Bonjour,
D’ordinaire, je ne m’occupe que de pédagogie, mais aujourd’hui, vous méritez que l’on vous dise vos 4 vérités ; croyez-moi, je vous aime et c’est pour notre bien à tous.
Je vois que vous savez conjuguer à l’imparfait et lier le PQ actuel à une histoire d’intégrité. Toutefois, on pourrait aussi remonter au Parti Libéral de 1962 pour montrer que le Parti de Charest est la continuité de celui de Lesage ou encore du Bourassa de la Baie-James.
Votre texte fait encore pitié mes amis et me laisse sur ma faim. Vous parlez au passé dans 3 des 4 premiers paragraphes et d’un bond, vous justifiez d’être les dignes héritiers du PQ de 76 ?
Curieusement, vous ne parlez pas de la fatigue culturelle qui vous a empêchés d’assujettir les Cégeps à la loi 101, alors que des militants l’exigeaient, ni de rétablir l’affichage français lors de vos mandats passés. C’est maintenant dans le programme (et à quel prix), mais vous faites de curieux sauts :
« Le PQ constituerait donc une coalition rigoureuse par excellence ? ».
Voulez-vous m’expliquer où dans le texte et de quelle manière dans l’actualité je pourrais voir la preuve que vous êtes les dignes héritiers que vous prétendez être (à la fois pour la coalition et surtout pour l’excellence) ?
Expliquez-vous la hiérarchisation des filières en matière d’énergie ? (non les journalistes le font à votre place)
Occupez-vous le terrain de la défense de la langue ? (une chance que Curzi a fait un bout avant de partir)
Faites-vous de l’éducation populaire sur la souveraineté ? (sauf lorsque des députés démissionnent)
Dénoncez-vous le caractère colonial de l’exploitation de nos ressources ? (on ne vous entend plus)
Avez-vous intégré des propositions claires pour que l’État serve la promotion de l’indépendance ? (la proposition Crémazie a été évincée)
Êtes-vous proactifs dans les communications avec vos militants ou attendez-vous les crises ? (...)
Chaque fois que vous prenez la parole en public, avez-vous des communications limpides, structurées avec des exemples simples et imagés ou vous contentez-vous de formules creuses ? (non...)
Qu’avez-vous à dire sur l’immigration, est-ce que le sujet vous fait peur ? N’êtes-vous pas capables de prendre les devants et montrer que pour une minorité comme la nôtre, l’immigration telle que la gèrent les libéraux ne peut que nous conduire au désastre ? (les citoyens le font à votre place, comme par exemple les enseignants en francisation qui écrivent de très bonnes lettres...)
Allez-vous expliquer comment vous comptez redresser le système d’éducation ?
(hum)
Affaire Michaud (il y a encore des députés qui ne lui ont pas fait leurs excuses...)
Fiasco du Colisée (l’horreur)
Une chance que vous êtes dans l’opposition... Certaines de ces choses sont dans le programme, mais en parlez-vous ? Agissez-vous avec dynamisme ? Rappelez-vous que le propre du PQ de 1976, c’était d’être composé de communicateurs de premier plan et de gens audacieux...
Un autre député, Sylvain Gaudreault y va de sa propre réplique et dès son premier paragraphe, il est évident qu’il n’a même pas lu le manifeste contre lequel il s’insurge, il écrit en effet :
Les signataires du manifeste du Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ ) accusent le Parti Québécois d’être « usé et confus » (sic).
Alors que le NMQ écrit autre chose :
Quant au Parti Québécois (PQ), il apparaît aujourd’hui usé, confus dans ses interventions et banalisé par le public et les médias à la moindre action qu’il pose.
Me semble que savoir lire devrait être un prérequis quand on est député ? Mon cher Sylvain, si tu es si visionnaire que c’est toi l’architecte de la hiérarchisation des filières énergétiques, comment se fait-il que c’est la première fois que je t’entends en parler ? La première fois que j’ai vraiment vu ton nom, c’est lors de ta lettre critique de Parizeau. Je vois que t’avais écrit au Devoir en 2007, ça t’a pas tenté de continuer ? D’expliquer ce que tu faisais ? Ça me met un peu en colère de voir que t’as effectivement du potentiel et que t’es de l’avant-garde en matière d’énergie, pourquoi est-ce que t’as pas manifesté, que t’as pas épaulé un sit-in ou encore que tu t’es pas enchainé à une tour de forage lors de la saga des gaz de schistes ? J’exagère ? Je pense que ce n’est pas avec des conférences de presse de 24 minutes à l’Assemblée nationale que tu vas faire connaitre le dynamisme de ton parti. De même, j’espère que tu te rends compte que ce sont les médias qui jouent avec les mots « usés » et « confus » comme s’il ne s’agissait que de cela dans le manifeste, tu viens pourtant de la consolider, cette perception, par ta réaction inappropriée. Tu aurais pu tendre la main d’une manière bien plus chaleureuse en montrant que tu avais compris le message...
J’ai encore d’autres questions :
Comment se fait-il que ce soit Khadir qui ait eu une prise de bec avec Bouchard en commission parlementaire ? Pourquoi est-ce un président de commission PÉQUISTE qui a léché les bottes de ce véritable démissionnaire et mercenaire de l’industrie et qui a coupé le micro au seul député pourvu d’une colonne ce jour-là ?
Sais-tu de quoi je parle ? T’a pas eu honte de Pinard ? Tu veux que je revois ma vision du PQ en me fiant à toi, mais tu ne penses pas qu’avec le comportement indigne de Pinard, vous vous êtes vraiment montrés infâmes ? C’est pas TOI qui aurais dû remettre Bouchard à sa place ?
Qu’est-ce qui vous en empêche si ce n’est l’usure et la confusion ? La corruption peut-être ? Ou juste la peur ?
***
Et vous, chers ténors, vous êtes muets, placides, inactifs, sur la défensive, vous êtes des proies faciles et vous semblez empotés. Allez lire L’Art de la guerre et Machiavel et donnez-moi des raisons d’être fier. Les seuls moments où on entend parler de vous, c’est quand vous allez mal. RÉVEILLEZ !
Vous avez les deux pieds dans la même bottine et vous avez l’air d’improviser. Je vous aime, j’aime le parti, mais j’aime aussi la vérité : le PQ est en ce moment pathétique et ce n’est pas un adversaire qui vous le dit, mais un militant. Le Parti doit accepter que l’indépendance soit sans doute impossible à faire pour un parti politique, seul. L’indépendance est une tâche titanesque qui doit en partie être accomplie par des mouvements populaires. En tout cas, l’indépendance ne saurait être réalisée par la même méthode que lors de nos deux derniers échecs, alors non seulement le PQ actuel provoque des crises, mais il ne sait pas le gérer. Il est, dans l’état actuel, incapable de gagner une élection alors encore moins apte à diriger la bataille pour nous conduire à l’indépendance.
Donc si vous voulez « tenir le fort », l’expression est du RRQ et j’espère que vous savez de quel texte je parle, ALORS IL FAUT VOUS REMETTRE EN QUESTION. Vous ne l’avez pas fait en 2007 malgré une défaite cuisante et vous avez simplement été chanceux en 2008. IL FAUT MÊME ENVISAGER LA DISSOLUTION SI CELA PEUT PERMETTRE LA VICTOIRE SUR JEAN CHAREST, mais vous ne pourrez gagner ce combat en restant le même petit pitoyable PQ. Si vous désirez vraiment le bien du Québec, vous ferez passer les intérêts de la nation AVANT celui du PQ et vous allez TOUT envisager pour que Charest soit battu.
Sinon vous n’êtes pas sincères. Appelez des états généraux, confédérez toutes les forces nationalistes, envisagez une fusion avec QS, à condition qu’il prenne vos éléments culturels ou sur la langue et promettez un siège au parti vert : vous avez besoin de tous les votes, vous devez donc faire des sacrifices et ce sacrifice, c’est probablement l’identité du PQ lui-même. Mais l’organisation, elle, doit être au service de la cause nationale, de la nation, de la survie de notre culture.
SI VOUS N’ÊTES PAS CAPABLES D’ENVISAGER CE CHANGEMENT ALORS VOUS N’ÊTES PAS DIGNES DE L’HÉRITAGE DONT VOUS VOUS RÉCLAMEZ ET DE L’INTÉRÊT NATIONAL QUE VOUS PRÉTENDEZ INCARNER.
Vous voulez deux exemples de plus ? Juste pour être certain que l’on se comprenne bien ?
Sylvain écrit encore :
Les médias ont beaucoup mis l’accent sur les quelque soixante-dix premiers signataires du manifeste du NMQ, mais oublient-ils que le Parti Québécois continue, encore et toujours, d’interpeller le peuple québécois avec son projet d’avenir.
Sylvain, il aura fallu te mettre le couteau sur la gorge pour te voir réagir, comment expliques-tu ça, tu devais pas agir bien, bien...
Et le clou :
Il y a à peine six mois, 247 379 citoyens ont signé une pétition réclamant la démission de Jean Charest. Il me semble que toute division chez les souverainistes nous éloigne de l’objectif de défaire le gouvernement actuel.
Tu manques pas de culot mon Sylvain, c’est encore Khadir qui a déposé la pétition, alors que vous étiez 51 députés et ce n’est pas un militant péquiste, mais un simple citoyen écoeuré qui a agi.
Et même la campagne « Affichez votre écoeurement », qui vous a aidés dans Kamouraska est le fruit d’un indépendantiste qui vit en Suède.
Je vous dis, vous ne manquez pas d’audace quand c’est le temps de faire dur, vous pourriez pas en avoir pour le reste ?
Est-ce qu’on peut vous demander de vous tenir debout et de faire vos preuves ? Vous êtes au bord de l’effondrement et vous nous écoutez à peine, qu’est-ce que ce serait si ça allait bien pour vous et que vous étiez confortablement installés pour prendre le pouvoir ?
Pourriez-vous accepter de vous remettre en question sincèrement, sans mascarade ? Et en même temps, les étudiants seront en grève à l’automne et pendant que QS doit mettre au point une stratégie pour les épauler et se faire connaitre, le PQ doit sauver sa peau.
Voyez comme vous manquez d’initiative. On ne l’invente pas. Je vous aime encore, mais je pourrais vous aimer bien plus...


