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Les coupures de la Art-Peur
Le débat sur le débat engagé par les artistes
La population appuie ses artistes
Luc Archambault
Tribune libre de Vigile
lundi 29 septembre 2008      402 visites      1 message


Texte : PRISE 3 - « Le débat sur le débat » actualisé

La population appuie ses artistes

Seule une minorité activiste de droite fédéraliste conservatrice tente de faire croire que ce n’est pas le cas.

À preuve : La Presse – 2008 09 27 – Louisette Dussault - « Le monde nous aime »

De mémoire de citoyen, c’est la première fois qu’un débat sur les arts et la culture est partie d’une campagne électorale de manière si intense et prolongée. Nous en sommes ± au jour 20 de la campagne électorale et après des débuts modestes, après une omniprésence éclipsant presque tout, voilà qu’il perdure encore malgré le surgissement de la donne économique à la faveur d’une crise financière chez nos voisins du Sud, du jamais vu.

Il ne faudrait pas s’étonner qu’on s’emmêle les pinceaux de part et d’autres. Ni s’étonner que le sujet ne soit pas épuisé à même la diffusion d’un clip humoristique qui devrait selon certain faire le tour de la question en trois minutes ( Culture en péril – youtube.com ). Comme si cela était possible. À lire certains commentaires, on croirait que trois minutes auraient dû suffire pour qu’on puisse passer à autre chose. Pour l’un, il suffirait qu’on se contente de créer et de cesser de « chialer ». Pour un autre, les chiffres avancés justifient l’invalidité de la démarche en charriant pêle-mêle une autre série de chiffre. ( Le Devoir, Paul Daniel Muller, Économiste et consultant « Coupes en culture - Une vérité économique travestie ». ) Comme si une guerre de chiffres pouvait se tenir sur la base d’un même trois minutes.

La parole citoyenne s’est ensuite développée dans la série de clip diffusé au titre UnissonsNosVoix.ca . Ce n’est que le début d’un débat à faire.

Le débat sur le débat

En fait nous assistons maintenant à un débat sur le débat. Alors même que le débat engagé n’a qu’à peine survolé tout ce qu’engagerait un véritable débat de fond portant sur les enjeux des arts et de la culture, on débat de la manière dont les artistes s’y sont pris pour le mener... pas assez ceci, trop cela...

Il est assez ironique de constater que les arguments invoqués pour critiquer, invalider ou discréditer, la lutte des artistes contre les coupures unilatérales et politiques du gouvernement conservateur de M. Harper, ne peuvent l’être qu’en vertu de l’ampleur de la réplique des artistes. Jamais une telle audience n’aurait pu être accordé à ce débat sur le débat si telle ampleur n’avait pu voir le jour. En effet, la question des retombées économiques de l’activité artistique et culturelle n’obtient que des entrefilets en page 22 des médias alors qu’on lui accorde aujourd’hui en pleine campagne électorale, des demi-pages entières en bonne place dans les pages opinions. M. Normand Latourelle, directeur artistique de Cavalia, dans son texte intitulé « Créer plutôt que chialer ! » ( en haut de page Cyberpresse-Opinions ) n’aurait jamais été publié dans La Presse canadianisatrice et partisane, s’il ne s’en était pas d’abord pris aux artistes dont l’ampleur de la réplique a déjà été tancée par l’éditorialiste André Pratte « Le bon sens en péril » 2008 09 25. La Presse n’a pas jugé bon par exemple publier le texte de Wajdi Mouawad du Devoir « Faire entendre notre voix », favorable à la réplique des artistes. Pourtant le texte de M. Latourelle lui, qui enfonce les artistes, a été publié dans La Presse. ( Aussi par Le Devoir . ).

Le Soleil et Cyberpresse en profitent dans la foulée pour titrer le 2008 09 28 « Compressions dans la culture : Martin Fontaine ne blâme pas les conservateurs » M. Fontaine déclare « Je ne dis pas qu’ils devraient couper complètement. Ce que je déplore, surtout, c’est la perception des gens qui se disent que pour être artiste, il faut attendre des subventions  ». Comme si les coupures pouvaient y changer quelque chose si c’était vraiment le cas ! Comme si les artistes attendaient les subventions pour être et se dire artistes ! « Je suis entrepreneur, a-t-il expliqué. Je ne suis pas le genre de gars à passer des auditions pour Star Académie et à attendre ensuite. Il faut se prendre en main. Faire son propre show, c’est aussi une façon d’être libre. » M. Fontaine, a pendant dix ans participé au succès de Elvis Story du Capitole de Québec, ( largement subventionné pour sa rénovation ). Il y a mis le temps, mais maintenant il a son propre spectacle « Showman », il n’a pas attendu les subventions, mais il a attendu que le succès lui permette de se lancer en grand après avoir en 1995 passé avec succès les auditions devant les créateur d’Elvis Story qui l’ont avec raison engagé ( Biographie de Martin Fontaine – Comédie2000.com ).

M. Fontaine pense « qu’on ne devrait pas subventionner à tort et à travers et de façon systématique ». ( Comme si c’était le cas ! ). Condamne-t-il pour autant les artistes ? On ne le saura pas... mais on saura qu’il ne «  blâme pas les Conservateurs » ? A-t-il déclaré ne pas les blâmer ? Non ! Il ne les a juste pas... blâmés.

Pierre-Paul Gagné pour sa part affirme dans La Presse 2008 09 28 ( « Le plateau d’argent » ) :

« Tout a été dit sur les subventions au milieu culturel, un débat qui a fini par prendre des dimensions démesurées compte tenu de son importance réelle. On verra bien si l’opinion publique, qui semble pour l’instant plutôt partagée, en tiendra rigueur à Stephen Harper. »

Tout aurait été dit mais il semble que lorsqu’il s’agit de contredire les artistes... tout n’est pas dit, et l’importance réelle de la question n’est pas un empêchement à contribuer à la démesure supposée de sa médiatisation.

M. Latourelle ( Cavalia ) de son côté et de manière plus substantielle, tente de faire valoir avec raison que le débat engagé par ces coupures est autrement plus complexe que ce qui s’en est dit dans les médias jusqu’à maintenant. Et, bien sûr j’abonde. On ne peut en une seule campagne électorale penser aller au fond des choses. Une chose cependant, si on peut le faire ce n’est que parce que les artistes ont su monopoliser l’attention des médias en dénonçant les coupures, en mobilisant son milieu, en obtenant l’appui d’un certain milieu des affaires, l’appui de tous les partis d’opposition, l’appui des ministres de la culture des provinces du Québec et du Canada, l’appui de la population, les sondages montrant une remonté du Bloc québécois en faisant foi.

M. Latourelle fait beaucoup plus que « créer », lui aussi « chiale » !

Et pas qu’un peu !

Avec raison. Il « chiale » tous azimuts, à bon droits, contre l’ensemble du système de subvention. Il a raison. Son constat n’est pas pour autant nouveau. Tout le milieu artistique le dit. Je l’ai dit. Le système en entier est à revoir. La technocratie culturelle a développé un système inopérant, inefficace, improductif hyper. Il en coûte plus cher d’administrer les programmes que les sommes ridicules dispersées à tous vents, cela pour à peu près toutes les organisations sérieuses. En somme, on applique à un secteur sous-développé les critères de développement de secteurs hyper-développés.

Le système n’est pas adapté. Il n’y a rien de nouveau dans ce constat. Ce qui est nouveau c’est que ce constat soit partie aujourd’hui de l’espace public politique. Cela à la faveur de l’ampleur de la réplique des artistes qui tout « gâtés » qu’ils seraient, protestent d’une seule voix contre les coupures. Or, ce ne serait pas d’une seule voix... voilà qu’on dit : Vive les coupures ! Il faut couper encore davantage parce que le système est pourri...

« Comprenez-moi bien ( nous dit M. Latourelle ) je ne m’oppose pas du tout à ce que l’on réclame plus d’argent pour les artistes et artisans de la culture, bien au contraire ; mais je crois que la majorité des programmes visés par les coupures sont désuets, difficiles d’accès, compliqués à administrer et mal adaptés à la réalité de la culture d’aujourd’hui, surtout pour les artistes, les artisans et les créateurs qui sont nouveaux, inventifs, actuels et modernes. »

S’il est question donc de revoir tout ce système, ce à quoi je suis le premier à adhérer, pourquoi cela devrait-il se faire de la manière dont cela a été fait par les conservateurs ? Pourquoi faudrait-il applaudir les coupures ? Pourquoi les artistes, les gouvernements, maints commentateurs ont eu tort de protester ? M. Latourelle ne dit-il pas aussi :

« Mais, attention, une révision en profondeur s’impose ! »

Est-on en présence d’une « révision en profondeur » ? Absolument pas ! Heureusement, la détermination des artistes a pu vaincre les apprentis sorciers de la droite conservatrice. Les artistes ont protesté, protestent encore, contre une improvisation unilatérale instrumentalisée en embuscade politique pour invalider la parole des artistes, sur la foi de préjugés du plus bas dénominateur commun, anti-artistes, anti-intellectuels, anti-élites culturelles, anti-souverainistes. Tout le contraire de ce qu’appelle de ses vœux M. Latourelle qui affirme que les conservateurs seraient sur la bonne voie. Il faut couper encore davantage. Soit ! Mais en quoi la démarche conservatrice nous permet-elle de comprendre qu’il s’agit bien d’une « révision en profondeur » s’ils sont incapables de nous dire pourquoi ils coupent tel programme et par quoi les programmes ( une formule mésadaptée) seront remplacés, s’il faut, comme il l’indique par ailleurs, que l’apport de l’État soit plus conséquent ? Quelle est l’étude en profondeur qui a permis de parvenir à ne couper que quelques programmes par-ci par-là, ( surtout comme par hasard, utilisés au Québec ) pour des motifs politiques, comme nous l’apprend le 2008 09 25 le « National Post par le ministre des Finances sortant, Jim Flaherty » ( Le Devoir - Marie-Andrée CHOUINARD « Compressions – Culture de parti » . S’il est question d’un plan de « révision en profondeur » et partant tout sauf unilatéral, pourquoi « Le PC refuse l’invitation de Culture Montréal » afin de discuter du bien-fondé de sa nécessaire révision ?

Comme M. Latourelle, les artistes ne font pas que « chialer ». Ce que M. Latourelle dit dans son texte, des artistes, des universitaires, des chercheurs, des praticiens, le disent depuis des années. Sans résultats. Une chose est sûre cependant, ce n’est que lorsque les arts et la culture seront devenus de vrais enjeux électoraux, parties de l’espace public, que les appels lancés en vain depuis des années pourront être entendus. Les artistes ont réussi l’exploit cette année de faire en sorte que pour une première fois, le sujet a su attirer l’attention de l’opinion publique de manière exceptionnelle, et ce n’était pas que du « chialage » d’enfants «  gâtés », contrairement à ce que M. Latourelle déclare.

Cependant, il est certain que le sujet n’a pas été épuisé, loin de là. Et si un jour une « révision en profondeur » du système est faite, ce ne sera que parce que les artistes auront parlé d’une seule voix, comme ils l’ont fait en dénonçant les coupures cosmétiques qui n’engagent rien d’autre que de pires cafouillages et confusions que ne provoque déjà en pure perte le système actuel. Une véritable « révision en profondeur » ne pourra se faire unilatéralement et par un seul joueur. Pour ce faire, il faudra que le fédéral s’assoie avec les Provinces, après qu’elles-mêmes se soient assises avec les municipalités et tous les intervenants publics, parapublics et privés qui « subventionnent », « commanditent », financent l’activité culturelle et artistique du Québec et du Canada, non sans avoir convié les artistes et les promoteurs.

Les artistes n’ont pas dit autre chose. M. Latourelle devrait plutôt que de s’en distancier, solidariser avec le mouvement qui a permis qu’il soit publié, il ne l’aurait pas été sinon. Cela dit, cette publication est bienvenue outre le dénigrement des artistes qu’elle prétend par ailleurs défendre. C’est à la fois, tant pis et tant mieux. On aura pris la mesure de la démesure de la tâche à accomplir pour régler la question des coupures de la Art-Peur et des problèmes auxquels ils font mine de s’attaquer. Ce qui n’est pas rien non plus.

Luc Archambault

Peintre, sculpteur, performeur et céramiste

www.luc-archambault.qc.ca

PS

Culture en péril – youtube.com

Le Soleil - Commentaire - Peter Stuart, Québec, « Des excuses, M. Rivard »

Culture en péril : rien de raciste, seulement la caricature des censeurs de la droite conservatrice canadienne de la Art-Peur.

Ça y est... C’est reparti...

« Artistes souverainistes = xénophobie ethnique haineuse et méprisante »

Maintenant qu’a fait long feu la manœuvre des canadianisateurs Conservateurs contre les artistes supposés à tort « gâtés », comme semble le démontrer les récents sondages au Québec, va-t-on fafiner et ajouter l’injure à l’insulte en accréditant la fausse équation « artistes souverainistes = xénophobie ethnique haineuse et méprisante » ?

Avant que telle falsificatrice instrumentalisation prenne de l’ampleur, tel que la lettre d’opinion publiée dans la version papier du Soleil semble l’initier, ( Commentaire - Peter Stuart, Québec, « Des excuses, M. Rivard  ». Je ne l’ai encore pas trouvé dans Cyberpresse ), mieux vaudrait prendre la caricature du clip que commente M. Peter Stuart pour ce qu’elle est, et non pas pour ce que l’on veut qu’elle soit pour accuser à tort les artistes souverainistes de commentaires « haineux et méprisants », à savoir, et je cite :

« Le ton du clip de ce groupe d’artistes, diffusé sur You-Tube, est très méprisant envers les anglophones et le Canada en général. »

Or, il n’est absolument pas question de ça. Il est plutôt question dans ce clip de caricaturer d’éventuels nouveaux censeurs des programmes de remplacement annoncés par les « Conservateurs », photo de Art-Peur et Verner en fond de scène, à l’appui. Il ne s’agit pas de caricaturer les «  anglophones et le Canada en général », mais bien de caricaturer leurs propres « Elvis Gratton » de la droite conservatrice canadienne qui tente de s’imposer à Ottawa.

Une telle caricature pourrait être faite sans changer une ligne de la présentation loufoque qui est faite des prosélytes de la droite conservatrice de la Art-peur, telle qu’elle pourrait être, toutes choses égales par ailleurs, caricaturée par des anglos eux-mêmes. Comme si le Canada anglais n’avaient pas lui aussi ses propres Elvis Gratton. Comme si ces coupures avaient été faites avec l’assentiment du NPD, des libéraux et des verts du Canada, en somme du Canada tout entier ! ?

Luc A.




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Vos commentaires:
  • Le débat sur le débat engagé par les artistes
    3 octobre 2008, par Luc Archambault
    Une erreur fait que cet article se retrouve deux fois... Si possible supprimer le doublon apparaissant sous le premier texte. Merci de conserver sous ce doublon, la deuxième partie à savoir : *** Le clip des artistes et la caricature des censeurs de la droite conservatrice canadienne. Ça y est... C’est reparti... « artistes souverainistes = xénophobie ethnique haineuse et méprisante » Maintenant qu’a fait long feu la (...)

    Lire ce commentaire

    Une erreur fait que cet article se retrouve deux fois...

    Si possible supprimer le doublon apparaissant sous le premier texte.

    Merci de conserver sous ce doublon, la deuxième partie à savoir :


    ***

    Le clip des artistes et la caricature des censeurs de la droite conservatrice canadienne.

    Ça y est... C’est reparti... «  artistes souverainistes = xénophobie ethnique haineuse et méprisante »

    Maintenant qu’a fait long feu la manœuvre des canadianisateurs Conservateurs contre les artistes supposés à tort «  gâtés », comme semble le démontrer les récents sondages au Québec, va-t-on fafiner et ajouter l’injure à l’insulte en accréditant la fausse équation « artistes souverainistes = xénophobie ethnique haineuse et méprisante » ?

    Avant que telle falsificatrice instrumentalisation prenne de l’ampleur, tel que la lettre d’opinion publiée dans la version papier du Soleil semble l’initier, ( Commentaire - Peter Stuart, Québec, «  Des excuses, M. Rivard  ». Je ne l’ai encore pas trouvé dans Cyberpresse ), mieux vaudrait prendre la caricature du clip que commente M. Peter Stuart pour ce qu’elle est, et non pas pour ce que l’on veut qu’elle soit pour accuser à tort les artistes souverainistes de commentaires « haineux et méprisants », à savoir, et je cite : « Le ton du clip de ce groupe d’artistes, diffusé sur You-Tube, est très méprisant envers les anglophones et le Canada en général. » Or, il n’est absolument pas question de ça. Il est plutôt question dans ce clip de caricaturer d’éventuels nouveaux censeurs des programmes de remplacement annoncés par les « Conservateurs », photo de Art-Peur et Verner en fond de scène, à l’appui. Il ne s’agit pas de caricaturer les « anglophones et le Canada en général », mais bien de caricaturer leurs propres «  Elvis Gratton » de la droite conservatrice canadienne qui tente de s’imposer à Ottawa.

    Une telle caricature pourrait être faite sans changer une ligne de la présentation loufoque qui est faite des prosélytes de la droite conservatrice de la Art-peur, telle qu’elle pourrait être, toutes choses égales par ailleurs, caricaturée par des anglos eux-mêmes. Comme si le Canada anglais n’avaient pas lui aussi ses propres Elvis Gratton. Comme si ces coupures avaient été faites avec l’assentiment du NPD, des libéraux et des verts du Canada, en somme du Canada tout entier ! ?

    Luc A.



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