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Pourquoi pas un défilé historique au Carnaval ?
Évelyne Bouchard
Le Soleil (Opinions)
vendredi 8 février 2008


Monsieur Richard Blackburn du Carnaval de Québec a déclaré ceci, tel que rapporté par un média de la métropole : « Ce ne sera pas un défilé traditionnel et ce ne sera pas un défilé historique non plus. Ce n’est pas parce que c’est le 400e de Québec qu’on doit faire quelque chose d’historique ».

Son commentaire me touche énormément. Monsieur Blackburn n’est malheureusement pas le seul à émettre ce genre de commentaire. Le site Web du 400e en est rempli et à peu près chaque créateur ou promoteur d’un évènement du 400e tient le même discours.

On se défend en disant que le défilé — ou tout autre évènement — sera éclaté, du jamais vu, original, rassembleur, innovateur, festif, dynamique, urbain, contemporain et totalement nouveau. Est-ce que quelque chose à thème historique ne peut pas avoir aussi ces qualificatifs ?

Pourquoi ainsi dénigrer tout ce qui est historique ? Pourquoi avoir si peur de ce qui pourrait être historique ? Pourquoi ce sentiment de truc absolument rétrograde, déjà vu et moche si on parle de chose qui pourrait être à saveur historique ? Et si on ne promeut pas l’histoire quand c’est le 400e, quand en fera-t-on ?

Oui, je suis en accord que bien souvent les gens qui sont engagés pour faire des animations, des reconstitutions ou autre à thème historique, n’ont pas toutes les ressources et les connaissances pour arriver à créer quelque chose qui remplisse ce mandat avec brio. On navigue perpétuellement dans la voie de la « tite capine » et oui, cela reste déjà vu, redondant et souvent mauvais genre. On continue de surexploiter les clichés habituels afin de présenter notre histoire bien édulcorée et stéréotypée, mélangée à l’éternel style théâtre de rue, quand ce n’est pas un rallye, une chasse au trésor ou un spectacle son et lumière…

Lorsque que l’on a une culture bien étoffée sur son histoire, on la voit comme un outil merveilleux. Lorsque qu’on est fier de son histoire on n’a pas peur de la mettre en avant plan et de la promouvoir. Lorsqu’on respecte son histoire on la présente avec dynamisme et avantage. Lorsque qu’on maîtrise son histoire, on ne la rejette pas. Quand on connaît l’histoire d’ici, on sait son pouvoir de rêve, de fantaisie, de beauté, de divertissement et de culture quelle peut apporter au public. Quand on aime son histoire, on la fête !

***

Evelyne Bouchard

Consultante* en histoire

*L’auteure est une citoyenne de Québec « expatriée à Montréal », selon ses termes.

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