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La fierté de parler français annonce le pays à venir
Quand on n’a pas les idées claires
La langue française est la langue commune et la langue de travail au Québec oui ou non ?
Robert Barberis-Gervais, Marcelle Viger
Tribune libre de Vigile
mercredi 23 septembre 2009      457 visites      8 messages


A une journaliste anglophone qui lui demandait si elle accepterait de débattre en anglais avec Gérald Tremblay, Louise Harel a répondu : “It is depending” au lieu de “It depends”, ça dépend. Le caricaturiste à la solde de Paul Desmarais, Serge Chapleau, n’était pas pour laisser passer une aussi belle occasion de ridiculiser une indépendantiste. Or, quand Louise Harel se fait ridiculiser, nous, comme indépendantistes, nous nous sentons ridiculisés. On voit bien que Louise Harel ne connaît pas l’anglais ni Pauline Marois d’ailleurs qui parle aussi bien l’anglais que Saku Koivu parlait le français et qui a déjà traduit le chiffre huit par le mot oyster (huitre !).

Pourquoi ces tergiversations de Louise Harel ? On vient d’apprendre qu’elle ne participera pas à un débat en anglais parce que, dit-elle, elle ne maîtrise pas suffisamment cette langue pour attaquer ou se défendre dans un débat. Elle a de la famille à Toronto et se débrouille en anglais dans une conversation courante mais dans un débat télévisé, c’est autre chose.

Voilà ce qui s’appelle ne pas avoir des idées claires. Elle aurait dû répondre que Montréal est une ville française, que la langue de travail au Québec est le français, qu’elle se doit de donner l’exemple aux immigrants pour les pousser à apprendre le français, que les 12% d’anglo du Québec, après vingt ans ou trente ans passés à Montréal devraient savoir le français. Au lieu d’avoir des idées claires parfaitement cohérentes comme femmes politiques qui ont adopté la loi 101 et qui veulent que le Québec soit un pays français, Louise Harel et Pauline Marois se culpabilisent de ne pas savoir l’anglais. Cette culpabilisation est troublante.

Christian Dufour qui a écrit un livre sur l’anglais est de notre avis : au Québec, l’anglais ne doit pas être obligatoire pour les hommes et les femmes politiques. A moins que Lysiane Gagnon, André Pratte et l’éditorialiste de The Gazette soient les maîtres à penser de Louise Harel et de Pauline Marois. Il ne manquerait plus que ça. Cet été, en voyage, interrogés sur la question, une quinzaine de Québécois, spontanément, nous donnaient raison. Il faut avoir la fierté de notre langue, ont-ils dit. Non au bilinguisme obligatoire. Et arrêter de se mettre à quatre pattes devant les journalistes anglophones qui s’amusent beaucoup devant le malaise créé. D’ailleurs, exiger l’anglais est pour eux un geste politique. C’est nous rappeler que nous vivons dans un pays officiellement bilingue mais pratiquement unilingue partout ailleurs qu’au Québec. Ils nous disent : speak white.

L’exemple de ce qu’il faut faire est venu de Michel Parent, président du syndicat des cols bleus. Après avoir dénoncé avec beaucoup d’à propos et de conviction le scandale du contrat des compteurs d’eau en soulignant que dans cette affaire les cols bleus de Montréal ont été mis de côté au bénéfice du secteur privé, celui-ci se vit poser une question par une journaliste anglophone. Il répondit net, frette, sec : “Je ne réponds pas aux questions en anglais.” “Oui, dit la journaliste, mais vous savez l’anglais.” Il répéta avec beaucoup d’aplomb : “Je ne réponds pas aux questions en anglais.” Voilà quelqu’un qui a des idées claires. C’est l’exemple à suivre. Bravo, Michel Parent.

Qu’est-ce qu’il va falloir que nous fassions pour qu’elles comprennent ? Les abreuver d’injures en les traitant de colonisées, de complexées et d’aliénées. Leur donner un exemplaire du livre de Michel Brûlé contre l’impérialisme de l’anglais ou du livre de Christian Dufour ? Leur envoyer une copie laminée de la loi 101. Leur faire copier à la main cent fois comme pénitence : “Je ne me sens pas coupable de ne pas savoir l’anglais.” Et “je m’engage à ne plus répondre aux questions en anglais.” “Je veux un pays français et tout de suite.”

Remarquez bien que nous ferions la même recommandation si Louise Harel et Pauline Marois parlaient aussi bien l’anglais que René Lévesque et Jacques Parizeau. C’est une question de principes. L’exemple doit venir de haut.

Nous avions écrit un texte pourtant ici sur Vigile. Espérons que, cette fois-ci, le message se rendra.

Robert Barberis-Gervais et Marcelle Viger, Vieux-Longueuil, 23 septembre 2009




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Vos commentaires:
  • Quand on n’a pas les idées claires
    23 septembre 2009, par Grand-papa

    Gérald Tremblay a dit à la télévision aujourd’hui, en réponse à une question posée en langue anglaise, qu’il n’était pas nécessaire de parler la langue française pour diriger Montréal.

    C’était une erreur de sa part et il s’en est excusé, Ç’était plutôt l’anglais qu’il voulait dire... mais quel surprenant lapsus !

    Bravo Gérald, merci pour ta probité sans aucune faille possible.


  • Quand on n’a pas les idées claires
    23 septembre 2009, par RenéP.
    C’est l’évidence même ! Comment se fait-il que nos politiciens québécois ne comprennent pas cela ? De quoi ont-ils peur ? Que les anglos ne votent pas pour eux ? de toute facon, quoi que fassent nos politiciens, les anglos ne votent toujours que pour leurs intérêts propres...jamais pour les intérêts des québécois ( qui sont francophones à la hauteur de 81%).
  • Quand on n’a pas les idées claires
    23 septembre 2009, par jbouthil

    "Leur donner un exemplaire du livre de Michel Brûlé contre l’impérialisme de l’anglais ou du livre de Christian Dufour ? Leur envoyer une copie laminée de la loi 101. Leur faire copier à la main cent fois comme pénitence : “Je ne me sens pas coupable de ne pas savoir l’anglais.” Et “je m’engage à ne plus répondre aux questions en anglais.” “Je veux un pays français et tout de suite.” ?

    Toutes ces réponses ainsi qu’un exemplaire de votre texte à chacune et à chaque membre de leur suite. Et ça presse !


  • Quand on n’a pas les idées claires
    23 septembre 2009, par Jean-François-le-Québécois

    Je pense que l’une des choses qui font que certains n’ont pas les idées claires, comme vous dites, en rapport avec la place que le français doit occuper vient d’une manoeuvre assez habile, de la part de nos adversaires politiques.

    C’est que les forces anglicisantes et fédéralistes (il y a une bonne dose de recouvrement entre les deux, bien sûr), répandent et renforcent l’idée, dans les médias de masse, que si un citoyen québécois ne parle pas anglais, il est une espèce d’ignare, d’irrécupérable, de péquenot...

    J’irais même jusqu’à dire, que les radios-poubelles, ici à Québec, encouragent les gens de chez nous, à améliorer leur anglais... même si leur maîtrise de leur langue maternelle, soit le français (pour l’écrasante majorité) fait peine à voir (et à entendre).

    On nous encourage à abndonner le français, quoi !

    Il faut savoir lire entre les lignes, et comprendre ce qui se cache derrière l’insistance de certains, concernant l’anglais. Notamment venant de personnes telles que l’animateur de radio poubelle Sylvain Bouchard, qui de son propre aveu, sait à peine baragouiner un anglais plus ou moins intelligible... ? Si l’anglais, c’est si curcial, indispensable que ça, pourquoi il ne prend pas un peu de temps pour l’apprendre, notre ami Sylvain ?


  • Quand on n’a pas les idées claires
    23 septembre 2009, par Daniel Roy, C.A.

    Vous avez entièrement raison M. Barberis-Gervais. J’ai envoyé une lettre à Mme Marois et une copie a Vigile, où je fais référence au complexe de colonisé de Mme Marois. Mais j’imagine que ma lettre n’était pas aussi polie que la vôtre car elle n’a pas été publiée. J’espère que vous enverrez une copie de votre message à Mme Marois et à Mme Harel.

    Cela prend des gens comme M. Parent et M. Nicolas Montmorency pour nous faire redresser l’échine.

    Au rythme ou vont nos messages d’écoeurement, je crois que nous aboutirons bientôt à quelque chose de concret en ce qui a trait à notre pays le Québec.

    Daniel Roy, C.A.


  • le français est la langue de travail au Québec Robert Barberis-Gervais
    23 septembre 2009

    M. Daniel Roy

    Oui, nous enverrons une copie de ce texte et de l’autre texte daté du premier juillet : Le français est la langue de travail au Québec. Nous l’enverrons à notre député Bernard Drainville, à Pauline Marois et à Pierre Curzi à leur adresse de l’assemblée nationale. Nous l’enverrons aussi à Vision Montréal, le parti de Mme Harel. Il semble que Mme Marois se rapproche de notre position. Nous l’avons entendue en entrevue reprendre quelques-unes de ces idées. Je transmettrai votre message à Marcelle Viger qui est le co-auteur de ce texte mais qui ne veut pas toucher à mon ordinateur ni apprendre comment il fonctionne. Cela ne l’empêche pas d’être très politiquement vigilante, d’être souventes fois à l’origine de mes interventions et d’avoir de l’admiration pour Bernard Frappier et son fils Erick. Elle regrette que Luc Archambault ne fasse pas montre de souplesse. Elle souhaite qu’il nous fasse bénéficier de nouveau de sa passion et de ses analyses qui ont alimenté plusieurs de nos conversations. Avez-vous reçu un accusé de réception de votre message à Pauline Marois ? Il semble que le Parti québécois a des problèmes de relations publiques.

    Robert Barberis-Gervais, 23 septembre 2009


  • Quand on n’a pas les idées claires
    24 septembre 2009, par Gilles

    C’est curieux mais j’ai comme le sentiment que quelque chose est en train de se passer. Ne vivant pas à Montréal il m’est difficile de m’appuyer sur des exemples concrets mais quand même, je pense que le ras le pompon des Québécois est en train de voir le jour.

    Est-ce que le balancier est en train de revenir vers nous ? Même ce trou de cul ( je ne retire pas mes mots), bref ce trou de cul de Mac Pherson de la Gâzette, qui la semaine dernière écrivait des insanités dans son torchon au sujet du Moulin à Paroles, a été obligé de rester calme chez Homier Roy cette semaine.

    Mais le plus important c’est que les Québécois disent « enough is enough », à chaque fois que la situation se présente. Au quotidien. Faisons-le tous et toutes, et ça va changer.


  • Quand on n’a pas les idées claires
    25 septembre 2009, par Pierre Bouchard
    Bonjour M. Barberis-Gervais Je souhaite ardemment que vous soyiez entendu au PQ, au minimum écouté, au moins. Y a-t-il des chances qu’on prête attention à votre lettre ? Il me semble que le PQ prête une oreille aux gens d’affaire, aux décideurs et commentateurs autorisés, mais très peu aux militants. Son comportement social semble dicté par des gens du Plateau, à Montréal. Mais je répète ici un cliché et vraiment je ne connais (...)

    Lire ce commentaire

    Bonjour M. Barberis-Gervais

    Je souhaite ardemment que vous soyiez entendu au PQ, au minimum écouté, au moins. Y a-t-il des chances qu’on prête attention à votre lettre ? Il me semble que le PQ prête une oreille aux gens d’affaire, aux décideurs et commentateurs autorisés, mais très peu aux militants. Son comportement social semble dicté par des gens du Plateau, à Montréal. Mais je répète ici un cliché et vraiment je ne connais pas ce secteur de Montréal. Je constate seulement que le PQ est empli de belles valeurs mais qu’il répugne à les traduire concrètement en actes, quand ce n’est pas des chimères. La direction de ce parti, les gens qui le mènent depuis des années (pas seulement Mme Marois), démontrent très clairement qu’ils ne partagent pas le sentiment répandu de l’urgence de la situation, la déconstruction nationale et l’amenuisement du « vivre en français » chez nous.

    À contre courant des citoyens normaux dans la plupart des pays sur cette planète, et à l’envers du gros sens, ils encouragent, par leurs positions (sur les 2 CHU, les cégeps, l’enseignement en anglais, …) la discrimination des unilingues francophones. S’en rendent-ils compte ? Ils ne s’en rendent pas compte bien sûr. Si c’était le cas, nous aurions là de bien piètres gens pour nous représenter, soit des pleutres, soit des traitres. Non, ils ne se rendent pas compte de ce qu’ils font.

    Je ne vous connais pas autrement qu’ici, sur Vigile. Vous êtes membre du parti depuis longtemps je crois. Si on ne prend même pas la peine de vous répondre, si vous on ne vous prends pas au sérieux, si c’est un attaché de presse ou une machine qui vous répond, autant dire qu’il n’y a rien à faire pour nous autres ici sur Vigile. Pouvons-nous espérer, M. Barberis-Gervais, ou devons-nous aujourd’hui en prendre acte ?

    En tout cas merci, je ne suis pas toujours d’accord avec votre discours mais j’apprécie votre détermination, votre sérieux. Mes salutations.

    P.S. : j’ai été dur envers M. Luc Archambault, que je ne connais pas autrement que par Vigile. Je ne regrette pas la confrontation, je pense que c’était nécessaire, mais je regrette son apparente exclusion ; si c’est le cas, j’espère que c’est sa décision à lui seul. On ne devrait jamais exclure personne, surtout ceux qui ont la volonté d’avancer, comme M. Archambault. Depuis cet épisode, il a réécrit je crois, il me semble avoir vu un de ses textes, mais peut-être était-ce un commentaire. Je le lirai lorsqu’il écrira, en espérant. Si c’est comme avant, je ne m’acharnerai pas sur lui, j’irai voir ailleurs.



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