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« Une société conquérante s’est implantée à côté d’une autre, conquise, qu’elle a cherché, par tous les moyens, à détruire, en l’assimilant ; puis, devant son échec, elle a cherché à la subordonner à ses intérêts. Une subordination à laquelle elle a donné le visage du fédéralisme, ne pouvant ouvertement lui prêter celui de l’État unitaire, mais y rêvant toujours. »   Bernard Frappier Vigile.net
             
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Réponse à “J’ai mal au bloc” de VLB
Déclaration de Gilles Duceppe dont il faut avoir pris connaissance avant de se prononcer
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
mercredi 3 décembre 2008      181 visites      2 messages


Avant d’écrire “J’ai mal au Bloc”, Victor-Lévy Beaulieu aurait dû lire le texte signé Gilles Duceppe que je vous demande de publier. Il répond à la question : “Qu’a donc obtenu Gilles Duceppe ? Que quoi donc ?” Et la réponse de Victor-Lévy Beaulieu retentit : “Rien pantoute, à ce qu’il semble.” Ce “à ce qu’il semble” montre bien que le polémiste n’a pas lu le texte de Duceppe qui explique tout. Je ne lui ferai pas l’injure de sortir de ce texte la réponse à sa question. Voici les explications de Gilles Duceppe. Et je ne parle pas de la déclaration de Pauline Marois qui dit que la souveraineté est la solution à la crise politique d’Ottawa.

“Dans les moments de crise économique, et il va sans dire dans un contexte de Parlement minoritaire, il est nécessaire de faire preuve d’ouverture et d’accepter de faire des compromis. Or, le récent énoncé économique nous a démontré encore une fois la détermination du gouvernement Harper à maintenir le cap sur son idéologie et ses manœuvres partisanes qui ne tiennent compte ni de la population ni de la situation économique.

Depuis vendredi, les conservateurs ont reculé sur certains points, uniquement en raison de leur peur de perdre le pouvoir. Mais rien ne peut réparer le lien de confiance que Stephen Harper a brisé. Il a démontré son absence totale de sens des responsabilités en tentant d’exploiter les drames et les inquiétudes des gens dans une situation de crise économique. C’est totalement inacceptable et c’est pourquoi des actions concrètes et immédiates s’imposaient.

Aujourd’hui, les trois partis d’opposition à Ottawa en sont venus à un accord possiblement historique voulant qu’une coalition formée par le PLC et le NPD, appuyée par le Bloc Québécois, prenne les commandes de l’administration de l’État fédéral. Un accord exceptionnel visant à répondre à une situation tout aussi exceptionnelle devant le constat commun selon lequel Stephen Harper et les conservateurs menacent de mener le Canada et le Québec dans une crise sans précédent, pour ne pas dire extrêmement critique. L’absence de mesures pour contrer la crise économique est inacceptable.

L’entente intervenue entre les trois partis respecte d’ailleurs bien davantage les intérêts du Québec que l’énoncé idéologique des conservateurs. Elle reprend plusieurs des mesures sociales et économiques portées depuis longtemps par le Bloc Québécois au nom des Québécoises et des Québécois. Soulignons notamment le retour du financement des organismes de développement économique ; le maintien des programmes de promotion de la culture, l’accélération des programmes en infrastructures et l’abolition de la pénalité de deux semaines pour les primes d’assurance-emploi, une mesure qui procurera une aide immédiate à ceux et celles qui en ont le plus besoin. Le gouvernement de coalition s’engage également à mettre enfin sur pied un vrai programme de soutien aux travailleurs âgés, une demande de longue date du Bloc Québécois. Sur le plan aussi bien de l’économie que de l’environnement, nous avons convenu de la création d’un marché du carbone, avec des cibles de réduction absolues des gaz à effet de serre, avec 1990 comme année de référence.

Finalement, nous avons obtenu la création d’un mécanisme permanent de consultation, impliquant le Bloc Québécois, sur toute question d’importance pour le Québec, notamment concernant l’adoption du Budget.

Cette entente prévoit que le Bloc Québécois s’engage à ne pas renverser le gouvernement de coalition sur les questions budgétaires et le discours du Trône jusqu’en juin 2010, au moment où la plupart des experts s’entendent pour dire que la crise économique prendra fin. Elle laisse au Bloc Québécois toute la latitude nécessaire à défendre avec la même efficacité les intérêts du Québec sur tous les autres projets de loi ou motions, ce qui représente près de 90 % des votes en Chambre.

Il ne faut pas oublier que, en mettant sur pied ce gouvernement de coalition, plusieurs projets conservateurs néfastes pour le Québec ne verront pas le jour. Pensons par exemple à la diminution du poids du Québec à la Chambre des communes, à l’horrible projet de loi sur les jeunes contrevenants ou encore à la création, envers et contre tous les cris de protestation provenant du Québec, d’une agence unique des valeurs mobilières.

Sachez que le Bloc Québécois a toujours défendu sans condition les intérêts supérieurs du Québec, et que notre appui à cette coalition a été ratifié dans cet esprit, uniquement dans cet esprit. C’est pourquoi je considère qu’il n’appartient pas au Bloc Québécois de choisir qui sera à la tête de la coalition, et jusqu’à quand. Car bien au-delà des intérêts divergents et des considérations partisanes, la situation exige que nous prenions des actions énergiques et, je le répète, exceptionnelles. C’est ce que nous faisons, au nom du Québec.

Gilles Duceppe ; Chef du Bloc Québécois

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • Réponse à “J’ai mal au bloc” de VLB
    3 décembre 2008, par Gébé Tremblay
    La lecture du texte de Gilles Duceppe confirme celui de VLB. "L’entente intervenue entre les trois partis respecte d’ailleurs bien davantage les intérêts du Québec que l’énoncé idéologique des conservateurs. Elle reprend plusieurs des mesures sociales et économiques portées depuis longtemps par le Bloc Québécois au nom des Québécoises et des Québécois. Soulignons notamment le retour du financement des organismes de (...)

    Lire ce commentaire

    La lecture du texte de Gilles Duceppe confirme celui de VLB.

    "L’entente intervenue entre les trois partis respecte d’ailleurs bien davantage les intérêts du Québec que l’énoncé idéologique des conservateurs. Elle reprend plusieurs des mesures sociales et économiques portées depuis longtemps par le Bloc Québécois au nom des Québécoises et des Québécois. Soulignons notamment le retour du financement des organismes de développement économique ; le maintien des programmes de promotion de la culture, l’accélération des programmes en infrastructures et l’abolition de la pénalité de deux semaines pour les primes d’assurance-emploi, une mesure qui procurera une aide immédiate à ceux et celles qui en ont le plus besoin."(Gilles Duceppe)

    Aucune mesure d’autonomie du Québec. Au contraire, toutes des mesures de renforcement de dépendance au fédéral ! Des mesures pour tout le Canada qu’il présente comme uniquement pour le Québec. Pendant ce temps la minorité anglophone du Québec se renforce et les francophones disparraissent du centre économique qu’est Montréal. Une droite économique privée pour la minorité anglophone et un socialisme étatique pour la majorité francophone.

    On a pas voter pour le Bloc pour ça ! On veut moins de dépendance au fédéral et plus de contrôle chez-nous au Québec !

    "Sachez que le Bloc Québécois a toujours défendu sans condition les intérêts supérieurs du Québec, et que notre appui à cette coalition a été ratifié dans cet esprit, uniquement dans cet esprit."(Gilles Duceppe)

    Quels sont ces intérêts ?

    Chapitre 1 du programme du Bloc Québécois :

    La nation québécoise, comme toutes les nations, a des droits dont celui d’orienter elle-même son propre développement social, économique et culturel.

    On le sait, la nation québécoise pourra difficilement maîtriser le développement du Québec tant que ce dernier sera une province canadienne et que le Canada tiendra dans ses mains plusieurs de nos leviers essentiels de développement. Or, il est possible et nécessaire de permettre au Québec de progresser.

    Premièrement, le Québec doit pouvoir exercer pleinement les compétences qui sont censées être les siennes en vertu de la constitution canadienne.

    Il doit pouvoir assumer ses propres responsabilités à même ses propres moyens, ce qui implique un important transfert de capacité fiscale. Le déséquilibre fiscal doit être réglé une fois pour toutes.

    De plus, il faut que cessent les ingérences fédérales dans les champs de compétence du Québec, ce qui signifie la fin du pouvoir de dépenser. Dans les domaines de compétence partagée, il faut que cessent les interventions fédérales qui vont dans le sens contraire de celles du Québec et qui minent sa capacité d’action. Finalement, il faut lever le carcan diplomatique qui empêche le Québec d’exercer pleinement ses compétences dès lors qu’elles s’exercent à l’étranger.(...)

    Tant qu’à accepter les pouvoirs d’Ottawa, le Bloc devrait aussi bien joindre cette coalition et faire des députés bloquistes des ministres en contrôle des compétences fondamentales pour le Québec !


  • Réponse à “J’ai mal au bloc” de VLB
    3 décembre 2008

    Les efforts du Bloc prouvent tout de même que le Canada peut bien fonctionner quand chacun y met du sien. Le Bloc le prouve et étaie sa preuve par les mots de son chef qui affirme défendre les intérêts supérieurs du Québec en appuyant la coalition qui pourrait faire de Stéphane Dion le prochain premier ministre. Tous les pays ont de temps en temps une petite crisette comme en vit une présentement le Canada. Indépendantiste, je crois désormais que la façon de faire l’indépendance passe par une participation positive et engagée dans le fédéralisme canadien. Le Bloc y travaille fort et me donne espoir que le Canada peut fonctionner comme un pays normal qui compte lui aussi des minorités revendicatrices et parfois encombrantes, parfois bruyantes. Même si on maugré à l’Ouest de l’Outaouais, le Bloc conserve entier sa capacité de défendre les intérêts supérieurs du Québec au sein de ce pays aux multiples facettes. Comme se plaît à nous le dire Gilles Duceppe. La politique du pire étant la pire des politiques, avons-nous d’autre choix que de demeurer au sein du Canada et d’y défendre les intérêts supérieurs du Québec ? D’ailleurs, à quoi bon un gouvernement du Québec indépendant pour défendre nos intérêts supérieurs ? Le Bloc le fait déjà. Faisons l’économie de dédoublements inutiles et soutenons le Bloc.

    Gilles Verrier


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