En réponse à l’article de Marc Simard du Soleil du 7 novembre 2007 intitulé Rabaska : 1000 mauvaises raisons de s’opposer
Alors voilà, une personne de plus qui veut nous convaincre que si la population est contre un projet, c’est parce qu’elle n’a pas compris que c’est pour son bien. Monsieur Simard, c’est vous qui faites preuve de mauvaise foi, et qui manquez de rigueur, pas les 1000 manifestants dont je faisais partie, présents à Québec à la manifestation contre Rabaska le 28 octobre dernier.
Vous parlez d’économie de marché, de capitalisme, et vous l’opposez directement au communisme. Ne savez-vous pas qu’il existe un large spectre entre ces deux systèmes ? N’avez-vous jamais entendu parler de socialisme ? Simplement de démocratie ? Les Etats-Unis ont déjà refusé plusieurs tels projet de ports méthaniers parce qu’ils étaient trop dangereux pour la population. Seraient-ils devenus communistes sans que me j’en aperçoive ?
Vous vous demandez comment on nourrira nos enfants si on refuse toujours à des compagnies étrangères de s’installer coûte que coûte, sur nos terres agricoles les plus fertiles pour y exploiter, à NOS risques et périls, un port méthanier dont l’utilité n’a jamais été démontrée. Quel argument de colonisé ! Vous êtes pourtant professeur d’histoire, vous devriez savoir comment cela se passait il y a 50 ans au Québec, comment il fallut travailler pour nous sortir de cet état de colonisé où des intérêts mercantiles étrangers exploitaient nos ressources en ne nous permettant de récolter en retour qu’une part infime des avantages.
D’ailleurs, jusqu’où
les gens de Lévis sont-ils prêts à aller pour une réduction de leurs
comptes de taxes ? Il est à craindre qu’ils soient malheureusement peu
informés des dangers encourus (voir entre autres Le Soleil du 7 novembre,
La puissance de bombes atomiques en face de Québec, Dr. Pierre Langlois, et
le Journal de Montréal d’hier, Un risque considérable, Yves Chartrand). Le
BAPE a conclu que les dangers reliés à ce projet « paraissaient acceptables
». Plusieurs mémoires sur les dangers de ce projet ont été soumis, mais
"jugés" sans valeur lors de ce processus, dont un écrit par le docteur en
physique Pierre Langlois, ce qui laisse perplexe sur la validité des
conclusions soi-disant positives sans cesse utilisées par le gouvernement
pour aller de l’avant avec ce projet. Je vous conseillerais par ailleurs,
Monsieur, quelques cours de sciences pour comprendre les dangers impliqués.
L’article du Dr. Langlois constitue à cet égard un bon point de départ.
Il n’est pas question ici d’arrêter ou d’éteindre comme vous le dites tout projet au Québec, il est question d’empêcher des projets qui ne sont pas acceptables, un point c’est tout. D’autres possibilités existent, où nous pouvons avec vision prendre notre économie en main de manière rentable et sécuritaire, en cette ère où tous parlent de diminuer notre dépendance aux combustibles fossiles, alors que vous voulez nous ramener 50 ans en arrière en mettant du même coup la population en danger. L’argument de remplacement du mazout par le gaz naturel a d’ailleurs été réfuté par plusieurs, qui parlent plutôt d’une énergie additionnelle au mazout, aucun plan de remplacement du mazout par le gaz naturel n’existant à ce jour, par ce gouvernement agissant comme toujours de façon improvisée.
Un gouvernement ayant un minimum de vision, ne considérant ne serait-ce que les dangers associés à ce projet, n’y donnerait jamais son aval, surtout pas à l’endroit projeté. Comme le disait M. Langlois dans son article, je n’étais pas fier non plus d’être Québécois le 24 octobre. J’espère que je pourrai retrouver cette fierté lorsque ce projet sera éliminé de la carte par ce qu’il est convenu d’appeler le gros bon sens.
Simon-Philippe Breton, physicien
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
