur Jacques Parizeau attise la flamme souverainiste au colloque des IPSO. L’ancien premier ministre du Québec insinue avec raison que tout mouvement de transformation – ou de révolution – jaillit d’une crise ou d’une volonté populaire consciente que la situation doit impérieusement changer.

Pour sa part, monsieur Louis Bernard repose son argumentaire sur des fondamentaux : « L’indépendance pour l’indépendance, la souveraineté pour la souveraineté, comme être libre pour la liberté ».

L’indépendance, pour briser les liens qui entravent notre développement. La souveraineté pour affirmer notre originalité au quotidien et dans le monde. Pour cette liberté que donne la pleine maîtrise des indispensables leviers du progrès social, de la prospérité économique, comme de l’épanouissement des individus et de la responsabilisation des dirigeants de nos collectivités.

Pourquoi encore l’indépendance ? Tout simplement parce qu’il vaut mieux gérer ses propres affaires que de les laisser gérer par les autres. Ce qui s’applique autant aux individus qu’aux peuples. La pleine autonomie pour avoir vraiment les coudées franches.

À mon avis, la souveraineté est le seul projet qui donne vraiment du sens à une nation – surtout en notre époque de « full » mondialisation – parce qu’elle assure les moyens de réalisation de tous nos autres projets de société, qu’ils soient de gauche ou de droite, locaux, régionaux ou internationaux. Être souverain, c’est être à la gouverne de nos choix, de nos moyens, de nos décisions et de nos actions pour garantir l’épanouissement des personnes, l’équité sociale, le progrès économique, les chantiers culturels et le jardin écologique.

Le Québec souverain sera un pays démocratique, français, en harmonie avec les premières nations et sa minorité anglophone, égalitaire envers ses citoyens, et un partenaire économique dynamique avec ses voisins de proximité et avec d’autres pays de la planète. Et tant mieux pour tous si on peut coopérer d’égal à égal avec nos amis canadiens.

Dans le but de nous conférer ce statut de nation libre par les voies démocratiques, je propose brièvement et partiellement ici une démarche citoyenne de réflexion, de discussion et de mobilisation populaire sur l’avenir politique du Québec, soutenue par le témoignage d’experts et de personnalités.

Mettre en place une démarche citoyenne pour redéfinir l’intention québécoise à partir du terrain de nos gens.

Pour un peuple en devenir, il n’y a pas de raccourcis. Allons d’abord à l’écoute des attentes des Québécoises et des Québécois afin de déterminer leurs réelles préoccupations, leurs besoins et leurs intérêts, en ce début du XXIe siècle. Une première phase d’expression et de débats populaires, sous la forme de colloques thématiques ouverts à tous, tenus à Montréal, à Québec et en régions, sur les actuels enjeux économiques, sociaux, démographiques et écologiques. Une sorte d’état de la situation sur les problèmes de l’heure et leurs possibles solutions.

Une deuxième phase en sera une de consultations expertes sur les priorités, les compétences, les institutions, les conditions de réussite, les contraintes, les ressources nécessaires et les étapes de réalisation. Il s’agit de prendre connaissance des responsabilités partagées du point de vue national, régional, local et individuel, ainsi que des rôles des différents acteurs de la société civile.

Les résultats des consultations populaires et des études expertes seraient publiés sous la forme d’un manifeste qui proposerait aux citoyennes et citoyens du Québec, les options politiques qui actualiseraient leurs espoirs.

René Lévesque disait que « La tâche des vrais démocrates est de voir à ce que le peuple soit de plus en plus au courant, instruit, renseigné sur ses propres intérêts. La liberté, c’est d’être au courant, et le reste en découle. »

La souveraineté du Québec sera la rencontre d’un projet partagé, d’une conjoncture favorable et d’un leadership affirmé. Le momentum fera venir le chef… ou la chef.

Passons à l’action. S’il fallait attendre les conditions idéales pour agir, rien ne se serait réalisé sur cette planète. C’est dans le rêve que naissent les plus grandes réussites.

La souveraineté du Québec est un projet collectif de maturité, intelligent, motivant, ouvert et rassembleur, parce qu’il se nourrit aux valeurs humaines les plus vitales et nobles : la lucidité du cœur, le courage tranquille et la solidarité raisonnée.

Gilles Châtillon a dirigé les Commissions régionales et la Commission nationale sur l’avenir politique du Québec qui précédaient le référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec.




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Vos commentaires:
  • Reprendre l’initiative
    11 juin 2009

    Et lors du référendum sur l’indépendance dans « X » années, quel serait le libéllé de la question référendaire ?

    Nestor Turcotte


  • Reprendre l’initiative
    12 juin 2009, par Jean Paul Tellier

    Bonjour

    Il n’y a eu nul besoin d’un référendum pour faire entrer le Québec dans la fédération canadienne, pourquoi en faudrait-il un pour en sortir ?

    Pourquoi pas par une élection au lieu de référendum ? Pourquoi pas le Québec indépendant au lieu de Québec souverain (en tant que province nous avons souveraineté sur des objets de gouvernance) ? Pourquoi pas dire « un Québec unilingue français » ?


  • Reprendre l’initiative
    12 juin 2009

    @Nestor Turcotte

    Il faut retarder le référendum de plusieurs décénnies. Le Québec est trop affaibli...


  • Reprendre l’initiative
    12 juin 2009, par MichelG
    Votre texte est exact sauf pour ce qui est des référendums sectoriels qui ne sont pas prévus et seront intégrés à l’élection ou la réélection du PQ. Ces rapatriement de nos compétences ( tous nos impôts, toute la culture les médias, etc...) se feront pas des lois de l’Assemblée Nationale . Voilà ce qui est prévu .
  • Reprendre l’initiative
    14 juin 2009, par Jacques Bergeron
    Vous me voyez d’accord avec vous concernant la consultation du peuple sur son avenir et comment il le voit. Si nous voulons sortir des sentiers lumineux de Matane et d’ailleurs au pays du Québec, il nous faut consulter le peuple sur le genre de pays dans lequel il veut vivre, car, c’est vraiment là que nous aurons toutes les réponses aux tergiversations nationalistes de la « Nation » québécoise,toutes les autres questions étant, quant à moi, oiseuses.Mais qui fera et organisera cette consultation que nous avons souhaitée depuis déjà plusieurs années ? Qui serait mieux placées que les sociététes nationales pour agir dans ce dossier ? Il faudrait que les dirigeantes et les dirigeants de ces sociétés arrêtent vendre de l’assurance et agissent comme autant de véhicules populaires dans la recherche des questions que nous nous posons. Nous arrêterions alors de mettre tous nos oeufs dans le panier des « politiques » et des gouvernements dans la recherche du genre de pays dans lequel nous, citoyennes et citoyens du Québec de toutes les régions, voulons vivre. Arrêtons d’être à la remorque de nos représentantes et de nos représentants politiques

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