Peu importe qu’elles proviennent de minorités religieuses, linguistiques ou nationales et sans égard à leur orientation sexuelle, qu’elles soient pauvres, jeunes ou vieilles, les femmes ne peuvent pas être considérées dans leur ensemble ou leur individualité comme des personnes formant une minorité ou un groupe, tout simplement parce que les femmes ne sont pas un vague groupe ou une quelconque minorité, mais bien parce qu’elles sont la moitié de l’humanité sans qui l’autre moitié n’existerait pas. Elles sont la matrice du genre humain.
Contrairement aux coutumes issues de la pratique religieuse, l’existence de la femme n’est pas un banal fait de société de la nature d’un accommodement qui demande à être codifié ou reconnu dans la loi ou par les tribunaux. Il s’agit plutôt d’une identité biologique à la base même de l’existence de la vie humaine sur terre.
Nous le savons tous, l’humanité ne pourrait pas exister s’il n’y avait pas des hommes et des femmes pour se reproduire. La relation homme/femme est fondamentale dans l’histoire de l’humanité, puisqu’elle précède la production de tous les autres faits de société qui lui sont forcément subordonnés. Sans femmes, il n’y aurait ni enfants, ni hommes, il n’y aurait pas de société…
La suprématie de la relation homme/femme est donc un fait qui découle de la biologie, incontestable scientifiquement. Elle est une loi universelle qui transcende toutes les dimensions de la société, qu’elles soient politiques, économiques, culturelles et religieuses.
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Comment pourrait-on alors permettre à l’autre moitié de l’humanité - les hommes - de recourir à une pure fiction - la religion - pour rompre cet équilibre qu’on a tant bien que mal tentée d’établir entre les hommes et femmes au cours des 50 dernières années dans une société qu’on dit libre et démocratique, le Québec ?
Comment ne pas constater que les grandes religions sont toutes dominées par des hommes et que, depuis des millénaires, elles sont devenues les outils privilégiés de la domination des hommes sur les femmes, quand ce n’est pas la domination d’un conquérant sur tout un peuple, comme on l’a vécu ici même au Québec après la conquête.
Dans cette perspective, permettre à des hommes issus de minorités d’utiliser la religion pour asservir les femmes de leur communauté est donc tout à fait contraire au principe universel d’égalité entre les hommes et les femmes reconnu au Québec.
Prétendre que les femmes ont le droit de pratiquer un culte en se couvrant totalement le corps et le visage en public, alors que les hommes de cette même religion n’ont pas l’obligation de le faire, une situation manifestement inégalitaire, est totalement ridicule quand on sait que ces religions se sont construites sur l’asservissement des femmes dans la terreur du châtiment, que c’est là un de leurs buts !
Il n’y a pas de liberté de culte lorsque ce culte est imposé à un sexe par un autre sexe au sein d’une communauté dont la religion dominante permet d’ériger le sexisme en système en l’inscrivant dans les mœurs de cette même communauté, cette religion étant devenue au fil des siècles le ciment culturel de l’asservissement des femmes.
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Comment ne pas aussitôt constater qu’au sens de nos chartes, il s’agit là d’une forme de discrimination systémique qu’on encourage au nom de la liberté de religion inscrite dans ces mêmes chartes ? Belle dichotomie pour nos savants juristes de la Commission des droits de la personne qui n’en sont pas à leur première absurdité dans leurs exégèses au sujet des accommodements raisonnables.
Comment ne pas également constater que ces femmes, qu’on dit libre de porter des signes religieux, sont en fait les victimes de la discrimination systémique inscrites dans les chartes sanctionnées par la Cour Suprême du Canada.
Les chartes seraient-elles devenues l’outil privilégié de la domination des hommes sur les femmes grâce au droit de discriminer qu’elles reconnaissent aux groupes religieux ?
Loin de consacrer le principe de la séparation de l’Église et de l’État, par leur tolérance à l’égard de comportements discriminatoires au sein de ces groupes religieux, les chartes ne reconnaîtraient-elles pas le caractère prépondérant des religions communautaires en les autorisant à imposer leurs propres lois aux citoyens issus de leurs communautés ?
Sous l’égide des chartes, la liberté de religion serait alors devenue le prétexte à un retour de la domination des hommes sur les femmes, consacrant l’inégalité entre les deux sexes au sein de certaines communautés minoritaires, parce que leur religion l’autoriserait !
Quoiqu’en dise la Cour Suprême, ce n’est tout simplement pas raisonnable !

