J’explorerai dans ce texte une idée, une peu folle, je l’admettrai, mais sans folie, il n’y pas d’indépendance. L’idée c’est de transformer la plate-forme de Vigile pour en faire un média alternatif, qui soit imprimable par qui le veut bien, et imprimé de manière organisée, lorsqu’il y a du pognon dans la caisse. Le but serait de faire de Vigile l’outil de l’émancipation politique des Québécois, de notre indépendance nationale.
J’explique un peu la vision que j’en ai. Vigile est une plate-forme unique, caractérisée entre autres par son haut niveau de délibérativité. J’ai écrit un long texte (http://www.vigile.net/Vigile-un-media-independant) il y a quelques temps qui se penche, de manière exploratoire, sur la question. Il serait donc possible de récupérer, à mon avis, Vigile, pour en faire le moteur d’un journal indépendantiste, citoyen et délibératif.
L’idée initiale, en fait, est toute simple : il conviendrait d’organiser une méthode de sélection des textes les plus pertinents, puis, ceci fait, de les intégrer, dans un format PDF imprimable, puis d’inviter ceux qui veulent appuyer le projet, de l’imprimer, recto verso, d’en faire X photocopies, puis de le distribuer dans leur milieu de travail, dans les organisations qu’ils fréquentent, à leurs amis, à leurs contacts.
Cela implique tout d’abord un peu de sacrifice personnel, pour payer les photocopies, mais si tout le monde s’y met un peu, on aurait quand même beaucoup de petits distributeurs. Ensuite, il y a des organisations, des associations, etc., qui pourraient mettre un peu de sous et appuyer la démarche de manière plus organisée.
Enfin, une fois mis en branle, on pourrait penser à publier un mensuel avec des dons, y mettant chacun un peu du sien. Cette deuxième phase doit suivre la première, mais il faut bien voir que l’objectif doit être de développer un média alternatif qui puisse se rendre jusque là, jusqu’à devenir un média papier mensuel.
Ensuite, l’on pourrait même penser à regrouper les meilleurs textes de Vigile sous un format livre et les publier. On pourrait publier un Vigile Poésie, par exemple, des Vigile thématiques ou annuels. Pourquoi ne pas publier les textes de Dominic Desroches, par exemples, les meilleurs, dans un Spécial Vigile ? Ces publications serviraient à alimenter le débat, mais aussi à alimenter un peu la caisse de Vigile.
Bon, pour ce qu’il en est de l’organisation, je vais suggérer quelques chose d’original : que l’on constitue une liste de rédacteurs volontaires, de gens qui s’offrent pour sélectionner les meilleures textes de la semaine, ou du mois. Ensuite, eh bien, l’on tire au sort cinq noms, et on leur donne comme tâche de sélectionner les textes qu’ils jugent comme étant les meilleurs de la semaine. Ils doivent donc les lires, tous, les juger, et classer ces textes en ordre de préférence, exprimer aux moins leurs 10 premières préférences. En utilisant un scrutin préférentiel, il serait possible de faire ressortir les préférences agrégées de ces cinq personnes, les dix meilleurs textes, par exemple, en ordre de préférence, puis, de là, de les intégrer dans un format publiable. On pourrait peut-être donner à M. Frappier le privilège d’ajouter, si bon lui semble, un ou deux textes additionnels.
Ici, bien sûr, il faut des volontaires pour intégrer ces textes sous format PDF, puis quelques-uns de nos copains profs ou calés en français pour les réviser. Faire le PDF est la tâche qui requiert un peu de compétence, de savoir-faire technique pour l’utilisation des logiciels, mais c’est aussi un savoir qui s’apprend. Au pire, on pourrait payer quelqu’un pour qu’il montre les ficelles de l’utilisation de ce logiciel à d’autres. M. Frappier serait la personne-clé, mais il faut aussi des gens qui aient un sens esthétique avec les outils électroniques, au cas où ce n’est pas le cas pour M. Frappier.
À part ça, il faudrait constituer une deuxième patente de financement, à part le financement destiné à rémunérer M. Frappier et payer les dépenses du site. Cette deuxième patente de financement aurait pour but de financer les coûts additionnels de mise en page PDF, mais aussi, éventuellement, de financer l’impression organisée, dans la seconde phase de développement du Vigile papier. Il s’agirait de la caisse de financement du Vigile papier, duquel dépendrait la distribution centralisée. Il importe donc de s’assurer d’avoir un financement permanent, par exemple en préférant des dons mensuels de X$ pour constituer un budget de fonctionnement sur le fondement duquel on peut prévoir. Je pourrais dire, par exemple, je m’engage à contribuer 10$ par mois, 120$ par année, pour financer Vigile papier. Même si ce n’est pas beaucoup, mis ensemble, ça peu devenir beaucoup, et l’idée est que si les vigiliens électroniques attirent des vigiliens papier, et que si un bon nombre de ces derniers contribue 5$ ou 10$ par mois, la machine est en marche, le financement aurait tendance à rentrer, à suivre, grosso modo, la croissance de la distribution.
* * *
Cette manière de faire permettrait de s’assurer que le système est véritablement participatif. La condition pour être sur la liste des éditeurs pourrait être minimale, par exemple avoir publié deux textes dans la dernière année sur Vigile. En plus d’être écrit par des citoyens, les textes seraient donc aussi choisis par des citoyens. Une fois que l’on met ce système en place, l’on se retrouve avec un mouvement entre Vigile qui suscite la délibération électronique, et Vigile qui suscite la délibération sociétale, puis avec un mouvement entre les deux, ceux qui lisent le journal papier, s’y mettent sur internet, puis, ceux qui écrivent sur internet, s’y mettent un peu plus, car ils ont une stimulation supplémentaire, celle d’être lus, ou pouvoir être lus, version papier, et ainsi de suite.
Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a plusieurs textes intéressants sur Vigile, un peu perdus sur le web, mais qui trouveraient une voie de diffusion plus large, et que ces textes, eh bien, seraient écrits par les gens du Québec, pas de professionnels hautains du Devoir, ou des twits de la Presse. Ce serait donc un média citoyen, à clair penchant indépendantiste, qui viendrait picosser les gros groupes de presse prostitués du capital et du fédéral. Ce serait aussi un média intéressant, justement, parce qu’il est citoyen, parce qu’il ne se fonde pas sur une élite qui accapare le discours, mais qu’il sélectionne parmi les textes citoyens, ceux qui, jugés par leurs pairs, sont les meilleurs. Ce serait donc un alimentateur, un catalyseur, un organisateur de l’intelligence collective québécoise.
Je me permets d’ajouter une proposition des plus osée, que je soumets à M. Frappier, car il a créé Vigile. Je crois que le nom de Vigile est attentiste ! Hahaha ! Non, franchement, je crois qu’il serait peut-être concevable de changer de nom, pour mettre en oeuvre cette entreprise. Je propose le nom de QuébeCité, pour le nom de ce nouveau journal citoyen, s’il y a une motivation pour se lancer en affaire. QuébeCité, ce pourrait être le nouveau Vigile, sa forme de seconde génération, qui s’appuie sur sa plate-forme électronique, pour percer et déranger, pour informer et dire que la Cité des Québécois, c’est le Québec, que la culture des Québécois, c’est la québecité, que la Liberté des Québécois, c’est l’Indépendance.
Voilà, un peu fou, j’admettrai, voyons voir ce qu’en pensent le maître-d’oeuvre de Vigile et les Vigiliens.
Cordialement,
David Poulin-Litvak

