[1] Le premier ministre du Québec, Jean Charest, vient de nous annoncer en primeur que le Québec entre en récession. Merci de la nouvelle, car on le savait déjà.
[2] On comprend qu’il ne veut pas être sacrifié sur l’autel du messager de mauvaises nouvelles - ce qu’il sera par ailleurs - mais la vraie question franche et honnête qu’on doit se poser est celle de savoir si on doit parler de récession ou de dépression.
[3] Une récession est une diminution plus ou moins prolongée où la croissance du produit intérieur brut (le PIB) diminue mais reste positive dans une économie qui reste saine.
[4] Par contre, une dépression consiste en une diminution importante et durable de la production et de la consommation, la dernière étant la Grande Dépression de 1930, dont les effets ont duré jusqu’après la deuxième guerre mondiale.
[5] J’ai plutôt l’impression qu’on se dirige tout droit dans une Très Grande Dépression à l’échelle mondiale et à l’apparition d’un nouveau paradigme.
[6] Le ratio dette/PIB de la première économie mondiale, celle des USA, est de plus de 100% (300% et plus selon certains économistes) avec la dette nationalisée des deux géants de l’immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac. 42 États sur 50 sont sur le bord de la faillite technique. On anticipe des budgets déficitaires de 1 000 miliards$ pour les années à venir plus les 50 000 milliards$ que constituent les obligations du gouvernement fédéral américain face aux soins de santé et aux retraites.
[7] Comme solutions, l’administration américaine a sorti la planche à billets pour sauver les banques - on privatise les gains et on nationalise les pertes - un plan de plus ou moins 1 500 milliards$ - qui peut atteindre 4 000 milliards$ - plus un autre 839 milliards pour doper l’économie. Le premier plan est un scandale permanent et une arnaque tandis que le deuxième risque d’être insuffisant et inefficace.
[8] Tout cela fonctionne tant et aussi longtemps que les investisseurs étrangers et internes protègent leurs créances en faisant confiance aux Bons du Trésor US. Oui, mais jusqu’à quand ? Que vaudra leurs créances si le dollar US s’effondre ?
[9] Cela peut se produire la semaine prochaine ou cela peut être retardé quelques années encore. Le défébrilateur fonctionne, mais le patient est cliniquement mort.
Pierre Cloutier

