Je suis un citoyen d’une nation qui n’accepte pas qu’une autre nation la dirige. Alors, depuis que j’ai l’âge de comprendre la politique, disons l’âge de 7 ans, je suis un souverainiste. Cela fait 42 ans que j’appuie le Parti Québécois ou ses prédécesseurs et que je milite afin que le Québec devienne un pays. Je n’ai jamais abandonné et je n’abandonnerai jamais. Si j’étais né en 1752, j’aurais été souverainiste pour la même raison dès l’âge de 7 ans jusqu’à ma mort. Si j’étais né en 1830 par exemple, j’aurais encore une fois été souverainiste dès l’âge de 7 ans jusqu’à ma mort. Tout dépendant l’année de ma naissance, les outils pour obtenir un pays aurait variés. Pour le moment, l’outil est le Parti Québécois.
Bien sûr, le Parti Québécois ne peut être parfait, tout comme personne n’est parfait. À cet égard, je tente depuis quelques années, soit un peu avant que le Parti Québécois perde le pouvoir il y a deux mandats, d’influencer le Parti Québécois et le plus d’élites québécoises possibles (syndicats, associations, mouvements souverainistes, etc.), à parler de souveraineté, à faire des rapports entre la nécessité de l’indépendance et les événements, et à publier une compilation des raisons de faire du Québec un pays (je suggérais de publier et je suggère maintenant de jumeler la compilation intitulée Mille et une raisons de faire du Québec un pays, atteignant déjà 1380 raisons, à l’argumentaire que le PQ vient de préparer). On peut aussi, par exemple, être en désaccord avec certaines idées du PQ, telle que l’immersion anglaise pour nos enfants. Critiquons, oui, mais ce n’est pas une raison pour abandonner le PQ. De façon général, la politique linguistique du PQ est de loin préférable à celle du PLQ ou de l’ADQ. De toute façon, le PQ devra revenir sur cette idée de l’immersion. Cela ne sera jamais acceptée par les élites québécoises.
M. Robert Laplante, directeur de l’Action nationale écrivait bien le 13 décembre 2004 ce qui suit :
« Si le parti Québécois était sérieux, s’il était vraiment en mode ressourcement, s’il avait le moindre sens des obligations de sa mission historique, il ne laisserait jamais passer une séance de l’Assemblée nationale, il n’adresserait pas une seule question à ce gouvernement sans que référence se fasse à la nécessité de l’indépendance. Il ne critiquerait ces provinciaux qu’à partir du seul point de vue qui serve nos intérêts nationaux, celui de l’indépendance. Il ne se comporterait pas comme une opposition provinciale mais comme un parti aspirant à former un gouvernement souverainiste. Il commencerait d’ores et déjà à réclamer des élections. »
Cette tiédeur envers la souveraineté, me permet de comprendre la grogne chez certains souverainistes/indépendantistes, la création d’autres partis voulant faire du Québec un pays, et le retrait de la FTQ dans la présente campagne.
Malgré tout, le parti Québécois reste un parti souverainiste et prétendre le contraire serait de l’exagération et même de la démagogie. De plus, sa tièdeur vis-à-vis de la souveraineté, bien que contestable en tant que parti politique, reste le reflet de la société en général.
La société en général a abandonné le projet d’être libre. On sait bien que la quête de liberté demande de la persévérance et de l’effort. La liberté demande entre autres l’appui d’un peu plus que 60% des francophones. Elle demande à une majorité de ne pas abandonné le projet de liberté nécessaire depuis 249 ans. C’est tout un objectif. Par exemple, demandez à un groupe de fumeur de participer à un programme pour arrêter de fumer. Je suis persuadé que plusieurs abandonneront et que moins de 60% des participants cesseront de fumer pour de bons. Oui, au moins 40% abandonnerons et ce même s’il n’y a personne, contrairement au projet de la souveraineté, qui diront que fumer est bon pour la santé.
Le Québec est encore une province, parce que certains d’entre nous ont abandonné le projet de devenir libre.
Certains ont abandonné ou refusé de suivre Louis-Joseph Papineau, René Lévesque, Jacques Parizeau, André Boisclair, Bernard Landry, et j’en passe.
Certains représentants du Parti Québécois ont abandonné la volonté de promouvoir la souveraineté à tout moment.
Certains ont abandonné le Parti Québécois pour joindre les nouveaux partis souverainistes/indépendantistes/républicains sans prévoir un mécanisme de coalition.
Les syndicats, les associations étudiantes, artistes, maires, chefs d’entreprises et autres élites ont abandonné leur pouvoir de rassemblement autour du projet de liberté.
Les mouvements souverainistes ont aussi abandonné leur pouvoir de rassemblement autour du projet de liberté.
Allons-nous abandonner Pauline Marois ?
Daniel Roy, C.A.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
