Ardent nationaliste, j’applaudis chaudement à la commémoration de la bataille des Plaines. Voilà une occasion en or de faire de l’éducation populaire. De montrer à tout le monde, et surtout à nos jeunes, ce qui s’est vraiment passé pendant cet été historique. Et une occasion de régler enfin nos problèmes avec notre passé schyzophrénique. Avec les Anglais qui nous ont conquis sauvagement, et avec les Français qui nous ont bel et bien abandonnés pour le sucre des Antilles.
Il y a des moments dans l’histoire d’un peuple où l’on doit faire le point, regarder la réalité telle qu’elle est ; 250 ans après les Plaines, c’est le moment idéal. En bout de ligne on va réaliser qu’en dépit de la Conquête et de l’abandon, on aura survécu. Qu’est-ce qui reste après tout de New Amsterdam et de la Nouvelle-Hollande ? De Fort Christina et de la Nouvelle-Suède ? Des Béothuks de Terre-Neuve ou des Arawaks de St-Domingue ? RIEN. NOTHING. ZÉRO PIS UNE BARRE.
Nous, on a survécu. Survécus aux scalps des Iroquois et au choléra des Irlandais, au mépris de l’occupant britannique et au melting pot américain qui a balayé tout le reste du continent. Nous, on a non seulement survécu mais on a réussi à créer l’un des meilleurs endroits au monde pour vivre. Et ce en dépit d’un des climats les plus hostiles au monde. C’est pas rien.
Ce qui ne passe pas évidemment c’est l’aspect festif. Le party de Blokes qui viennent célébrer leur victoire sur les Frogs. C’est cet aspect festif qui doit sauter. Pas la reconstitution de la bataille sur les Plaines qui va être l’événement de l’année à Québec, voire au Québec
