Ce n’est pas sans un pincement au coeur que j’ai appris la saignée budgétaire faite à la SRC française. Je me suis dit encore une fois que la culture Québécoise et celle de nos amis canadiens-français ne signifiait pas grand chose pour la population majoritaire du Canada... Tous ont entendu les dénonciations de Pauline Marois soulignant l’importance de Radio-Cadenas pour la vitalité de notre culture. ( N’est-ce pas ironique ?) Que dire de la ministre St-Pierre atristée pour ses anciens collègues bientôt sur le canal Chômage. Le gouvernement et l’opposition québécois partagent la même grosse pé-peine. N’est-ce pas émouvant ? Pourtant, ils ont tous deux en main les moyens de régler le problème mais, pour des raisons obscures, n’ont pas osé y faire allusion devant les caméras : Pourquoi pas des nouvelles à télé-Québec ? Pourquoi pas plus de production ?
Ces coupures conservatrices à la SRC devraient une fois pour toutes guider les politiciens québécois vers la voie du gros bon sens : Qu’on se dote d’un véritable média national ! Si la production télévisuelle et les services d’information sont si vitaux pour notre culture, le temps n’est-il pas venu de renforcer le mandat et le financement de Télé-Québec ?
Libéraux et Péquistes n’ont-ils pas assez d’amour pour le Québec et de respect pour sa culture pour cesser d’endurer plus longtemps que cette dernière soit soumise à l’humeur d’une majorité indifférente à sa survie ? N’avons-nous pas assez de preuves pour agir ? Il est pourtant vrai que le CRTC décide de ce que Télé-Québec peut et ne peut diffuser ; que cela relève de la compétence fédérale et que les Libéraux de Charest préfèrent se faire griller les burnes au BBQ plutôt que de rouvrir le dossier constitutionnel et prouver que le Canada refusera toujours de changer pour nous être plus tolérable. Mais il y a urgence d’agir ! Se liguant contre le Fédéral, l’Assemblée Nationale n’aurait sûrement aucune peine à obtenir l’autorisation du CRTC afin de procéder à la réforme de Télé-Québec. Harper minoritaire n’osera jamais faire la preuve par 9 que le Canada s’objecterait constitutionnellement à la culture Québécoise. Le coût politique de cette largesse ne serait pas si grand pour lui et celle-ci lui donnerait sans doute le bénéfice de pouvoir dire que sa reconnaissance de la nation Québécoise n’est pas aussi bidon qu’on le prétend...
Donner les moyens d’être une véritable télé nationale à TQ est sans aucun doute la voie la plus raisonnable pour maintenir et assurer un niveau de service acceptable aux francophones du Québec, et par extension, des autres provinces. Je ne pousserai pas l’affront à exiger de nos politiciens timorés qu’ils rapatrient également l’actuel financement de la SRC pour mener à bien cette mission... Mais je tiens quand même à leur dire que je suis franchement tanné de me réveiller en entendant le ô-Canada lorsque que je me suis endormi devant la télé. Si ce n’est pas d’avoir trop bu la veille, c’est sûrement de savoir que mes taxes servent à diffuser cet hymne étranger qui me donne envie de vomir.
Quoiqu’il en soit, je laisse à notre élite le soin de décider si encore une fois, elle regardera prostrée et soumise le passage du train dans la nuit ou si cette fois, pour une fois, elle daignera bien allumer son fanal pour le faire ralentir et nous y faire monter...
Fred Labrie,
résident du grand Nord et non abonné au câble ( Et donc pogné à regarder ce qui restera de radio Cadenas après les coupures.)
