Promesses et mirages de la proportionnelle

Tribune libre de Vigile
samedi 9 juillet 2011
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Plusieurs souhaitent de tous leurs vœux nous voir adopter la proportionnelle dans les délais les plus brefs. Dans le texte que je consacrais à Pierre Curzi, j’abordais cette question, qui nous revient périodiquement tel un mantra. Je ne reviendrai pas sur ses avantages, plusieurs vigiliens y sont allés de bon cœur là-dessus. Contrairement à Michel Gendron, je crois que bien d’autres raisons que celles qu’il évoque ont fait sortir cette question de l’agenda péquiste. En tout respect, je crois que le PQ a manifesté là un sens du réalisme qu’il n’a pas toujours cultivé.

On peut toujours gloser sur l’exemple catalan (La Catalogne est indépendante depuis quand ?), nous faisons face ici à un système de représentation que nous connaissons bien, et tenter de suivre l’exemple de tout un chacun ne nous mènera nulle part si les conditions là-bas sont totalement différentes des nôtres. On nous fait valoir la quasi parfaite représentativité que constituerait la proportionnelle. La multiplication des partis ainsi créés aboutit en général à la dictature de minorités. Pas besoin d’aller bien loin ici pour voir quelle minorité y gagnerait, ce serait la minorité anglophone. Mais si c’est le souhait de la majorité d’avoir une proportionnelle qui aboutisse à ce résultat, c’est bien son droit. Par contre d’autres inconvénients subsistent.

Quand on examine la géographie du Québec, la proportionnelle donnerait un pouvoir énorme à la région métropolitaine et amenuiserait encore davantage le pouvoir des régions. Le système proportionnel ne donne aucun pouvoir aux régions, il leur enlèvera le petit peu que les disproportions du système actuel leur laissent. Or un système politique qui ne prévoit pas de représentation régionale est plus ou moins rapidement voué à l’échec. Ici au Québec, compte tenu de la représentation de la région métropolitaine, le maire de Montréal aura un pouvoir disproportionné, tout comme sa région. Et il ne faut pas trop compter que le maire de la métropole sera toujours un insignifiant comme Gérald Tremblay.

Les Américains ont une démocratie complexe certes, mais ils ont un système organisé ainsi, et force est de constater qu’il fonctionne bien. Ils ont même une chambre basée sur la proportionnelle. Ils pourraient nous servir d’exemple à bien des égards. Car ce système politique unique n’est pas le fruit du hasard. Ils l’ont discuté pendant dix ans, mais après avoir acquis leur liberté.

Car si j’ai des réserves sur le système proportionnel, je crois qu’il faudra en discuter, mais en son temps. Demander aux partis en situation de pouvoir de nous donner une proportionnelle est une perte de temps et d’énergie. Croire que le parti libéral va nous donner une proportionnelle pour nous faire accéder à l’indépendance est un fantasme. Et croire que le PQ va le faire pour s’affaiblir procède du même esprit. Nous nous égarons dans des discussions qui vont nous mener nulle part, au lieu de nous consacrer à l’essentiel. Plutôt que de demander au PQ de nous donner une proportionnelle pour accéder un jour à l’indépendance, ne serait-il pas plus judicieux de lui demander de nous permettre d’y arriver dans les prochaines années. Une fois indépendant, nous nous attèlerons à la tâche de rédiger une Constitution, et la représentation démographique et régionale devra faire partie des discussions.

Nous devrions donc mettre nos énergies à exiger du PQ qu’il précise sa démarche de gouvernance pour être sûr qu’elle nous conduira à l’indépendance. Les citoyens devront mettre la main à la pâte à travers les organisations citoyennes tout au cours de ce cheminement. Et une fois indépendant, nous pourrons discuter en toute liberté de tous les éléments de notre Constitution, et bien entendu, des modes de représentation. Ces discussions auront lieu pour les bonnes raisons, le système de représentation ne devrait pas et ne pourra pas de toute façon servir à nous mener à l’indépendance, mais l’indépendance nous imposera de tout étudier et d’adopter ce que nous croyons le mieux pour le Québec, pour son épanouissement politique, social et économique.

Commentaires

  • Humaniste lucide, 14 juillet 2011 16h52

    Promesses et mirages de la proportionnelle
    13 juillet 2011, par Michel Lepage

    "Avec un tel système lors d’une récente élection présidentielle française, Jean-Marie Le Pen aurait été élu président de la république avec 20% des voix. Heureusement que la France a adopté le système uninominal à deux tours,où pour être élu dans une circonscription un candidat se doit d’obtenir 50% des voix +1."

    Bref vous nous dites que la guerre civile aurait pu être évitée.Ce n’est pas vraiment un bonne argument en faveur du système à deux tours.

    Actuellement pour décrire la situation de la France, nous pourrions parler de guerres civiles à basses intensités. Même l’UMP de Sarkozy reconnait qu’il était dans l’erreur :

    http://www.fdesouche.com/205682-nicolas-sarkozy-%C2%ABnous-devons-nous-poser-la-question-de-limmigration-legale%C2%BB

    http://www.fdesouche.com/211723-gueant-%C2%ABcontrairement-a-une-legende-il-est-inexact-que-nous-ayons-besoin-de-talents-de-competences%C2%BB-issues-de-limmigration

    http://www.fdesouche.com/221236-andre-gerin-pcf-non-l%E2%80%99immigration-n%E2%80%99est-pas-une-chance-pour-la-france

  • Humaniste lucide, 13 juillet 2011 10h54

    A Forgues

    ’Revenir à l’essentiel, voilà mon message !’

    L’essentiel est ce que l’on a servi aux Québécois depuis le début. Et nous plafonnons à 47%. Pour 47% des québécois, avoir son propre pays est un raison suffisante. Mais pour 53% de la population, la question : Mais qu’est que j’y gagnerais ?
    , reste toujours sans réponse.

    Si nous en sommes à la situation actuelle, c’est qu’une majorité de militants commencent à réaliser qu’un enième campagne d’information sur les vertus de la souveraineté ne changera pas l’appui pour le ’Oui’.

    Le Québec sera une grande démocratie ou ne sera pas.

    Car un meilleur modèle politique est la seule chose que nous pouvons réellement garantir. Donc faites vous une raison, nous devons faire ce genre de débat. Une bonne stratégie reste essentiel, mais il est temps de mettre une peu plus de viande sur ce projet, afin de le rendre plus tangible. Ne pas l’avoir fait a permis à nos ennemis de nous définir comme des ’pelleteux de nuage’. Il faut savoir apprendre de nos erreurs, à un moment donné, et cessez de les répéter.

    L’idée de la coalition est excellente, mais elle ne rejoint que 47% de la population, elle ne changera strictement rien à la donne. Nous nous devons rendre l’indépendance plus désirable, si nous voulons l’appui d’une majorité de Québécois. Au fond, faire du Québec un pays par et pour les Québécois. N’est-pas cela l’essentiel ?

  • Michel Lepage, 13 juillet 2011 02h09

    Toute cette question de la proportionnelle, n’est pas la véritable cause du manque de démocratie de notre système électoral.

    Notre système électoral n’est pas démocratique à cause du système uninominal à un tour. Avec un tel système lors d’une récente élection présidentielle française, Jean-Marie Le Pen aurait été élu président de la république avec 20% des voix. Heureusement que la France a adopté le système uninominal à deux tours,où pour être élu dans une circonscription un candidat se doit d’obtenir 50% des voix +1.

    L’adoption d’un système uninominal à deux tours à tous les niveaux électifs,rehauserait le niveau de démocratie de notre société. Probablement que le gouvernement Conservateur de Stephen Harper ou l’administration municipale du maire Tremblay n’aurait pas passé le test d’un second tour de scrutin, et on ne se serait pas retrouvé avec des élus qui ne représentes qu’une vision minoritaire de la société qu’ils dirigent.

  • A Forgues, 12 juillet 2011 11h11

    La légitimité,
    Que de bla, bla, par les auteurs sur la tribune sur Vigile.net au sujet de par exemple, une élection proportionnelle, la monnaie, etc, alors que le pouvoir d’une gouvernance souverainiste est aussi proche que la lune.
    À ces voyants de l’avenir, je suggère ceci, mettez vos idées bout à bout dans un document (livre) que l’électeur consultera au besoin.
    Actuellement, puis-je vous redire que vous tirez dans toutes les directions pour faire valoir quoi ? Le rêve ou le brouillard ? Comment faire comprendre que la légitimité est la base de notre stratégie.
    Pour la Nième fois, je vous demande de parler de stratégie afin d’installer un parti souverainiste majoritaire à la gouvernance lors de la prochaine élection, la suite appartient à une participation citoyenne à travers les élus.

    Déjà,la députation devrait sonner les cloches aux organisations de chaque comté pour analyser une coalition possible des partis souverainistes. À deux ans du prochain scrutin, la stratégie électorale devrait être au menu sur les patios et je constate que les souverainistes se contentent de croire aux miracles.

    Le député en place qui rejette la coalition n’est pas Québécois, c’est un ennemi car le Québec francophone en tant que peuple est en guerre pour sa survie, dans un avenir proche.

    Aux députés démissionnaires dont je déplore l’abandon du combat, je voudrais poser cette question. Combien d’électeurs avez-vous consultés avant votre geste ? Je ne crois pas errer si le nombre se compte avec les doigts d’une main.

    Revenir à l’essentiel, voilà mon message !

  • Humaniste Lucide, 11 juillet 2011 12h53

    M.Louis Champagne

    "
    L’exemple de la Constitution islandaise est tout au plus académique et sans grand intérêt. L’Islande, à la différence du Québec n’est colonisée par personne, elle a acquis son indépendance un peu avant la fin de la deuxième guerre mondiale. L’Islande n’écrit pas sa Constitution parce qu’elle est prise avec une Constitution étrangère comme nous, mais parce qu’elle faisait face à une dette abyssale et que des manifestations populaires ont suivi des plans d’austérité. L’Islande a été un bien trop mauvais élève pour donner des leçons à qui que ce soit."

    Je n’ai pas l’impression que vous êtes familier avec l’affaire "IceSave". En tous cas, un peuple qui refuse de se faire frauder et qui tient tête aux Britanniques. En s’opposant à son propre gouvernement par référendum, est à mes yeux un exemple.

    http://owni.fr/2011/04/20/islande-referendum-icesave-banques/

  • Ivan Parent, 11 juillet 2011 10h10

    Me. Cloutier écrit des textes clairs et précis. Ce Monsieur connaît le PQ plus que nous tous ici, il le connaît de l’intérieur. Nous pouvons être d’accord ou non avec ses assertions. M. Louis Champagne avec qui j’ai eu maille à partir déjà nous a proposé un texte exprimant sa pensée clairement. De la même manière nous pouvons, chacun, être ou ne pas être d’accord avec ses dires. Ce qui devient de plus en plus intolérable est l’attitude méprisable de déni et d’insultes personnelles qu’un certain écrivassier continue à vomir sur tout le monde qui n’est pas de son avis. Ça décourage d’écrire. Récemment et malheureusement, Vigile a perdu beaucoup de prestige et de crédibilité malgré quelques uns de ses correspondants qui nous pondent des textes d’une grande valeur, pondérés, au dessus des petites insultes personnelles. Je pense aux, Richard Le Hir, Henri Marineau, Pierre Cloutier, Claude G. Thompson, Marie-Hélène Morot-Sir et plusieurs autres que je ne peux tous nommer ici mais le problème est que quand on écrit, on ne sait jamais quelle connerie nous allons avoir comme commentaires du style ‘’écrivassier prolifique’’ dont je parlais précédemment, un vrai cancer que dis-je, une plaie. Dans le texte actuel, M. Champagne émet son opinion et il en a, bien sûr, parfaitement le droit. Jusque là, c’est civilisé. Pourquoi est-il nécessaire qu’un vitupérateur archi connu vienne ensuite insulter Pierre Cloutier. Ça n’apporte absolument rien au débat, au contraire, cela pourrit l’ambiance de Vigile qui devrait être un site où les commentateurs et les correspondants sont en droit d’attendre un minimum de respect dans une ambiance fraternelle même si les opinions peuvent différer.

    Nous recherchons le même but n’est-ce pas ? Les docteurs es zizanie qui rabaissent le site et le but recherché devraient avoir la décence de se taire quand ils n’ont rien à dire. C’est curieux mais ce sont ceux qui n’ont justement rien à dire qui veulent le plus qu’on le sache et qui sont les plus tapageurs, vantardises en prime. J’ai appris avec l’expérience de la vie que les personnes qui ont le plus de grandeur d’âme sont les plus discrètes et les plus aimables.

    Ivan Parent

  • Louis Champagne, 11 juillet 2011 01h02

    Mon cher Me Cloutier,

    Plutôt que de répondre à mes arguments, vous ergotez contre M. Barberis-Gervais. Si vous continuez à vous faire des ennemis partout, je ne pourrai pas vous réconcilier avec Pauline Marois. Comme vous ne répondez à aucun de mes arguments sur les programmes de 2005 et de 2011, force m’est de constater que vous les avez oubliés l’un et l’autre. M. Barberis-Gervais s’est donné la peine de mettre en ligne le programme 2005, auriez-vous la rigueur de le relire avant d’écrire. Vous éviteriez ainsi de vous tromper comme vous le faites et d’induire en erreur les lecteurs de Vigile.

    L’exemple de la Constitution islandaise est tout au plus académique et sans grand intérêt. L’Islande, à la différence du Québec n’est colonisée par personne, elle a acquis son indépendance un peu avant la fin de la deuxième guerre mondiale. L’Islande n’écrit pas sa Constitution parce qu’elle est prise avec une Constitution étrangère comme nous, mais parce qu’elle faisait face à une dette abyssale et que des manifestations populaires ont suivi des plans d’austérité. L’Islande a été un bien trop mauvais élève pour donner des leçons à qui que ce soit.

    Pour qu’une éventuelle constitution québécoise prenne forme, il faudra d’abord prendre le pouvoir pour ensuite réaliser notre indépendance. Comme je l’ai démontré, c’est parce que le PQ est cohérent avec son programme indépendantiste qu’il va se lancer dans cette rédaction aussitôt au pouvoir. Le sacro-saint programme 2005 prévoyait cet exercice après un référendum gagné.

    Personne n’a baptisé le PQ de 2005 PQLandry, PQBoisclair, PQCloutier ou je ne sais quoi encore. Vous n’impressionnez personne en défigurant le nom du PQ. De même, je souhaite que Pauline Marois ou son successeur ne change pas le programme 2011, il a été adopté par les membres. La mort dans l’âme, nous allons devoir nous passer de vos inestimables services ; nous proposer d’échanger votre vote en faveur du PQ pour le rejet du programme 2011 et au retour de celui de 2005 en dit malheureusement aussi long sur la grosseur de votre ego que sur votre manque de sens politique.

    Comme vous écrivez encore et toujours en forme de réquisitoire et que vous vous adressez à moi comme si j’étais un juge, le Tribunal en vient à la conclusion que l’accusation ne s’est pas acquittée de son obligation de faire une preuve un tant soi peu convaincante, que la plainte est à l’évidence frivole et sans fondement, et malgré un vibrant plaidoyer, le Tribunal rejette la plainte, le tout avec dépens au plaignant avec obligation de cesser son harcèlement contre un vrai militant de l’indépendance.

    Louis Champagne, ing.

  • Humaniste Lucide, 11 juillet 2011 00h25

    Une opposition forte, c’est jamais véritable le pouvoir. Les gens de gauche devraient y réfléchir avant d’appuyer cette idée. Les militants de gauche sont plus idéalistes que les gens de droite. Ce qui fait que les proportionnelles rend la création de parti plus attrayantes en cas de divergence d’opinion. Vous n’allez qu’à regarder la France, les partis de gauche pullulent. Et le seul qui prend le pouvoir à l’occasion n’a qu’un discours de gauche, mais un programme identique à la droite.

    Mêmes programmes, mais des bobards différents. Quel progrès !

    Les proportionnelles ne sont qu’une autre illusion de démocratie. Elle ne donne aucun nouveau pouvoir au peuple.
    Et dans le contexte actuelle, je pourrais décrire ces débats pour la proportionnelle comme des ’discussions byzantines’ dans cette oratoire souverainiste.

    http://joyeuxremuemeninges.bb-fr.com/t666-des-discussions-byzantines

    Pierre Cloutier

    Islande représente un courant de fond dans l’Europe. Un virage sur un modèle politique qui donne au peuple de véritable pouvoir. Après avoir été bafoué par leurs politiciens, qui les ont forcé à entrer dans une Union Européenne bâclée, la démocratie directe est sur toutes les lèvres.

    Attentez-vous à entendre parler de démocratie directe dans les prochaines années. Et très peu de proportionnelle.

  • robert barberis-gervais, 10 juillet 2011 21h48

    M.Champagne,

    Merci de citer le programme du Parti québécois de 2011. A mon tour de le citer.

    article 1 du programme 2011

    "Réaliser la souveraineté du Québec 
1.1 Réaliser la souveraineté du Québec 
Aspirant à la liberté politique, le Parti Québécois a pour objectif premier de réaliser la souveraineté du Québec à la suite d’une consultation de la population par référendum tenu au moment jugé approprié par le gouvernement.

    les articles 1.3a) et 1.3b).

    Un gouvernement souverainiste : 


    1.3 a) Fera adopter, par l’Assemblée nationale, une Constitution québécoise pour affirmer et établir juridiquement les éléments essentiels de l’identité québécoise. Ce texte fondamental intégrera une version amendée de la Charte des droits et libertés de la personne de façon à ce que, dans son interprétation et son application, il soit tenu compte du patrimoine historique et des valeurs fondamentales de la nation québécoise : la prédominance de la langue française, l’égalité entre les femmes et les hommes et la laïcité des institutions publiques ; 


    1.3 b) Créera une assemblée constituante à laquelle seront conviés à siéger tous les secteurs et les régions de la société québécoise ainsi que les nations autochtones et inuites du Québec afin d’écrire la constitution d’un Québec indépendant. (fin de la citation)

    Ce programme me convient.

    On pourrait proposer une démarche différente :
     
    que le Parti québécois, le lendemain de son élection, fasse une déclaration d’indépendance, par la voix des députés souverainistes élus, en dehors de l’Assemblée Nationale, pour respecter les règles du jeu de la Cour internationale de Justice ;
     
    que le Parti québécois convoque le plus vite possible, après l’élection, une constituante pour édicter une constitution citoyenne pour le Québec par et pour le peuple. (fin de la citation)

    Pour faire cette déclaration d’indépendance, il faut que le Parti québécois en obtienne le mandat lors d’une élection qui portera essentiellement et surtout sur "le projet de pays". Il faudra que le Parti québécois obtienne la majorité des députés en faveur de ce mandat. Ensuite. une constituante rédigera une Constitution d’un Québec indépendant et la proposera au peuple québécois qui exercera sa souveraineté en l’approuvant par référendum.

    On voit les différences entre les deux démarches. Je crois que la première, celle du programme du Parti québécois, a le plus de chances de réussir. Pourvu qu’on la comprenne et qu’on l’explique bien. C’est une question de jugement politique.

    C’est une question sérieuse qui se discute. Le problème vient du fait que la deuxième démarche est présentée comme la seule authentiquement indépendantiste, la seule courageuse, la seule qui est fidèle au programme sacro-saint 2005.

    Alors cela justifie le rejet de la non-courageuse, de la non-authentique, de l’infidèle Pauline Marois.

    Pourtant la démarche proposée par le programme du Parti québécois pourrait réussir à réaliser la souveraineté. Je parie sur elle et sur la volonté politique de l’équipe du Parti québécois, volonté qui doit être encouragée par la volonté populaire animée par les indépendantistes regroupés, par exemple, dans Cap sur l’indépendance. Ce pari mérite le respect et ne justifie en rien les attaques personnelles qui font interférence de façon nuisible. Si c’est nuisible, est-ce que c’est voulu ? La question se pose. Nous ne sommes pas des naïfs n’est-ce pas !

    Robert Barberis-Gervais, 10 juillet 2011

  • 10 juillet 2011 18h02

    Message à Louis Champagne

    [1] Vous n’avez pas besoin de BCBG pour vous défendre et êtes capable de le faire vous-même. BCBG n’a rien à proposer sauf des insultes.

    [2] Je dis et je l’ai écrit : je suis prêt à appuyer le PQMarois, à travailler d’arrache-pied à son élection et à inciter tous les indépendantistes à faire de même à 2 conditions :

    - que le PQMarois, le lendemain de son élection, fasse une déclaration d’indépendance, par la voix des députés souverainistes élus, en dehors de l’Assemblée Nationale, pour respecter les règles du jeu de la Cour internationale de Justice ;
    - que le PQMarois, convoque le plus vite possible, après l’élection, une constituante pour édicter une constitution citoyenne pour le Québec par et pour le peuple, comme le peuple islandais est en train de le faire.

    [3] Pas besoin de discuter à ce stade-ci de la proportionnelle ou autre formule électorale. La Constituante citoyenne s’en chargera et elle peut fort bien accoucher d’autre chose que d’une démocratie de représentation classique et traditionnelle et innover par des formules de démocratie directe, du référendum sur initiative populaire ou du tirage au sort. C’est le peuple qui est souverain. Pas les députés et les experts et c’est au peuple à rédiger la constitution en fonction de ses besoins.

    [4] C’est pour cela que je dis que votre proposition est prématurée. Pas besoin de subir les injures de BCBG pour autant. Allez ici : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/ et ici : http://www.stjornlagarad.is/english/ et vous allez comprendre c’est quoi une constitution citoyenne et vous allez comprendre ce qui se passe en Islande, qui est en train de donner une leçon au monde entier.

    [5] Mais évidemment, on ne peut pas demander à BCBG de comprendre cela. Il a trop le nez collé sur l’arbre pour voir la forêt. Que voulez-vous, c’est un fafan de Pauline Marois et un fafan, ça ne raisonne pas fort. Ça idolâtre. Pas pareil.

    [6] La constitution provinciale du PQMarois est un leurre. J’ai lu et je connais très bien le projet de loi déposé par Daniel Turp en 2008. Ce projet reconnait le partage des pouvoirs au Canada et exige le 2/3 des votes de l’Assemblée Nationale pour l’amender. Vous voyez le bourbier dans lequel nous serions plongés si les députés péquistes n’avaient pas ce nombre ?

    [7] Ce projet ne contient rien d’inédit et d’original qui en ferait une véritable constitution citoyenne au service du bien commun. C’est un projet provincial, limité, sans couleur, sans odeur et sans saveur.

    [8] On est loin d’une constitution citoyenne dans une République indépendante et souveraine, comme la petite République islandaise.

    [9] Quand on regarde ce qui se passe en Islande, on se rend compte que le peuple québécois, comparé au peuple islandais, est un peuple de DINOSAURES et le PQMarois n’échappe pas à la règle : vieux, dépassé, lourd, sans imagination, sans créativité, drabe, plate,ennuyant et provincialiste.

    Pierre Cloutier

  • Louis Champagne, 10 juillet 2011 13h03

    Je crois qu’une précision s’impose à la suite de mon commentaire. Je fais référence au programme 2011 du Parti Québécois. Pour éviter tout quiproquo, il faut citer au texte les articles 1.3a) et 1.3b).

    Un gouvernement souverainiste :
    a) Fera adopter, par l’Assemblée nationale, une Constitution québécoise pour affirmer et établir juridiquement les éléments essentiels de l’identité québécoise. Ce texte fondamental intégrera une version amendée de la Charte des droits et libertés de la personne de façon à ce que, dans son interprétation et son application, il soit tenu compte du patrimoine historique et des valeurs fondamentales de la nation québécoise : la prédominance de la langue française, l’égalité entre les femmes et les hommes et la laïcité des institutions publiques ;
    b) Créera une assemblée constituante à laquelle seront conviés à siéger tous les secteurs et les régions de la société québécoise ainsi que les nations autochtones et inuites du Québec afin d’écrire la constitution d’un Québec indépendant.

    Ces deux démarches ne peuvent se réaliser qu’une fois le PQ au pouvoir. Il me semble clair que le mode de représentation démocratique fait partie des discussions de l’item b). De plus, une assemblée constituante a pour mandat de proposer une Constitution à un État. Il peut donc se créer une certaine confusion entre les objets des articles a) et b). C’est un point que le PQ devrait clarifier et expliquer clairement. Quand j’écrivais que le PQ ne peut régler ça maintenant (la proportionnelle), en lisant le programme 2011, on déduit facilement qu’il lui faut le pouvoir pour y arriver.

    Comme il n’y a jamais eu d’assemblée constituante au Canada en 1867 lors des discussions sur la Confédération, ou en 1981 lors de son rapatriement par Trudeau, nous sommes peu familiers avec ce concept. Ce n’est qu’une raison de plus pour l’expliquer clairement à la population.

    De plus, les articles 1.3a) et 1.3b sont précédés de l’article 1.1 dont l’intitulé est : Réaliser la souveraineté du Québec
    1.1 Réaliser la souveraineté du Québec
    Aspirant à la liberté politique, le Parti Québécois a pour objectif premier de réaliser la souveraineté du Québec à la suite d’une consultation de la population par référendum tenu au moment jugé approprié par le gouvernement.

    Commentaire :

    Cette consultation de la population par référendum a "pour objectif de réaliser la souveraineté du Québec".
    Le référendum sera tenu "au moment jugé approprié par le gouvernement". Le programme ne dit pas sur quoi portera le référendum ni le libellé de la question mais le contexte permet de suggérer que le référendum portera sur la Constitution d’un Québec indépendant tel que précisé en 3 b). Ce serait alors différent des référendums de 1980 et l995.

    Le programme n’est pas plus précis sans doute volontairement. Est-ce que de demander des clarifications aujourd’hui, c’est demander de faire de la stratégie ouverte ? Un jour ou l’autre, il va bien falloir que le Parti québécois s’explique plus clairement.

    Mais pour le moment, comme dirait Gérald Larose, le dispositif est là pour réaliser la souveraineté. Le pays sera sur la table et les Québécois auront à décider s’ils préfèrent rester une province ou se doter d’un État souverain.

    Louis Chamapgne Ing., 10 juillet 2011

  • Louis Champagne, 9 juillet 2011 21h59

    Je viens de lire les commentaires à mon texte. M. Poulin en rajoute à ce que j’écrivais, je le remercie de ses commentaires judicieux. En ce qui concerne Me Pierre Cloutier, ses commentaires m’ont fort surpris à plus d’un titre,

    Tout d’abord, je n’écris pas pour faire rire ou amuser les Vigiliens, mais pour donner mon opinion. Je pourrais bien entendu émailler ma pensée de vocables pas toujours recommandables, certains pourraient apprécier, mais je crois que je manquerais de respect à la majorité de mes lecteurs en agissant ainsi. Il faut donc excuser mes textes drabes ; je tente d’aller à l’essentiel pour éviter des propos désagréables qui finissent par desservir la pensée de leurs utilisateurs.

    Ce qui m’a surpris chez vous, Me Cloutier, c’est l’affirmation qu’une constituante citoyenne pourrait régler ça (la proportionnelle) rapidement. J’ai là-dessus deux commentaires. Tout d’abord, sans mandat de l’Assemblée nationale, sans son adoption par la même Assemblée, la Constitution résultant de ce processus ne serait que du blabla, du parler pour rien dire. J’ai écrit que ni le parti libéral (je répète que je sais que je fais une faute d’orthographe en écrivant ainsi, mais je ne peux plus considérer que le nom parti associé ainsi à l’épithète libéral constitue un nom propre), ni le PQ ne vont mandater qui que ce soit pour faire ça maintenant. Ce qui me surprend par contre, c’est que dans le sacro-saint programme 2005, il fallait une victoire du Oui à un référendum pour déclencher le processus de Constituante, comme je le suggère ; alors que dans votre texte, vous affirmez qu’on pourrait le déclencher très rapidement, dès maintenant. Or, si vous regardez d’un peu plus près le programme 2011 du PQ, honni par vous, la Constituante est déclenchée avant tout référendum, donc comme vous le suggérez en commentaire. Et dire que je croyais mériter votre appui pour ma proposition !

    J’en suis stupéfait Me Cloutier, j’en reste pantois. Il y a toutefois du positif à tirer de votre texte. Donnez-moi encore une semaine ou deux, et un tout petit effort de votre part, et je vous promets en contrepartie que je vous ferai aimer d’amour Mme Marois à votre insu. Et que vous allez finir par voter pour le PQ plutôt que pour le tandem Sirois-Legault.

  • robert barberis-gervais, 9 juillet 2011 21h22

    Décidément, Pierre Cloutier, vous avez de la suite dans les idées. Ça fait au moins vingt fois que vous répétez les mêmes affirmations gratuites et non prouvées.

    Vous fermez totalement la porte à une autre compréhension que la vôtre du programme du Parti québécois. Et évidemment, vous fermez la porte à double tour à des modifications ou des clarifications réclamées par Louis Champagne et qui tiendraient compte de la nouvelle donne politique créée par les élections fédérales du 2 mai et par les démissions de députés péquistes.

    Que diriez-vous si on traitait de niaiseries vos marottes sur l’abolition des partis politiques ou sur la présentation de 125 candidats indépendantistes indépendants.

    Que penseriez-vous si on disait que vous êtes un petit agitateur professionnel dont la seule ambition à court terme est d’empêcher à tout prix Pauline Marois de devenir première ministre du Québec.

    Que diriez-vous si on disait à chacune de vos interventions (fort nombreuses ces temps-ci, un peu trop à mon avis : avez-vous pris des parts dans Vigile ?) : "on n’a pas de temps à perdre avec ces niaiseries"

    Vous essayez de nuire au seul parti, le Parti québécois, qui peut battre Jean Charest et faire progresser le Québec et par conséquent faire progresser le mouvement indépendantiste.

    Que diriez-vous si on disait qu’il faut se méfier des radicaux matamores dans votre genre qui découragent toute discussion par des attaques personnelles ad hominem et des fatwas intimidantes.

    Décidément, vos affirmations péremptoires ne prouvent rien sinon que vous carburez à l’esprit de vengeance. Selon Heidegger :

    "La vengeance ne cherche pas seulement à attraper, à capter, à prendre possession. Elle ne cherche pas non plus à abattre simplement ce qu’elle suit à la trace. Cette chasse qu’est la vengeance s’oppose d’avance à ce sur quoi elle se venge. Elle s’y oppose de telle manière qu’elle le rabaisse, pour se placer elle-même, en face de ce qu’elle rabaisse, dans une position supérieure, et ainsi restaurer sa propre importance, tenue pour la seule qui compte. Car la soif de vengeance est excitée par le sentiment d’être vaincu et lésé. (Heidegger)

    Si vous continuez dans ce style radio-poubelle, vous aurez de moins en moins de lecteurs. Tout le monde sait que vous avez "le sentiment d’avoir été vaincu et lésé" autour du programme de 2005. Par le ton de vos interventions, on voit ce que vous tenez à rabaisser pour vous placer dans une poisition supérieure.

    Tout le monde est conscient que vous tenez à "restaurer votre propre importance".

    Resaissez-vous pour préserver le peu qu’il vous reste de crédibilité. Contrôlez et dominez vos pulsions de haine et de vengeance. Je ne vous demande pas d’essayer d’être un rassembleur au lieu d’être un diviseur. Ce serait au-delà de vos capacités.

    Robert Barberis-Gervais, 9 juillet 2011

  • 9 juillet 2011 19h38

    Sans m’attaquer aux bons points des uns et des autres sur les différents systèmes électoraux, j’ajouterais ceci. La démocratie n’est pas garantie par l’architecture électorale mais par les bonnes moeurs politiques, celles de l’élite appelée à occuper les postes du pouvoir. La revalorisation de la démocratie n’a pas fini d’attendre...car l’Occident (et le Québec n’y échappe pas), ne produit plus une masse critique de ces hommes prêts à lutter corps et âme pour le bien commun. Deviser sur les structures n’y changera rien.

    GV

  • Marcel Haché, 9 juillet 2011 18h42

    Il n’y a pas que des inconvénients dans le système électoral britannique. Les avantages y sont décisifs. Il n’en tient qu’aux indépendantistes d’en bien profiter.

    La démocratie, ce n’est pas la multiplication des partis, non plus que la représentation la plus que parfaite. La démocratie, c’est aussi la gestion et la gouvernance des affaires des hommes et des femmes, certains diraient des citoyens et des citoyennes.

    La Charte canadienne des droits est un carcan (très démocratique), alors que l’Angleterre n’a pas de Constitution. Le sens démocratique n’est pas moins élevé en Angleterre par rapport à ce qu’il est au Canada.

    Quelle importance si Québec Solidaire avait actuellement un ou deux autres députés pour seconder Amir Khadir. Cela n’empêcherait pas Charest d’imposer son agenda, et dans son cas, son mauvais agenda.

    Il n’y a rien dans la proportionnelle pour intéresser l’électorat, encore moins le mobiliser, sans quoi, il y a belle lurette que des carriéristes, de gauche et de droite, y auraient trouvé avantage.

  • Raymond Poulin, 9 juillet 2011 14h24

    La proportionnelle intégrale est une plaie politique qui aboutit, en système multipartite, à des coalitions à répétition où les mêmes coalisés finissent par conserver le pouvoir presque indéfiniment à moins d’une faute majeure révoltant l’opinion, de sorte que la coalition gagnante finit toujours dans le copinage et les renvois d’ascenseur. Aucun parti ne peut appliquer le programme pour lequel ses supporters ont voté, et on en arrive forcément à des compromis boîteux qui ont très rarement, sinon jamais, à voir avec les besoins réels à moyen et long terme. Les cas italien et belge sont éclairants là-dessus depuis des années.

    Par ailleurs, compte tenu de la répartition démographique au Québec, il est vrai que les régions compteraient alors pour du beurre et que les voix des Anglo-québécois acquerraient plus de poids.

    Compte tenu des disparités régionales, tant sur les plans du poids démographique et des mentalités que des besoins, appliquer la proportionnelle au Québec servirait encore plus mal la démocratie que le système actuel. Il serait mieux avisé de troquer le scrutin uninominal à un tour pour un scrutin uninominal à deux tours.

  • 9 juillet 2011 12h29

    Pourquoi perdre notre temps à discuter de cette question alors qu’une constituante citoyenne pourrait être mise rapidement en place pour régler tout cela ?

    C’est vraiment mettre la charrue avant les boeufs.

    Vous vous faites des idées en pensant que le PQMarois va préciser sa pensée sur l’accession à l’indépendance. Le plan Marois est clair. Ce sera la gouvernance provinciale déguisée en gouvernance souverainiste et un référendum dans la semaine des 4 jeudis.

    Il n’y a rien d’inédit, de créatif et de mobilisateur là-dedans. C’est plate et c’est drabe.

    C’est un programme fait sur mesure par et pour des petits politiciens professionnels provincialistes dont la seule ambition à court terme est de gouverner la province de Québec.

    Inodore, incolore et sans saveur.

    On n’a pas de temps à perdre avec ces niaiseries.

    Pierre Cloutier

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