En voilà une bonne nouvelle !
QS semble en effet le seul parti qui demande vraiment l’indépendance et qui si un jour se retrouve au pouvoir la réalisera bel et bien. Le PQ a été au pouvoir suffisamment longtemps pour le faire et ne l’a pas fait, bien que toutes les opportunités se soient présentées pour cela ; on ne juge pas un parti sur son programme mais sur ses réalisations sur le terrain, sur ses actes.
Pourquoi le PQ n’a t il pas réalisé cette indépendance ? Il apparait que les prinicipaux freins à cela ont été des prétextes de craintes économiques , la peur que Ottawa n’a pas manqué d’alimenter qu’en cas d’indépendance, le Québec allait traverser un désert. Or je ne vois pas comment les entreprises qui travaillent déjà avec les USA ou à l’export ne continueraient pas à le faire, et que les entreprises au Québec qui travaillent avec d’autres provinces Canadiennes perdraient purement et simplement des marchés pour la raison de l’indépendance. Ces entreprises Québecoises sont en rapport avec d’autres entreprises, qui elles aussi ont intérêt à commercer avec elles, en faisant abstraction de toutes questions géopolitiques. Ottawa n’aurait pas non plus intérêt à mettre des entreprises anglophones en difficultés pour raisons d’amour-propre ou idéologiques. Il semble aussi que c’est bien le Canada qui a tout fait pour que les résultats du référendum de 1995 basculent en sa faveur, parce que contrairement à ce qu’Ottawa a tenté de mettre dans le crâne des hésitants, c’est bien le Canada qui a tout à perdre à ce que le Québec devienne indépendant, et non le contraire.
Le Québec possède des ressources hydroélectriques importantes, des ressources de bois qui peuvent servir autant à la construction, au chauffage qu’au papier,ressources conséquentes sur lequelles Ottawa n’avait pas du tout l’intention de renoncer à ses avantages. Le Québec enfin est le seul et unique bastion francophone dans un continent anglophone, et à ce titre, a une spécificité culturelle qui est fragile parce que justement unique et si particulière. Le Canada n’a t il pas des dettes financières importantes vis à vis du Québec qu’il serait dans l’obligation de solder en cas d’indépendance ? Ces très brefs et carricaturaux exemples soulignent quelques unes des raisons qui motivent Ottawa à tout faire pour empêcher l’indépendance.
Enfin si Charest a été réélu aux derniers suffrages, c’est surtout parce que moins de 60% des électeurs se sont rendus aux urnes, personne ne sait ce qu’aurait été le résultat si les 40% restant s’étaient mobilisés, ou plutôt Charest savait que si cela avait été le cas, il aurait très certainement perdu. Charest a menti au peuple Québecois en passant sous silence le scandale financier de la Caisse, Charest a volontairement provoqué un scrutin qu’il pensait être sa seule chance d’être réélu parce que les citoyens sortaient tout juste d’une autre campagne électorale et qu’ils étaient à la fois désabusés d’avoir encore Harper comme premier ministre du pays, et fatigués d’entendre parler de politique. Il savait pertinemment que quand peu d’électeurs se mobilisent, les libéraux ont toutes les chances de gagner.
Cependant, Charest ayant provoqué ces élections à un moment stratégique pour lui (et pour lui seul, pas pour la province), et le peuple Québecois prenant conscience de s’être fait floué, peut parfaitement contester la légitimité de cette élection en manifestant, en se mobilisant, en criant haut et fort son indignation et sa colère justifiée et en s’unissant. Le PQ parait être le seul adversaire de taille face au PLQ, sauf que dans ce cas là, on omet totalement les 40% d’électeurs qui ne sont pas allés voter en décembre, trop dégoûtés pour encore s’intéresser à la politique qui leur semble faite par des gens corrompus, malhonnêtes , menteurs, et qui ne tiennent jamais leurs promesses électorales.
QS a 8% d’intentions de vote, et bien, je trouve que la progression de ce nouveau parti émergeant est excellente, et cette montée rapide promet d’autres montées, justifiées par le fait que justement QS n’est pas entaché par un exercice du pouvoir prolongé comme l’est le PQ qui laisse présager vu les décisions prises lors des précédents exercices du pouvoir que certains au PQ ne soient corrompus. Les Québecois ne veulent pas d’un PQ qui ( a mis ?) mette par terre leurs services publics, à commencer par la santé et l’éducation. Et cela dit une chose forte aussi, c’est que la gauche a un vrai espoir d’avoir un jour les rênes en mains.
En France le NPA fait un peu le même genre de montée en puissance, Besancenot son leader a exprimé une chose très juste par rapport à l’exercice des postes de pouvoir politique ; il a dit qu’il était dommageable pour tous que les politiques finissent par faire un métier de cette fonction et qu’il est souhaitable non seulement d’interdire le cumul des mandats mais aussi d’en limiter l’exercice à un seul et unique mandat pour chaque responsable politique. Cela nécessite continuellement un renouvellement de la classe politique, et des personnes au pouvoir, donc du sang neuf ; cela éviterait le risque de corruption et d’intérêts d’influence. Et enfin Besancenot a donné aussi un chiffre frappant : en France, plus de 85% de la population vit avec moins de 2000 euros mensuels, et les hommes de la classe politique sont largement mieux payés que cela . Il préconise que les politiques ne devraient pas être mieux lotis financièrement que la très grande majorité de ses citoyens, et ce afin que les élus ne soient pas tentés de passer leur vie à faire de la politique d’une part, et d’autre part à ce qu’ils aient conscience de la réalité quotidienne de leurs concitoyens. De fait, ils seraient plus à même de défendre les intérêts de tous, ce pour quoi ils sont en principe élus, et non pas des intérêts particuliers.
Je crois personnellement que pour que ces propositions soient efficaces, il est également nécessaire de mettre en place une législation particulièrement stricte et encadrée spécifique à tous les hommes et les femmes qui auraient des postes de responsabilité politique, législation qui serait particulièrement sévère concernant tout ce qui à trait à la corruption. Un représentant du peuple se doit d’être exemplaire sur ce sujet ce qui est loin d’être le cas dans la plupart des démocraties occidentales à ce jour.
A ce prix et à ce prix seulement, les citoyens reprendront le chemin des urnes et s’intéresseront à nouveau à qui va diriger leur pays. QS dans son programme fait des propositions de cet ordre là notamment, en plus bien sur de soutenir à tout prix les plus démunis, les services publics, et pour financer cela, de taxer plus équitablement toutes les grandes entreprises qui font de gros bénéfices, et de taxer le capital. Il semble en tous cas vu la progression de QS que ses aspirations correspondent aux souhaits de plus en plus de personnes au Québec et l’on ne peut que s’en féliciter. QS représente des valeurs dans lesquelles beaucoup de Québecois se reconnaissent : l’indépendance et la solidarité.