Réponse à Jean-François Morin
Contexte : Ensemble des circonstances dans lesquelles s’insère un fait, un événement.
Comme Pierre Curzi, nous sommes plusieurs à nous réjouir de la venue d’un Beatles au Québec. Par ailleurs, le contexte nous laisse un goût très amer. Si les fêtes du 400e de Québec n’avaient pas été détournées de leur sens dès leur lancement à La Rochelle et que le point de vue de ceux qui s’opposaient à la trop grande place qu’ont prise l’unifolié et la gouverneure générale depuis le début de ces fêtes n’avait pas été banalisé par les organisateurs, dont le maire de Québec et Jean Charest, rien n’aurait été dit sur Paul McCartney.
Les Québécois, les Montréalais en particulier, ont toujours reçu les plus grandes vedettes britanniques du rock avec beaucoup d’euphorie et de joie. Supertramp, The Who, Genesis, David Bowey, Queen, les Rolling Stones, Pink Floyd et j’en passe. L’amour de leur musique a toujours dépassé le politique.
Ce malheureux quiproquo est le résultat de la désinformation orchestrée par nos bons amis fédéralistes qui ont voulu détourner le sens de la fête et elle vise justement à nous faire mal paraître. Quoi que l’on fasse, quoi qu’on dise, nous sommes toujours perdants. Si nous dénonçons le stratagème, nous sommes des casseux de party, si nous ne disons rien, nous acceptons que la fondation de Québec devienne la fondation d’un pays que nous voulons quitter, le Canada.
Vous n’êtes pas le seul à être gêné. Nous le sommes tous. Nous aurions tant aimé que Sir Paul vienne chez nous au Québec, dans notre vieille capitale, comme toutes ces vedettes sont venues dans notre vieux forum à Montréal, celui où la foule s’est soulevée parce qu’on avait voulu bâillonner son héros. Mais le sens de la fête a tellement été détourné que plusieurs de ces vieux fans des Beatles, comme Pierre Curzi et moi, ont l’impression que tout a été fait pour que Sir Paul vienne sur les Plaines d’Abraham, lieu mythique comme Alésia, Waterloo ou Stonehenge, pour nous rappeler que ce territoire n’est pas Québec, mais le lieu de fondation du Canada, le lieu de notre défaite. Nous ne fumerons pas le calumet de paix tant que nous ne serons pas un pays libre !
Je veux bien être ouvert sur le monde, mais je crois encore que l’Histoire et les événements qui la meublent ont un sens et qu’il ne faut pas la renier.
Vous avez raison M. Morin, nous sommes des colonisés et nous le demeurerons tant que nous ne serons pas indépendants. C’est justement pour cela que nous voulons nous affranchir, pour ne plus nous sentir coupables de dire ce que nous pensons sans que cela nous soit reproché à tout coup. Cette amertume nous pèse de plus en plus et risque de nous diviser comme vous le dites si bien !
Louis Lapointe