Dans son livre « Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali » publié en 1994, Robin Philpot écrivait, « on a vu les images, les machettes, les corps, les squelettes. Personne ne peut prétendre que cela n’a pas eu lieu » (p. 21). Si en 2004, il a poursuivi en diffamation le journaliste français Christophe Ayad qui l’avait qualifié de « négationniste » du génocide rwandais, c’est bien que déjà il y a trois ans, Robin Philpot ne se considère pas comme tel. Les juges ont rejeté sa plainte pour diffamation en soutenant que le qualificatif « négationniste » relevait « du domaine des idées et des opinions ». On ne peut donc pas en déduire que Philpot en soit un. Le tribunal correctionnel de Paris a d’ailleurs convenu implicitement que Philpot et les autres auteurs partageant son point de vue puissent ne pas apprécier cette épithète puisque ces auteurs « sont certes, péjorativement, qualifiés de la sorte ». Bref, accuser d’autres que les Hutus d’avoir eux aussi du sang sur les mains, ce n’est pas être négationniste.
Christian Gagnon
Montréal