Ne nous fions pas sur le Pratte à penser de Paul Desmarais pour nous dire ce qui se passe vraiment avec la Caisse.
Mme Marois a proposé d’utiliser la Caisse de dépôt pour créer un fonds de 10 milliards dédié au développement économique du Québec. Il n’en fallait pas plus pour faire réagir le Pratte à penser de la grosse Presse : Pauline part avec la Caisse. (1)
Avec la mauvaise foi qui le caractérise, cette plume à gage de l’empire Desmarais, vient nous dire quelle erreur cela serait d’utiliser les leviers de la Caisse pour se donner une stratégie d’état d’envergure en matière économique pour faire face à la crise grave qui s’annonce. Ce journal s’y connait en matière de stratégie d’État. Rappelons-nous que la grosse Presse a déjà fait campagne contre la nationalisation de notre hydro électricité. S’il avait réussi à convaincre le Québec, notre Hydro Québec appartiendrait aux Américains !
L’argumentaire de M. Pratte laisse entendre, pernicieusement, que le rendement de la Caisse serait affecté négativement par des placements au Québec. Comme si un placement ici serait nécessairement sous performant, alors que le gazon serait plus vert ailleurs. Or il semble bien que ce gazon a jauni depuis que la crise s’est installée : la Caisse recule actuellement de 30 milliards. Allo rendement !
Pour soutenir son propos, M. Pratte cite un exemple de ce qui selon lui serait un mauvais placement fait au Québec : Quebecor Media (par hasard, un concurrent de Gesca) qui a fait l’acquisition de Vidéotron avec l’aide de la Caisse. Même si l’achat s’est fait au moment où le prix étaient au plus haut du marché boursier, ce placement ne posera aucun problème de rentabilité à la fin du cycle d’investissement ; ce qui ne sera pas le cas du papier commercial. Entre-temps cet actif, qui est une pièce maitresse dans la stratégie de convergence de Quebecor Media, est une infrastructure performante qui donne un essor important à notre culture (Oui la culture populaire est aussi notre culture, et elle doit beaucoup à TVA). Cet investissement sert donc le véritable mandat de la Caisse : rendement à long terme et appui stratégique au développement du Québec.
Que la Caisse consacre 10 milliards à une stratégie d’état d’envergure visant à structurer le développement économique du Québec en entier serait une aberration selon le Pratte à penser de Gesca. Alors que ce montant est pourtant inférieur aux 14 milliards que les gestionnaires de « risques » de la Caisse ont investis dans un « produit » comme le papier commercial adossé à des actifs (PCAA), alors même que 2 sociétés d’évaluations de risques eurent refusé de coter ce « produit » ! Cette désastreuse décision ayant entraîné, à elle seule, une perte de 4 milliards jusqu’à maintenant. Là dessus la plume à gage de Gesca n’a rien à dire. Non plus qu’il ne s’interroge sur le fait qu’une partie des pertes de 30 milliards que la Caisse subit présentement serait due à l’orientation stratégique en matière de placement imposée par M. Charest (2) : Le rendement d’abord.
De cela il ne faut surtout pas parler. Surtout pas en campagne électorale, qui n’est pas le moment de faire le bilan du gouvernement sortant comme on sait. C’est ce que nous dit un expert patenté en économie, à qui La Presse a ouvert ses pages (3), il ne faudrait surtout pas exiger de connaître la situation désastreuse de la Caisse en période d’élection. Il ne faudrait pas politiser la Caisse dit-il. Allo.
Pas politiser la Caisse : M Charest a paqueté la direction de la Caisse de libéraux chargés de donner suite à l’orientation qu’il lui a donnée en matière de placements, laquelle a accentué les pertes en cette période de crise. Et, qui a promu M. Richard Guay à la présidence, celui-là même qui a autorisé l’achat de 14 milliards de PCAA ? Un indice : il fut promu sur la recommandation de M. Henry Paul Rousseau, ex PDG de la Caisse, passé entre-temps chez Power Corporation de Paul Desmarais ? Ceci explique cela.
C’est justement pour nous faire oublier que Paul Desmarais a ainsi pris, de facto, le contrôle de notre Caisse (4) que M. Pratte nous dit que Pauline part avec la Caisse.
N’en déplaise au Pratte à penser de Paul Desmarais, il y a urgence en la demeure de reprendre le contrôle de notre État des mains de la clique de libéraux qui le squattent !
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(1) http://www.cyberpresse.ca/opinions/...
(2) http://www.vigile.net/Un-trou-de-30...
(3) http://www.vigile.net/Laissez-la-Ca...
(4) http://www.vigile.net/Paul-Desmarai...
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
