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Dinu, le cousin de Viktor, a combattu aux côtés de l’armée russe en Afghanistan.
Il en est revenu sans blessure apparente
mais sans toute sa tête. Il pensait avoir laissé la guerre derrière lui.
Elle l’attendait. Elle était partout.
La nuit, elle le réveillait. Le jour, elle le traquait.
« À leur retour, explique Natalia, la femme de Viktor,
beaucoup de soldats ont sombré dans l’alcool. Ils étaient méconnaissables. »
Ce n’est pas parce qu’une guerre prend fin
qu’elle s’arrête.
Un jour, alors que Dinu était resté seul à la maison avec son frère,
il s’est emparé d’une hache et l’a tué. L’enfant avait dix ans.
Dinu l’avait pris pour un ennemi.
À la suite du meurtre de son petit frère, le jeune soldat a été interné.
Grâce à Viktor, il a malgré tout pu étudier la mécanique à laquelle il s’intéressait
à l’aide d’ouvrages qu’il lui apportait.
Quelques années plus tard, à sa sortie, il s’est trouvé un emploi dans un garage,
à Chisinau, la capitale de son pays, loin de sa famille,
loin des gens qui savaient.
Une guerre n’est pas une mission de reconstruction. Elle fait des victimes.
Même chez les survivants. Même chez ceux qui s’en tirent sans une égratignure.
La guerre, c’est le spectacle de la peur, de la mort, du sang, de la chair brûlée,
des bombardements, des tirs, des cris, des larmes,
des poings levés vers le ciel maudit.
La guerre, ce sont les couvertures jetées
sur ce qu’il reste de ceux qui ont été.
En l’espace d’une semaine, deux soldats québécois ont perdu la vie en Afghanistan.
Un autre se l’est enlevée.
On leur avait dit qu’ils devaient aider les Afghans à rebâtir leur pays.
Ils l’ont cru. Ils ne sont pas morts en vain…
Nous avons dit non à la guerre de Bush en Irak.
Nous avons dit non à la guerre d’Olmert au Liban.
Pourquoi ce silence de mort face à celle du Canada en Afghanistan
à laquelle des Québécois participent ?

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