On assiste depuis quelques temps à une véritable polémique au sujet du projet de loi sur l’identité québécoise. À cet effet, le Parti Québécois a proposé qu’on restreigne certains privilèges à des personnes ne présentant pas le critère d’admissibilité à une éventuelle citoyenneté québécoise.
Les chiffres présentés dans les différentes tribunes parlent d’eux-mêmes : selon le ministère de l’Immigration du gouvernement Charest, 180 000 nouveaux arrivants sans aucune connaissance de base du français ont choisi le Québec, dans les 10 dernières années. Selon les estimations, pratiquement 210 000 personnes issues de l’immigration s’établiront au Québec sans la connaissance du français. De telles données ne peuvent être reniées et négligées, en tenant compte de la fragilité et de l’authenticité de notre statut en Amérique du Nord.
L’avancement de notre peuple à être reconnu récemment comme nation par le gouvernement fédéral s’inscrit dans la légitimité de notre désir de vouloir protéger notre identité. Pauline Marois a d’ailleurs su présenter avec un habile pragmatisme la cause identitaire du Québec au sein du Canada : « [E]n vertu de quelle rhétorique le nous « canadien » serait inclusif et le nous « québécois » exclusif ? ». Au même titre que l’ensemble des peuples de la planète, les Québécois forment une nation, de par leur histoire et leur culture, qui a le droit d’être valorisée et défendue. En quoi serait-il anticonstitutionnel, raciste et xénophobe de vouloir exiger que les citoyens québécois, de toutes origines, aient une connaissance minimale du français, langue officielle ? En réponse aux détracteurs se targuant dans la vertu, je leur rappelle que des pays comme les États-Unis, la Suisse et… même le Canada, exigent une connaissance de la langue officielle pour s’y établir. La citoyenneté de tout pays s’apparente de façon logique à un privilège accordé selon des critères minimaux. Rappelons que sur cette même question, on est encore loin de la citoyenneté flamande (une « province » de la Belgique), où la connaissance du flamand est requise pour… l’aide sociale. D’exiger une connaissance de base du français, langue officielle, pour l’obtention du privilège de se présenter à des postes électifs au Québec, s’avère en tout point raisonnable.
Pour les fédéralistes convaincus et les autonomistes désorientés, il en demeure un véritable à-plat-ventrisme à refuser de débattre d’un tel projet. Vouloir assurer la prédominance de la langue française au Québec doit se faire par des gestes audacieux offrant la garantie que ses habitants, en dépit de leurs origines, sauront la faire perdurer. Si le fédéralisme et la Constitution canadienne (à laquelle nous n’avons toujours pas apposé notre signature) ne sauraient garantir la protection de notre langue et de notre identité comme peuple, il serait dorénavant plus que temps d’envisager la seule vraie option nous permettant de nous affirmer : la souveraineté.
Sébastien Marcil
Étudiant d’Études politiques appliquées - Relations internationales
Université de Sherbrooke
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