Merci !
Merci pour 2 choses :
la possibilité de répondre dans la plus grande simplicité à vos commentaires (pas de tataouinage de "je veux ton e-mail à tout prix") ;
d’exprimer vos convictions franchement, sans langue de bois !
Si le Québec, aussi démocratique soit-il, a besoin d’une chose,c’est de plus de démocratie encore. Il a besoin que le discours ne soit plus monopolisé par des bonzes de tout acabit et que "les choses se discutent pour ce qu’elles sont", enfin.
Que je diverge d’opinion avec vous, ...ce n’est pas bien grave ! Parce que justement, vous me la laissez exprimer. J’en veux plein d’autres comme vous au Québec et la réaction du DGE sur le "Rap des Liberaux" (YouTube) me fait bien plus peur que Mario Dumont, Jean Charest, Stephen Harper ou André Boisclair.
Maintenant, pour ce qui est des "attaques homophobes" contre Boisclair, ...il faudra admettre qu’on renage dans la démagogie. On peut traiter n’importe quel politicien d’imbécile, de menteur, de pourri ou de lavette, ...je ne vois pas pourquoi le mot tapette serait interdit. En ce qui me concerne, être hétéro ne dispense personne d’être une tapette et vice versa.
L’essentiel, je pense, c’est qu’on tourne, dangereusement aux yeux de certains, autour d’un thème quasi-tabou : quelles sont nos valeurs comme "nation" ?
On a contourné ce problème en usant d’une foule de raccourcis, dont le fameux débat bidon des "accomodements raisonnables". Je soulignerais seulement que le mot "religion" ne peut pas être entièrement dissocié des mots "idéologie", "vision du mondes" (cosmologie", consensus social ...et "valeurs". Qu’on fréquente un bâtisse ou l’autre, nos valeurs sont ce en quoi on croit... ! Et une bonne partie de ces "croyances" nous sont communes, qu’on se déclare athée, agnostique, libéral, marxiste, fan des Habs, sociétaire de Desjardins ou catholique. Pas toutes mais une bonne partie. Et quand elles sont menacèes ou mêmes dérangées, une vague de fond se fait sentir, malgré la difficulté qui reste à définir "pourquoi" on a réagi.
Même dans la question de l’homosexualité, trop de raccourci ont été utilisés pour "plugger" certains gestes qui en bout de ligne ne semblent rien règler... Mais c’est loin d’être le seul sujet qui fait entrer le fameux "train de valeurs collectives".
Or, si les "accomodements raisonnables" sont loin d’être la question qui semble la plus importantes pour les québécois durant ces élections (selon un sondage récent), il demeure que la formulation peu nous induire en erreur...
Et quand vous sentez la "menace d’un coup d’État", ...c’est en fait que vous avez "mal à vos valeurs"...
Je termine en disant que je ne vois aucun parti actuellement qui donne le ton juste sur les aspirations réelles des québécois en ce moment, aspirations qui ne sont pas claires non plus sur certains sujets, reconnaissons-le.
Quand je pense que l’Assemblée Nationale, et le Conseil du Trésor gèreront 60 MM$ de dollards en 2007 avec un espoir défendable d’équilibre budgétaire, j’ai ben de la misère à croire que notre problème est de "manquer d’argent". Il est vrai qu’on est écoeuré d’attendre dans les urgences mais garocher des budgets aux objectifs flous sur le problème ne va rien changer dans une industrie ou les dollards coulent à flot. Les travailleurs de la santé s’y épuisent et y épuisent leurs notables compétences. ...la structure (au risque de citer Dumont) est définitivement suspecte. Elle serait la seule explication plausible à mon avis.
Je pense que dans l’ordre les problèmes les plus cruciaux pour nous sont :
la mondialisation de l’économie et son effet (destructeur trop souvent ...) sur des pans entier de notre production et des emplois rattachés ;
la formulation d’une politique efficace pour marchander nos (astronomiques) ressources naturelles au profit de chacun d’entre nous (Eau douce, énergie, mines et fôrets, compétences, ...) ;
un examen "dédramatisé" de notre situation réelle face à ces ressources ( nous avons une position stratégique extraordinaire et bien qu’il faille protéger nos ressources et viser obligatoirement le dévelloppement durable, nous sommes en excellente position d’y arriver comparativement au reste du monde) ;
le respect du mode de vie choisi par les citoyens, des familles et des individus en matière sociale (...il faut cesser d’agir comme si les "garderies" étaient "obligatoires", comme si l’éducation ne pouvait laisser aucune place à la diversité et éviter de garocher des credo à travers les institutions de l’État tout en laissant au droit d’expression et d’association son plein exercice).
Je relis actuellement un vieux bouquin : "Le Québec en Mutation" par le sociologue Guy Rocher, 1973. Je pense que ce livre devrait être au chevet de bien des intellos durant cette campagne... Rien n’est parfait, mais ce livre touche la cible la plupart du temps. Ce qui est phénoménal, c’est qu’il le fasse après 34 ans, comme si le même débat avait été "botché" durant tout ce temps et qu’il devra se faire tôt ou tard !
Une de ses pensées : "L’autonomie politique du Québec ne protégera en rien sa culture si elle ne s’accompagne pas d’une vision claire de celle-ci et surtout d’une autonomie économique réelle. Or, le Québec et le reste du Canada ont le même problème a ce chapitre et c’est de lutter contre l’américanisation de leur société. Ils ne peuvent trouver les mêmes solutions, mais ils perdent leur temps à s’affronter...".
Note : (...je ne veux pas être ironique ici) le parti Nazi était un parti "National Socialiste", basé sur défense et la promotion de la "nation" et de l’identité allemande (où qu’elle se trouve en Europe), ...alors bafouée. Son instrument majeur d’action était la propagande sociale, diffusée de façon rigoureusement organisée (...ils servent encore de modèle) par toutes les institutions de l’État et tous les "émetteurs culturels" possibles. Leur objectif était de transformer la société allemande selon une philosophie élitiste, matérialiste où l’idéologie du parti devait devenir (progressivement) sa seule et suffisante ...religion.
Je recommande Karl D. Bracher, "Hitler et la dictature allemande" sur le sujet...
Salutations sympathiques
André-Philippe