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Quelle arrogance !
En réponse à l’article de Marc Simard
Réplique de Marc Simard
Simon-Philippe Breton
Tribune libre de Vigile
vendredi 9 novembre 2007      371 visites      2 messages


En réponse à l’article de Marc Simard du Soleil du 7 novembre 2007 intitulé Rabaska : 1000 mauvaises raisons de s’opposer

Alors voilà, une personne de plus qui veut nous convaincre que si la population est contre un projet, c’est parce qu’elle n’a pas compris que c’est pour son bien. Monsieur Simard, c’est vous qui faites preuve de mauvaise foi, et qui manquez de rigueur, pas les 1000 manifestants dont je faisais partie, présents à Québec à la manifestation contre Rabaska le 28 octobre dernier.

Vous parlez d’économie de marché, de capitalisme, et vous l’opposez directement au communisme. Ne savez-vous pas qu’il existe un large spectre entre ces deux systèmes ? N’avez-vous jamais entendu parler de socialisme  ? Simplement de démocratie ? Les Etats-Unis ont déjà refusé plusieurs tels projet de ports méthaniers parce qu’ils étaient trop dangereux pour la population. Seraient-ils devenus communistes sans que me j’en aperçoive ?

Vous vous demandez comment on nourrira nos enfants si on refuse toujours à des compagnies étrangères de s’installer coûte que coûte, sur nos terres agricoles les plus fertiles pour y exploiter, à NOS risques et périls, un port méthanier dont l’utilité n’a jamais été démontrée. Quel argument de colonisé ! Vous êtes pourtant professeur d’histoire, vous devriez savoir comment cela se passait il y a 50 ans au Québec, comment il fallut travailler pour nous sortir de cet état de colonisé où des intérêts mercantiles étrangers exploitaient nos ressources en ne nous permettant de récolter en retour qu’une part infime des avantages.

D’ailleurs, jusqu’où les gens de Lévis sont-ils prêts à aller pour une réduction de leurs comptes de taxes ? Il est à craindre qu’ils soient malheureusement peu informés des dangers encourus (voir entre autres Le Soleil du 7 novembre, La puissance de bombes atomiques en face de Québec, Dr. Pierre Langlois, et le Journal de Montréal d’hier, Un risque considérable, Yves Chartrand). Le BAPE a conclu que les dangers reliés à ce projet « paraissaient acceptables  ». Plusieurs mémoires sur les dangers de ce projet ont été soumis, mais "jugés" sans valeur lors de ce processus, dont un écrit par le docteur en physique Pierre Langlois, ce qui laisse perplexe sur la validité des conclusions soi-disant positives sans cesse utilisées par le gouvernement pour aller de l’avant avec ce projet. Je vous conseillerais par ailleurs, Monsieur, quelques cours de sciences pour comprendre les dangers impliqués. L’article du Dr. Langlois constitue à cet égard un bon point de départ.

Il n’est pas question ici d’arrêter ou d’éteindre comme vous le dites tout projet au Québec, il est question d’empêcher des projets qui ne sont pas acceptables, un point c’est tout. D’autres possibilités existent, où nous pouvons avec vision prendre notre économie en main de manière rentable et sécuritaire, en cette ère où tous parlent de diminuer notre dépendance aux combustibles fossiles, alors que vous voulez nous ramener 50 ans en arrière en mettant du même coup la population en danger. L’argument de remplacement du mazout par le gaz naturel a d’ailleurs été réfuté par plusieurs, qui parlent plutôt d’une énergie additionnelle au mazout, aucun plan de remplacement du mazout par le gaz naturel n’existant à ce jour, par ce gouvernement agissant comme toujours de façon improvisée.

Un gouvernement ayant un minimum de vision, ne considérant ne serait-ce que les dangers associés à ce projet, n’y donnerait jamais son aval, surtout pas à l’endroit projeté. Comme le disait M. Langlois dans son article, je n’étais pas fier non plus d’être Québécois le 24 octobre. J’espère que je pourrai retrouver cette fierté lorsque ce projet sera éliminé de la carte par ce qu’il est convenu d’appeler le gros bon sens.

Simon-Philippe Breton, physicien

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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Vos commentaires:
  • Quel étiquetage !
    10 novembre 2007, par Marc Simard

    En réponse à un article que j’ai publié dans Cyberpresse/Le Soleil le 7 novembre (« Rabaska : 1000 mauvaises raisons de s’opposer »), Simon-Philippe Breton me prend à partie avec des arguments éculés dans un texte paru dans Vigile.net et intitulé « Quelle arrogance ! ».

    Je tiens d’abord à le féliciter pour avoir inventé une nouvelle étiquette à l’endroit de ceux qui critiquent les « nonistes » de son acabit : jusque-là, comme je l’ai écrit dans mon essai (Les éteignoirs. Essai sur le « nonisme » et l’anticapitalisme au Québec, 2007), ces détenteurs exclusifs de la vérité et de la parole citoyenne avaient dû se contenter du qualificatif « méprisant », repris ad nauseam dans leurs textes. J’avais d’ailleurs déjà prévu cette bordée d’injures (p. 12), mais je n’avais pas inclus dans ma liste « arrogant » ni « colonisé ». Je me promets de le faire dans la seconde édition !

    En ce qui concerne le reste de son texte, toutefois, je n’y trouve rien d’autre que les arguments dont nous ont déjà bassiné les militants de Rabat-Joie depuis trois ans et demi : dangers du gaz méthanier ; projet ne correspondant pas aux besoins énergétiques du Québec ; vision passéiste des utilisateurs d’énergies fossiles ; anticapitalisme primaire ; et tutti quanti. Des arguments pour faire peur à la population et semer le doute dans le but de faire reculer le gouvernement, élaborés par un groupuscule de « pas-dans-ma-cour » maquillés en environnementalistes et s’autoqualifiant de « visionnaires ».

    M. Breton s’en prend au gouvernement qui a donné le feu vert au projet, au BAPE qui l’a avalisé, qualifiant les dangers d’« acceptables » malgré quelques mémoires apocalyptiques (dont celui de son présumé mentor, le physicien Pierre Langlois), et indirectement aux 70 % de la population de la grande région de Québec qui approuvent le projet selon le dernier sondage. Ces gens sont sans doute tous des « colonisés », injure qu’il m’adresse dans son brûlot.

    Il me suggère aussi de prendre des cours de physique auprès de M. Langlois, invitation que je ne retiendrai pas pour les motifs suivants : M. Langlois est spécialisé en optique et en électricité, ce qui m’apparaît bien loin des problèmes soulevés par Rabaska ; et il a écrit dans un article publié récemment que la puissance destructrice d’un méthanier équivalait à 60 à 100 bombes atomiques de la taille de celle larguée sur Hiroshima, ce qui me fait douter de son sérieux. Je n’aime pas les thrillers genre « fin du monde » et je laisse les James Bond, Bruce Willis et autres Spider Man sur les tablettes de mon club video.

    Je me permets toutefois de lui faire moi-même une amicale suggestion : celle de suivre des cours d’histoire ou de science politique pour bien comprendre les concepts de communisme, socialisme, capitalisme et démocratie, dont il me paraît avoir une connaissance plus que sommaire. En plus de consulter la carte publiée par la FERC le 25 septembre 2007 et qui présente les 25 projets de ports méthaniers acceptés aux États-Unis par la FERC elle-même ou par la Garde côtière. Ses prochains papiers ne pourront qu’en être meilleurs.


  • Quelle fallacie !
    10 novembre 2007, par Francis Déry

    M. Simard,

    Vous méprisez le doctorat de Physique de Pierre Langlois parce qu’il est spécialisé en Optique et Électricité. Avez-vous une idée des cours qu’il faut suivre lors du bacc de physique ? Sans doute que non. Vous n’êtes qu ’un historien. Un historien à gages, diraient certains. Pour parler clairement, le métier d’historien ne rapporte guère lorsque l’histoire raconté déplaît au roi ou au pouvoir en place. Alors, pour bien vivre de votre métier, vous devenez propagandiste du Pouvoir Corporatiste du Canada.

    Ces jours-ci, Québec vient d’annoncer qu’il renouvellera pas l’expérience d’une usine de production d’Éthanol à cause du déficit énergétique généré, de l’accroissement des pesticides utilisés et des terres consacrées à la monoculture non-alimentaire du maïs. Les nonistes avaient dénoncé ce projet dès le début. Que de ressources gaspillés par l’entêtement gouvernemental.

    Les gens de Rabat-Joie peuvent sortir diverses arguments concernant la sécurité, le patrimoine et les fins des ports méthaniers. Moi, je vis à Montréal. La seule chose qui me préoccupe est la viabilité de ce projet.

    Où va-t-on chercher le gaz ? Nous avons un problème de compétitionner avec les autres nations du monde pour les sources d’approvisionnement. Quand Jean Charest parle d’indépendance énergétique, c’est de la pure démagogie. Essait-il de flatter le vote souverainiste de ces régions ?

    Pourra-t-on se fier sur les fournisseurs de gaz naturel dans ce monde ? Le pays fournisseur dont on parle le plus est la Russie. Or, Poutine se permet de jouer avec le flux de son méthane vers les pays d’Europe pour extorquer divers avantages.

    Et si on déplace la consommation de mazout par celle du gaz naturel, le prix du mazout descend et celui du gaz naturel remonte. On voit le même phénomène avec l’anthracite aux Etats-Unis pour satisfaire des décarbonation des sources d’énergie. Alors, les pays en fortes croissances, tel la Chine, se ruent sur les ressources énergétiques méprisés pour profiter du bas coût. Aussi, des marchands de four à anthracite ont déjà profiter d’un engouement local au Québec.

    La grosse question est : le gaz naturel sera-t-il suffisant et abordable pour notre économie qui compétionne avec les économies mondiales ?

    L’austérité énergétique est une meilleure avenue que l’accord avec des Shylock de l’énergie.

    L’origine de cette crise est la production de pétrole issue des sables bitumineux de l’Alberta. Elle va monopoliser toutes les sources de gaz naturel de l’Ouest, en attendant la construction de centrales nucléaires.

    Un meilleur dirigisme économique serait indiqué au Canada. Mais ce n’est pas ainsi que fonctionnent nos gouvernements.




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