@ M. Archambault.
Une société bloquée est celle qui n’arrive pas à renouveler ni son discours, ni fondamentalement ses législations, ni son personnel politique. Cette société est satisfaite, en apparence, et ne rêve plus. Le gouvernement de cette société peut être stable très longtemps, et l’opposition, contrainte en quelque sorte, trouver ses avantages à la situation, accentuant le phénomène.
Cette situation paraît alors convenir au plus grand nombre. Les longs règnes de certains gouvernements, par ailleurs très démocratiquement élus, témoignent de ces sociétés bloquées.
Notre question nationale, elle, ne peut pas, sans risque, laisser perdurer quelque blocage que ce soit. Question de démographie. La fenêtre de temps qu’il reste aux indépendantistes n’est pas si grande. Je suis de ceux qui pensent que le temps presse.
Quant à savoir qu’il reste du temps avant un prochain congrès du P.Q., je n’attache pas beaucoup d’importance, personnellement, ni à un congrès, ni à un programme. Mais à un discours politique, oui. Cela engage plus, quant à moi, que tous les congrès, les réunions dans le coin, les procédures, tout ce que René Lévesque appelait les chinoiseries (toutes nécessaires qu’elles soient).
Si Pauline Marois ne dit rien, mais laisse dire La Presse, c’est elle alors qui le dit. Le combat politique n’est pas seulement parlementaire. Il est très médiatique. Cela fait partie maintenant de la révolution internet. D’ailleurs, à moins que Pauline ne démente tout, c’est bien ce qu’affirme Gesca que l’opinion publique retiendra.
@Michel G. les rouges ne réclament plus rien pour deux raisons principales. La première raison tient à leur base électorale. Ils en deviennent paresseux. Et comme les défauts(ou les qualités) s’agglutinent chacun autour d’autres défauts, les rouges deviennent arrogants. Paresseux et arrogants. Menteurs aussi. Mais la deuxième raison---je crois bien que vous serez en désaccord---tient à l’action molle du P.Q., qui ne se distingue pas véritablement des rouges. Au train où vont les choses, bleues et rouges vont finir par faire front commun autour d’une insipidité comme « le fruit n’est pas mûr ».
@ m. Bousquet. Vous avez raison. Mais la ferveur souverainiste, non plus que la ferveur indépendantiste, ne va pas lever en tenant le discours molasson de ses adversaires, qui sont incidemment des démissionnaires.