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Si l’on excepte la loi 104, adoptée en 2002 pour empêcher l’accès à l’école anglaise par le détour du secteur privé non subventionné, aucun premier ministre péquiste n’a osé renforcer la loi 101.
Au congrès d’août 1993, les militants péquistes avaient résolu de revenir aux dispositions originelles de la Charte de la langue française, affaiblie au fil des ans par les décisions de la Cour suprême, mais Jacques Parizeau n’en a tenu aucun compte. À l’approche du référendum, tout le monde a compris qu’il avait d’autres chats à fouetter.
Au lendemain du référendum, Lucien Bouchard s’est aliéné les militants en refusant d’abroger la loi 86, adoptée par le gouvernement Bourassa, qui avait notamment rétabli le bilinguisme dans l’affichage commercial.
En 2000, M. Bouchard a autorisé la création de la commission Larose sur la situation et l’avenir de la langue française simplement pour compenser son refus d’étendre au cégep les dispositions qui régissent l’accès à l’école primaire et secondaire anglaise. Encore aujourd’hui, la question du cégep divise le PQ.
Pour mieux faire accepter leurs réticences à renforcer la loi 101, les chefs péquistes ont répété l’un après l’autre que le meilleur amendement serait de faire du Québec un État souverain, comme Camille Laurin l’avait dit au départ.
Il faut reconnaître à Pauline Marois le mérite d’être conséquente dans ses propositions. Maintenant que le référendum a été reporté aux calendes grecques, la question linguistique doit être abordée dans une perspective où le Québec pourrait demeurer membre de la fédération canadienne encore longtemps.
Une législation linguistique demeurerait sans doute nécessaire dans un Québec souverain, mais on peut raisonnablement penser que le prestige et la force d’attraction du français auprès des nouveaux arrivants se trouveraient renforcés de façon significative.
Tant qu’il ne réussira pas à convaincre une majorité de Québécois qu’ils ne sont pas nécessairement nés pour une province, le PQ aura toutefois le devoir de préserver l’essentiel, avec ou sans souveraineté. Le sens du projet souverainiste est précisément d’assurer la protection et l’épanouissement de la langue et de la culture françaises. Une « nouvelle loi 101 », plus incisive que l’actuelle, s’impose.
Il se peut qu’une plus grande sécurité culturelle rende la souveraineté moins impérieuse aux yeux de la population, mais adopter la politique du pire et laisser les choses se détériorer dans l’espoir de provoquer un sursaut de nationalisme serait irresponsable.
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Selon le récent sondage Léger Marketing-Le Devoir, 56 % des francophones estiment que le gouvernement Charest défend mal la langue française. Depuis cinq ans, il n’a jamais donné l’impression d’avoir une vision d’ensemble de la question. Il se contente plutôt d’éteindre les feux en improvisant quelques mesures ponctuelles et insignifiantes.
Sans le cafouillage à l’Office québécois de la langue française, la ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, n’aurait sans doute pas vu la nécessité de présenter un plan d’action.
Dans la précipitation du moment, elle a annoncé la tenue d’un grand sommet sur la francisation des entreprises au mois de mai. À la réflexion, on s’est rendu compte qu’il n’était pas possible d’organiser une rencontre le moindrement sérieuse dans des délais aussi courts. Le tout a été discrètement reporté à l’automne.
Il a fallu une enquête du Devoir pour donner la mesure du laxisme dans l’application des dispositions de la loi relatives à la langue de l’Administration. La ministre semblait ignorer totalement que des organismes publics, comme la Régie de l’assurance maladie ou la Société de l’assurance automobile, correspondent en anglais avec les immigrants, même ceux qui parlent français.
On a également appris que le gouvernement lui-même, notamment le ministère du Revenu, négociait en anglais avec des entreprises du Québec, alors que la loi stipule clairement que toutes les communications doivent se faire uniquement en français. Quelle sera la prochaine surprise ?
Remarquez, le gouvernement péquiste n’était guère plus vigilant. Même quand il est devenu évident que les « conditions gagnantes » ne seraient pas au rendez-vous, aucun resserrement de la loi 101 n’a été envisagé. Au contraire, les fonctionnaires trop tatillons ont été accusés de faire du zèle.
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On se doute bien qu’en choisissant de dévoiler dès maintenant un élément important de sa plate-forme électorale, Mme Marois avait aussi des motivations partisanes. Depuis le printemps dernier, le PQ et l’ADQ se livrent à une véritable surenchère sur le thème de l’identité qui, jusqu’à présent, a tourné à l’avantage du PQ.
Mario Dumont aurait pu prendre l’initiative dès le départ dans le dossier linguistique, mais il a préféré miser sur l’immigration. Peut-être a-t-il estimé qu’un resserrement des dispositions de la loi 101 n’était pas de nature à favoriser le rapprochement que l’ADQ avait esquissé avec les municipalités défusionnistes de l’ouest de l’île de Montréal.
Pour le moment, avec 18 % des intentions de vote, l’ADQ ne présente pas une très grande menace pour le PQ. Mme Marois doit plutôt se préoccuper de remobiliser son propre parti. Elle aura certainement plus de succès auprès des militants en proposant de renforcer la Charte de la langue française qu’en voulant rendre les élèves québécois parfaitement bilingues.
Au PQ, on explique que la loi 101 a subi tellement de modifications au cours des trente dernières années qu’elle est devenue un véritable fouillis. Il vaut donc mieux la réécrire en entier que d’embrouiller encore les choses par de nouveaux amendements.
C’est bien possible, mais il y a aussi une dimension symbolique dans ce second début. Le discours souverainiste a changé si souvent qu’il n’est pas inutile de rappeler qu’au commencement, il y avait la langue.
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mdavid@ledevoir.com
La question linguistique n’est pas l’affaire que du PQ. C’est l’affaire de tous les partis politiques du Québec. Les Libéraux doivent aussi respecter les lois dont ils ont la responsabilité. Ils ne le font pas. Le PQ ne l’a pas fait non plus. Il y a longtemps que la langue de l’administration publique du Québec aurait dû être soulevée. Le rapport Plourde-Legault l’a fait et on l’a remisé sur les tablettes. La Commission Larose a écarté cette question à la demande du gouvernement Bouchard. Ne faisons pas de vagues, disait-on. Jean-François Lisée qui s’inquiète aujourd’hui des données, était le premier à véhiculer cette demande à l’époque.
Le grand problème, c’est que la langue, au Québec, est un cheval que l’on enfourche allègrement pour se faire élire, et que l’on considère comme une patate chaude une fois élu.
L’état du français au Québec ne peut plus se permettre de servir de hochet électoral pour parti en manque de popularité. C’est une question de survie pour une nation fragilisée par sa situation démographique et géographique. Il est temps de passer à une démarche plus vigoureuse, et de donner à cette langue ce dont elle a réellement besoin : un pays.
Voilà que les intellos, les journalistes, les politiciens et autres de même acabit, s’inquiètent maintenant de la situation du français et de l’attitude des Québécois qui, de plus en plus, optent pour le bilinguisme, dernière étape avant l’assimilation finale.
Depuis des années, ils ont temporisé par lâcheté, opportunisme et intérêt personnel, sous prétexte ne pas faire de « pepeine » aux Anglos et aux Allos originaires des anciennes colonies britanniques.
Ils sont tous en train de perdre éventuellement leur gagne-pain, c’est surtout cela qui les inquiète. Ils ont pactisé avec l’ennemi, les Radio-Pravda, les Devoir-Parisella et les Desmarais Gesca. Des filous ! Voilà ce qu’ils sont.
Ils craignent que le Québec profond qu’ils méprisaient au plus haut point, et c’est presque fait à entendre les réactions des Québécois sur les lignes ouvertes, ne leur serve plus de viande à pâtés. La population ne les écoute plus et ils croient qu’on les croira encore une fois maintenant. Trop peu, trop tard, à mon avis, à moins que ne survienne un vrai chef qui en fera son cheval de bataille.
Un ancien maire d’une ville dans les environs de Montréal me disait que la clique dite nationaliste et patriotique dont la plupart d’entre eux ont des appartements en France revenaient au Québec pour brasser la marmite de viande à pâtés lorsque le sentiment nationaliste était à la baisse. Et voilà que les copains mercenaires du fédéral se montrent le bout du nez. C’est compréhensible, c’est leur gagne-pain, la langue et le nationalisme.
Pour réaliser leurs ambitions personnelles, ils ont besoin que la population se mobilise. Je crains bien qu’ils soit trop tard.
Les voilà tous, y compris les politiciens souverainisss confrontés à leur propre turpitude et ils s’inquiètent maintenant du sort de notre pôvre langue française.
Nous avons été trahis !
Marie Mance Vallée

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