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Prorogation et campagne provinciale
Daniel Sénéchal
Tribune libre de Vigile
lundi 8 décembre 2008      135 visites      1 message


Jeudi passé, Stephen Harper a démontré à quel point la fonction cérémoniale de gouverneur général est factice et tributaire des caprices d’un premier ministre, qu’il soit minoritaire, nouvellement réélu ou dépourvu de la confiance de la chambre. En tournée de promotion pour son Canada dans les pays Baltes, la très fantaisiste sous-souveraine Jean a été rapatriée d’urgence afin d’éviter un vote de confiance au potentat Harper. De mémoire, c’est une première. À ma connaissance, pendant cette courte histoire de ce Canada bien particulier, aucun premier ministre minoritaire siégeant n’a demandé la prorogation du parlement pour éviter un vote de confiance en début de session. Est-ce qu’il y a un précédent pour ce procédé et pourrait-il être utilisé à répétition, mettons, à cause de la menace séparatiste ?

Ce coup d’État au niveau fédéral a eu des échos au Québec, particulièrement pendant cette campagne électorale provinciale non désirée qui est elle-même une forme d’abus de pouvoir, car c’est le caprice d’un seul homme qui regardait ses adversaires affaiblis et les sondages préélectoraux en bavant d’envie de gouverner en majoritaire avec son bâillon de prédilection qui lui a donné tant de satisfacion lors de son premier mandat. Il fallait faire vite, avant que les électeurs ne puissent prendre toute la mesure des dégâts bien réels encaissés par le bas de laine des Québécoises et Québécois, entre autres.

Toujours provoquant en prétendant ne pas vouloir faire de chicanes, Jean Charest se veut rassurant par rapport au fiasco de la caisse de dépôt en répétant sans cesse qu’il ne veut pas politiser le fonctionnement de la caisse en rendant compte des résultats à cette étape-ci. À l’origine, c’est lui-même qui a imprimé sa marque politique en dictant à Henri-Paul Rousseau d’optimiser les rendements, ce qui a mené à des investissements dans des papiers adossés aux actifs inexistants à la hauteur de 13 milliards et ce, tout en n’investissant pas au Québec. Dois-je ajouter que ce qui était bon pour Bernard Landry en 2003 l’est tout autant pour Crapet Charest en 2008.

Dimanche, M. Charest a demandé l’adhésion des souverainistes en se présentant comme celui étant le mieux placé pour défendre les intérêts du Québec. La touche indélébile de Parisella. Aujourd’hui, j’ose espérer ardemment que tout ça jouera contre lui et que les Québécoises et les Québécois iront voter massivement.

Dans un autre ordre d’idées, c’est tout de même renversant de constater qu’à Montréal, le français recule dramatiquement et les francophones montréalais sont tout de même nombreux à voter pour les libéraux, comme dans Ahuntsic. Il faut dire que le PQ n’a pas été très proactif dans la défense du français avant et après 2003, au-delà du grelot électoral occasionnel.

Il faut aussi noter que la jeunesse montréalaise francophone a tendance à s’angliciser, petit à petit, particulièrement dans les dix ou vingt dernières années qui furent marquées par Harry Potter, la télé satellite. le câble, de même que les nouvelles technologies de l’information et les consoles de jeux vidéos.

Pour revenir à cette manœuvre de prorogation signée Harper et visant les électeurs du BQ de même que la population du Québec au sens large, elle a été applaudie par l’Alberta, bref, par les provinces de l’ouest. Plus tôt cette semaine en chambre des communes, la députation du parti de Gilles Duceppe a essuyé des injures racistes de la part des collègues de Christian Paradis, qui prétend qu’il n’y a pas eu de Québec « bashing » dans un article paru dans l’organe de Gesca ce Samedi. Pourtant, la semaine passée, des députés conservateurs ont bel et bien traités les bloquistes de « frogs », de bande de babouins et de bande d’idiots, ce que Stephen Harper a très bien entendu sans réagir selon Gilles Duceppe.

Dans le but d’amenuiser la perception de racisme dans la démarche du dictateur Harper, le spécialiste en apologie du Canada mandaté par le roi-neigre Paul de Sagard, André Pratte, a envoyé Patrick Lagacé en Alberta pour appuyer sa thèse sur le Québec « bashing » qu’il voit comme étant inexistant ou bénin depuis 1995. Son pitou Patrick nous rapporte dans la grosse presse épaisse de dimanche qu’il a vu et entendu des mots durs envers le Bloc, mais pas contre le Québec ou les Québécois. C’est tout de même étrange que ce franc-tireur surfait n’arrive même pas à débusquer un de ces nombreux albertains racistes du genre qui gravitent autour de Preston Manning et de Stephen Harper depuis plusieurs décennies.

Quant à cette campagne électorale provinciale inutile et dépourvue d’action nationale tangible, les derniers jours ont vu le soutien gonfler quelque peu pour le duo David-Khadir avec l’appui récent de Robert Perrault et de Claude Béland. D’autre part, et ce n’est pas une surprise pour moi, un chroniqueur romancier ouvert sur l’Afrique et l’Europe, mais fermé sur ses propres compatriotes, du nom de Gil Courtemanche, a signé un texte dans Le Devoir de samedi appuyant QS.

Il faut vraiment être désespéré ou sans imagination pour penser que QS est une solution à la question nationale, ça ne mènera pas plus à l’indépendance du Québec que l’étapisme du PQ, surtout avec des recrues récentes comme Yvon Deschamps qui s’est joint à QS et qui déclare maintenant que ça prendrait au moins 60% lors d’un résultat de référendum sur la souveraineté du Québec pour que ça soit légitime.

Donc, face à une fuite assez évidente et un nivellement par le bas par beaucoup d’éléments de notre élite artistique et de nos chefs politiques dans l’expectative d’un Québec indépendant, j’entretiens maintenant l’idée avancée par certains qui consiste à barrer la route à Crapet Charest.

Ce matin, ma conjointe de fait m’a fait part que face au choix entre Françoise David et Pauline Marois, que Madame Marois recevra son vote car son parti en a fait beaucoup plus, à ses yeux, pour améliorer la condition féminine, que Françoise David pourrait rêver d’en faire avec sa programmation de gauche embourgeoisée.

Pour ma part, je suis conscient que je suis tout à fait le genre de marginal pour lequel Madame David ne se soucie pas, tout comme Madame Marois hélas, je suis indépendantiste et je trouve que le braquage identitaire, tellement décrié chez beaucoup de nos bien-pensants, a quelque chose de salutaire, en ce sens que ce cantonnement idéologique valable, symptomatique du nous réel et du eux assimilé, va faire en sorte que le combat continuera.

Je ne voterais jamais pour QS. Mon vote va aller au parti pour lequel j’ai voté depuis 1976, faute de parti reprenant démocratiquement l’enjeu de l’indépendance de ma Patrie. Également, avec le souci de barrer la route à Jean Charest afin qu’il demeure minoritaire, je voterai PQ dans Gouin. Je considère que Françoise David est davantage un obstacle à l’indépendance du Québec que Pauline Marois, cette dernière sera probablement remplacée sous peu si le PQ a l’audace de faire une biopsie sensée de ses campagnes où ça lève tout simplement pas au plan national depuis 2003 ou suite au départ de Jacques Parizeau.

Par ailleurs, je ne pourrais jamais voter pour ce parti du pluralisme intégral nommé QS qui a endossé le rapport Bouchard-Taylor sans même avoir pris la peine de le lire. Je ne peux être d’accord avec ce concept de laïcité ouverte, parce que, justement, ça n’a rien à voir avec la laïcité. Il doit y avoir une séparation claire et nette entre l’État et la religion sous toutes ses formes.

En réponse à Bouchard et Taylor, les Québécoises et les Québécois n’ont pas à se sentir coupables parce qu’ils ont un certain ressentiment face à ces nouveaux arrivants attachés à leurs coutumes et à leurs religions, qui adoptent massivement une culture et une langue étrangère à la majorité en s’installant ici et en se distinguant de la majorité depuis des générations.

Maintenant, avant de conclure et en soutien pour les braves gens de Beaumont, de Lévis et de l’Île d’Orléans qui vivent une autre forme de colonisation, j’aimerais suggérer au roi neigre Paul de Sagard que s’il tient tant à son projet de Rabaska à marde, qu’il devrait revoir ça avec son valet de chambre John James pour relocaliser ça sur les rives de son domaine de Sagard.

En conclusion, Vive Hérouxville !

Daniel Sénéchal
Montréal

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • Prorogation et campagne provinciale
    8 décembre 2008, par O

    Le combat pour la biodiversité.

    En agriculture, on connaît maintenant les dangers d’une monoculture : appauvrissement des sols, vulnérabilité aux parasites… En élevage, les races pures, reproduites entre elles, se privent de cette vigueur hybride qu’apporte le sang nouveau… Une jungle d’où disparaîtraient les rongeurs débalancerait la chaîne alimentaire jusqu’à affecter la flore et la faune au point de créer une forêt morte sans floraison, sans oiseaux, ultimement sans eau et sans végétation.

    Et ces choses-là arrivent. Une espèce qui n’a pu empêcher la réduction de sa masse critique avant de perdre sa capacité de reproduction est vouée à la disparition. Par la pression des espèces avoisinantes, des mutations se produiront et rapidement les derniers représentants de l’espèce affaiblie prendront l’apparence de leurs voisins et perdront leur caractère propre.

    Homo quebecensis a manqué de prudence. Pour profiter d’un mode de vie moderne, politiquement correct, il a réduit le nombre de ses dépendants, travaillé pour des multinationales apparemment rémunératrices, voyagé comme cigale, connu le monde, l’a accueilli ouvertement sans contraintes, l’a imité sans retenue, l’a installé aux postes de commandes pour administrer sa vie, sans observer qu’il n’a pas protégé son habitat. Aujourd’hui, ses gestionnaires le disent rétrograde s’il s’exprime comme ses ancêtres, s’il resserre trop les rangs entre semblables, s’il célèbre les Fêtes qu’il a aimées, s’il crée des modèles trop près de sa culture, de sa distinction propre…

    Le Québécois est en danger d’extinction à un point si avancé qu’il a perdu la masse critique pour s’en rendre compte. Quand les espèces avoisinantes l’étouffent, il ne proteste plus, il se métamorphose en l’espèce étrangère pour éviter l’affrontement. Don’t you think so too ?

    Et le pouvoir de la GG ? Signer ou partir…


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