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« Au sein de cette majorité dominante, on se drape dans le langage des droits pour bilinguiser le Québec et ainsi empêcher la minorité que nous sommes, à l’échelle de l’Amérique du Nord, de prendre tous les moyens nécessaires pour accueillir les nouveaux arrivants en leur transmettant la langue française qui est au coeur de notre identité.  »   Louise Beaudoin - source
             
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Profiter des circonstances


On m’a fait l’honneur, samedi dernier, le 13 juin, de la première page du cahier Perspectives, au sujet d’un extrait de la conférence que j’ai prononcée devant IPSO (Les intellectuels pour la souveraineté) — reproduite intégralement sur Internet (Vigile.net). Quelques jours plus tôt, Michel David proposait, sur le même sujet, que l’on m’enferme, suivant en cela les traces de Diane Francis, du temps qu’elle dirigeait le Financial Post.

Le plus surprenant dans la charge du 13 juin est qu’elle n’est pas signée ou plutôt elle est signée Le Devoir. C’est le seul texte du cahier Perspectives où l’auteur s’est caché derrière le journal. Que craignait-il ? Il dit suffisamment de bien de M. Charest et des libéraux pour n’avoir rien à se reprocher. Au contraire, des extraits bien choisis vont sans doute être lus à l’Assemblée nationale.

On trouve dans ce texte toutes espèces de choses étonnantes dont je ne relèverai qu’une seule. On peut se demander, dit l’auteur, si on peut créer une crise de toutes pièces. Bien sûr que non. Il faut profiter des circonstances. Se souvenait-il, l’auteur, de cette crise de 1992 à laquelle Le Devoir avait si brillamment et si efficacement contribué ?

Meech avait échoué. La Commission Bélanger-Campeau avait recommandé, entre autres choses, la tenue d’un référendum sur la souveraineté, au plus tard le 12 octobre 1992. Le gouvernement s’était engagé du bout des lèvres à le tenir, mais cherchait à s’en dégager. L’opposition fit alors signer une pétition par un million de personnes. Ottawa vint en renfort avec un projet de refonte de la Constitution (l’entente de Charlottetown). Tous les premiers ministres et cinq chefs autochtones signèrent le document. Des référendums eurent lieu, au Québec, dans les autres provinces et chez les Autochtones. Les trois groupes rejetèrent le projet, mais c’est au Québec que le rejet fut le plus marqué.

Des années d’efforts pour régulariser la place du Québec dans le giron fédéral échouaient. Les chefs politiques étaient désavoués, tous et ensemble. Le Devoir avait joué un rôle magnifique, formidable, en publiant un éditorial d’un seul mot dont les lettres de 7 ou 8 centimètres de hauteur éclataient sur le papier blanc : Non. À cette époque, on n’avait pas peur des mots.

Je termine en soulignant que, à l’occasion de ma conférence dont un extrait fait un tel pétard au Devoir, j’ai indiqué le bien que je pense de la démarche de madame Marois ; comme on peut le constater en écoutant ma conférence sur Vigile.net. Il n’y a pas de querelles entre nous. Que de l’estime.

*****

Précision

Il n’y a ni cachotterie ni malice dans le fait que le texte « Un casse-tête pour Marois, un cadeau pour Charest » auquel M. Parizeau fait référence ne soit pas signé. C’est une bête erreur technique qui, à la mise en page, a fait disparaître la signature de notre correspondant parlementaire Robert Dutrisac. Et comme tous les reportages du cahier Perspectives, auquel M. Dutrisac contribue quasi chaque semaine, il s’agit là d’une analyse et non d’une opinion, genre réservé à la chronique... et à l’éditorial.

La direction du Devoir



Source
http://www.ledevoir.com/2009/06/16/255253.html




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