Salutations à Bernard Thompson
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Pendant quinze jours, nous avons logé dans des Gîtes du passant à St-Sévère (non loin du vignoble Gélinas), à Hérouxville, et, en passant par Québec, trois jours aux Eboulements ; puis après avoir traversé à Tadoussac, nous avons pris le bateau à Baie-Comeau vers Matane où nous avons couché Chez Nicole à St-Ulric (vignoble Carpentieri, tout près) puis au Presbytère de St-Eloi près de Trois-Pistoles et enfin à St-Alexandre de Kamouraska où, à la foire agricole de St-Pascal, nous avons vu de près des top modèles de vaches primées. En somme, de belles vacances.
Hérouxville, c’est une idée de ma femme. Le propriétaire du gîte Trudel nous a indiqué le chemin pour nous rendre chez André Drouin dont la maison imposante qu’il a construite lui-même est située près d’un lac. Il était en train de prendre une bière avec son frère lui aussi ingénieur pour Hydro-Québec et qui a travaillé en Afghanistan : après nous avoir brièvement salué, il nous quitta : il est en train de se construire une maison non loin de là.
Nous avons été reçus à bras ouverts : contrairement à Lise Bissonnette alors directrice du Devoir qui refusa de me parler parce que je n’avais pas pris rendez-vous à propos d’un article de Pierre O’Neil qui comparait quelques dons de 3,000 $ au Parti québécois au détournement scandaleux de matériaux pendant la construction du stade Olympique. André Drouin et sa femme sont des lecteurs assidus du site Vigile.net. Comme un grand seigneur, il nous a accueillis en nous offrant une bière : on voyait que ce n’était pas un homme à ne recevoir que sur rendez-vous. C’était jeudi le 16 juillet en nous avons jasé de 17h45 à 20h45, notre hôte se privant de souper pour parler du sujet qui le passionne : l’immigration et les dangers du multiculturalisme.
Quand ma femme lui a dit qu’il devait avoir eu beaucoup de plaisir à rédiger le code de vie d’Hérouxville, son visage s’illumina et il éclata de rire comme quand on se réjouit d’avoir été compris. Nous étions sur la même longueur d’ondes. Il nous raconta les dessous de son passage à Tout le monde en parle et à la Commission Bouchard-Taylor.
A la salle de maquillage à Radio-Canada, Guy A. est venu le saluer. Pince sans rire, Drouin lui demanda qui il était. Il se fit répondre : Guy A . Guy A. qui ? demanda Drouin se montrant l’émule de RBO. Rires de notre part.
André Drouin nous révéla ensuite que la charia est appliquée en Angleterre et que Charles Taylor est d’accord. Je lui passai une plume pour qu’il note mon adresse courriel : il avait de la documentation à m’envoyer sur la charia en Angleterre. (Involontairement, je lui ai laissé ma plume : je la lui donne pour tous les services qu’il a rendus et qu’il rendra au Québec.)
A propos du multiculturalisme en Angleterre, au Canada ou ailleurs, André Drouin applique un principe qu’il appelle “le bench marking”. C’est simple : ce qui s’est passé ailleurs pourrait se passer ici au Québec et il faut agir avant qu’il ne soit trop tard. Ce qui veut dire que le Québec doit adopter une charte de la laïcité. Pour André Drouin, il n’est pas question de permettre le port de signes ostentatoires religieux dans l’exercice de fonctions comme enseignante, infirmière etc. Il est d’accord avec Louise Beaudoin, Denise Bombardier, qui, dit-il, ont beaucoup voyagé et le Conseil du statut de la femme. Il blâme la Fédération des femmes du Québec, Françoise David qui, selon mon mécanicien d’automobile français, fait du maquereautage (mot qui vient de maquereau...). Il blâme Jean Dorion et nous a demandé si notre député du Bloc nous a consultés avant de prendre publiquement position en faveur du voile dans la fonction publique lors d’une intervention devant les Intellectuels pour la souveraineté.
Nous avons échangé sur les relations d’André Drouin avec les médias, sur l’intérêt grandiose suscité dans le monde entier par l’affaire d’Hérouxville, sur le mouvement anti-hérouxville créé par des gens qui n’avaient pas lu le Code de vie, sur l’obstacle de la Charte de Trudeau et sur le seul moyen de lever cet obstacle, soit l’indépendance du Québec, sur la visite des musulmanes à Hérouxville pendant qu’André Drouin donnait une entrevue au journaliste de la BBC de Londres.
Nous en avons conclu que l’intégrisme musulman est un mouvement politique mondial auquel nous devons nous opposer de toutes nos forces au Québec en se rappelant que nos voisins ontariens avec leur maudite idéologie trudeauiste et tayloriste du multiculturalisme sont venus à un poil de se voir imposer un système de justice parallèle, la charia, où il n’y a pas d’égalité homme-femme.
Nous avons aussi longuement parlé des dangers de voir notre société déstabilisée par une application individualiste (évidemment) du principe de la liberté religieuse inscrite dans la Charte à Trudeau qui implique des coûts sociaux et des coûts en argent spécialement dans le domaine de la santé.
Après trois heures de conversation, nous sommes allés manger chez Ti-poil à St-Tite. Le lendemain M. Trudel nous a vendu le livre de Bernard Thompson : “Le syndrome Hérouxville ou les accommodements raisonnables” qui est un livre remarquable où j’ai retrouvé des passages de notre conversation. Le témoignage de Grand-mère Johanne Chayer contre le voile dans la fonction publique est très convaincant. J’y reviendrai.
Vous le savez peut-être, je n’ai pas l’admiration facile. Et bien, André Drouin est ce genre d’homme de conviction et de lucidité et aussi de fraternité et de désintéressement qu’on peut se vanter d’avoir rencontré. Quant à ceux ou celles qui ont ri de lui et de ses idées, je les plains. Ce sont des gens qui n’ont pas assez de personnalité pour penser par eux-mêmes ou qui ont un intérêt politique à tenter de discréditer un authentique patriote qui se bat pour que le Québec qu’il habite devienne un pays doté d’une Charte de la laïcité qui, entre autres, libèrera la femme musulmane de l’intégrisme religieux qui l’infériorise. Et qui a un sens de l’humour assez particulier qui échappe aux idéologues de bas étage qui polluent nos médias. Et un sens politique sûr comme nous le verrons bientôt.
Robert Barberis-Gervais et Marcelle Viger
Longueuil, vendredi 21 août 2009

