POURQUOI JE N’AI JAMAIS MIS LE PIED À L’ASSEMBLÉE NATIONALE
(lire chambre d’assemblée du Québec)
D’abord un peu d’histoire ... L’acte constitutionnel de 1791 divise le territoire formant ainsi le Bas-Canada (nom qui peut être conçu par des paranoiques comme étant perjoratif), autorisant du même coup la formation d’un conseil exécutif, et d’une chambre d’assemblée, responsable conjointement avec le conseil législatif d’adopter certains lois. Il est a noter que la chambre d’assemblée, composée de cinquante membres, est ligotée dès le départ par les membres du conseil législatif nommés à vie – et héréditaire – par sa majesté ; et pour être certain, le président du conseil législatif est nommé par le gouverneur, sujet fidèle de sa majesté. Tout projet de loi devra être sanctionné par le conseil législatif, ensuite par sa majesté, qui a jusqu’à deux ans pour le désavouer !
Pour le premier conseil exécutif de neuf membres, cinq sont anglophones, et pour le conseil législatif de seize membres, neuf sont anglophones. Quatre de ceux-là siègent sur les deux. Pour une population de quelques 160,000 âmes, dont 150,000 sont des québécois, ces proportions sont garantie de frustration légitime. Il n’est pas surprenant que l’habitant n’est pas très impressionné par cette forme de démocratie.
Avec 50 députés la seule manière de faire fonctionner les premiers parlements est de baisser le quorum de 34 à 26, ensuite à 18, et finalement à 15 ! Les députés n’étant pas payés, on comprend rapidement que les anglophones, mieux nantis, exploitent leur présence en chambre, n’ayant pas besoin de travailler leurs terres afin de survivre loin du parlement. Les deux premiers sessions du premier parlement de moins de deux ans, sont accaparés à disputer amèrement la langue des procédures. Un seul bill est envoyé au souverain pour approbation, la loi de la milice ; indice des priorités ...
Le héros Louis-Joseph Papineau, en 1846 après 12 ans, a finalement été payé son salaire d’Orateur de l’assemblée par le colonisateur, après avoir été chassé du pays comme un criminel pendant huit ans, accusé de haute trahison avec un prix sur la tête, mort ou vivant, variant de 700,000$ à 1,900,000$ en dollars d’aujourd’hui selon la méthode de calcul. Il a réussi.
Le géant Alphonse Desjardins au tournant du siècle dernier, convaincu que les Québécois étaient capables comme tout le monde de gérer leur propres économies, a mené bataille courageusement pour fonder le mouvement des Caisses Populaires, contre le gouvernement fédéral, endossé par le cartel d’institutions financières toujours en place aujourd’hui. Il a réussi.
En 1930 en Inde, Mohandas Gandhi avec 78 fidèles a commencé ce qui est considéré aujourd’hui le lauréat mondial de la résistance passive, ‘La marche du sel’ ; 350 km. de marche afin de ramasser une poignée de sel de mer à la ville côtière de Dandi. Les colonisateurs britanniques trouvaient alors ça normal d’imposer une taxe sur cette denrée essentielle à la vie. 17 ans plus tard en 1947, après la violence déchainée par les colonialistes et la mort de centaines de protesteurs non-violents, l’Inde était libéré. Il a réussi.
En 1965, lorsque Jacques Parizeau projetait mettre sur pied la Caisse de dépôt et de placement, la ministre de la Santé nationale et du Bien-être social Judy Lamarsh faisait la déclaration saisissante suivante : ‘ la puissance d’un gouvernement (celui de Québec) possédant autant d’argent serait effarante. En contrôlant les capitaux d’investissement, il serait en position de dominer les affaires. On risquerait de déboucher sur une sorte de national-socialisme, tel qu’il s’exerçait dans l’Allemagne nazie.’ Il a réussi.
En 2009 Robert Finch, p.d.g. de la ligue monarchiste du Canada a osé dire que le mouvement républicain était un sujet de discussion qui n’intéresse nullement les canadiens ....’ Avec des amis comme cela, on n’a pas besoin d’ennemis.
Comme prétendait en mars 2009, le très respecté analyste Jeffrey Simpson du Globe and Mail, le rapport Québec-Ottawa est ‘une relation anormal’ - alors pourquoi le supporter ? Il n’est pas pour rien que le Canada est un chef de file mondial de production de pulpe de papier ; sa constitution n’est qu’un bâclage de cette matière première, et comme tout chateau de cartes, son destin est de s’effondre.
Pourquoi servons-nous sur un plateau d’argent ces acquis et des centaines d’autres tels Hydro-Québec, La Caisse, des ressources incalculables de minéraux, d’eau fraiche, et de vent, au très professionnel conservateur néo-libéral James John Charest ? Pourquoi permettons-nous le vol des ressources incalculables de gaz naturel par le gouvernement d’Ottawa sur lequel nous n’avons aucun contrôle, et qui détient les droits à tous les ressources sous nos pieds sans donner des redevances ?
Plutôt que laisser vaciller notre société inodore et incolore d’une crise à l’autre, poursuivant sa politique traditionnelle d’échine courbée - Courage ! n’oublions-pas que l’acte fondateur de la démocratie moderne aux États-Unis, le ‘Boston Tea Party’ en 1773, soit la destruction de propriété comme moyen de pression politique, est aujourd’hui classé comme acte de terrorisme par nos bourreaux ; et servons-nous de nos droits démocratiques, pacifiques et légaux, d’exprimer notre volonté de nous libérer.
Nous n’avons pas à voter dans le parlement du Mexique, ni dans l’assemblée de la Mongolie, alors pourquoi nous nous soumettons volontairement au supplice en votant dans le burlesque de parlement d’Ottawa, ou la confédération canadienne n’est que l’éternelle épine dans notre pied ? Que nous disions ‘Non merci’ à nos colonisateurs de la chambre d’assemblée bidon du Québec, que nous disions ‘Non merci’ à l’amnésie et l’occultation de l’histoire, ainsi que le négationnisme mathématique pratiqués couramment afin de nous endormir, et que nous disions ‘Oui à la république du Québec’.
La confédération canadienne n’a pas de raison d’être, elle n’a jamais respecté le Québec puisque pour connaître la vérité, elle a peur de lui – l’histoire, la logique, l’âme, et le coeur en font la preuve. La seule solution est de se serrer la main et de se séparer.
J’entrerai à l’Assemblée nationale du Québec lorsque nous l’aurions libérée.
