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« Une société conquérante s’est implantée à côté d’une autre, conquise, qu’elle a cherché, par tous les moyens, à détruire, en l’assimilant ; puis, devant son échec, elle a cherché à la subordonner à ses intérêts. Une subordination à laquelle elle a donné le visage du fédéralisme, ne pouvant ouvertement lui prêter celui de l’État unitaire, mais y rêvant toujours. »   Bernard Frappier Vigile.net
             
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Pour une "Révolution bleue"
Oserons-nous le faire et pousser plus loin pour chanter notre liberté ?
Nestor Turcotte
Tribune libre de Vigile
dimanche 6 mai 2007      647 visites      2 messages


Du loufoque calibré

Du théâtre de guignol. Du burlesque raffiné. Du loufoque calibré. Dernière scène d’un psychodrame trop longtemps affiché. La pièce joue ses dernières lignes devant un public parsemé. Les spectateurs, fatigués, désabusés, ont quitté la salle froide où l’enthousiasme a fait place à la morosité.

Jadis, les premiers sièges étaient occupés par une jeunesse pâmée. Surexcitée, elle piaffait d’impatience de bâtir le pays qu’elle continuait à chanter. Aujourd’hui, elle pitonne sur l’ordinateur, communique avec le monde extérieur oubliant que le sien est en train de s’effondrer.

Jadis, les militants chevronnés causaient entre eux. S’encourageaient, s’embrassaient, s’épaulaient. Aujourd’hui, ils ont quitté la grande salle enfumée. Ils sont allés vivre en silence leur désespoir, leur enthousiasme écrasé. Ils ont quitté les quartiers où ils étaient tant mobilisés. Ils ont senti la trahison orchestrée. Ils ont vu ce que les leurs étaient capables de faire, dans des attitudes bien camouflées. Capables de leur faire faire, en faisant semblant de croire à ce qu’ils les invitaient à croire, les bras croisés. Les militants, les plus vieux surtout, ont le cœur brisé, l’espérance amochée, les horizons bouchés.

Aujourd’hui, ils voient la chicane et le principe de la terre brûlée. Ils voient la magouille, la folie du pouvoir dans les esprits s’installer. Ils en ont marre de voir tout ce travail fait pour reprendre les vieilles guerres oubliées. C’est ce qui arrive quand on n’est pas capable de définir, de bien camper l’objectif qui doit être sans cesse bien gardé.

Sur la scène où les lumières se sont éteintes presque en simultanée, un profond silence s’est installé. Dans les coulisses, quelques-uns sont encore là à jaser. A se demander ce qu’il y a bien pu arriver. Quand un peuple ne reste pas sans cesse éveillé, il arrive qu’il se fasse bien fourrer parce ceux-là mêmes qui devaient les libérer.

Depuis la mise en scène du bon gouvernement en 1976, savamment présenté par des clowns longtemps préparés, je me tue à dire que le pays dont on nous a fait rêver n’est pas rivé aux tripes de ceux qui essaient de nous en parler. Plus de trente ans à faire semblant, en pensant qu’avec le temps, on finirait par oublier.

Je les ai vu faire. Tous ceux qui ne voulaient que le pouvoir afin, disaient-ils, de mieux réaliser le pays que nos ancêtres n’avaient pu faire lever. Je les ai vu manigancer les stratégies, faire des discours vides, oubliant de parler de l’unique réalité qui aurait dû les alimenter. Je les ai vu imaginer le pays à faire… sans en parler et à faire rêver le peuple en oubliant, volontairement, de leur dire quel prix il fallait payer.

Ils ont eu le pouvoir. Ils l’ont eu quatre fois plutôt qu’une, et ils s’en sont servis pour s’amuser. Engraisser leur pension. Les multiplier pour ceux qui, habilement, ont réussi à faire croire qu’il fallait aller dans l’autre pays pour batailler.

Est-ce qu’il faut recommencer ? OUI. OUI. OUI. Mais pas de la façon dont on s’est fait organiser. Il faut libérer le pouvoir enchaîné par des « faiseux » d’élections, qui ne pensent qu’à la prochaine, pour mieux engranger. Il faut créer le mouvement. Le faire à côté du pouvoir partisan, peu importe la couleur présentée. Celui qui conduit dans le cul-de-sac dans lequel le peuple, inconscient, a fini par accepter. Il faut libérer la parole. Il faut la donner à ceux qui peuvent convaincre, donner sans être payé, rassembler sans croire qu’on peut diviser, réunir sans crainte d’être absorbé.

Il faut une révolution bleue. Il faut un signe bleu. Il faut un discours bleu. On n’a pas besoin de la politique pour faire le pays rêvé. Il faut un cœur qui bat et une armée de combattants qui vibrent au rythme proposé.

Avec quelques sacrifices bien annoncés.

Oserons-nous le faire et pousser plus loin pour chanter notre liberté ?

Liberté 2008 ? Si on voulait, on pourrait y arriver.

Nestor Turcotte
Matane

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • Pour une "Révolution bleue"
    6 mai 2007, par Gilles Bousquet

    2008 est un peu vite M. Turcotte pour rêver à la souveraineté. Les Libéraux sont au pouvoir à Québec et c’est l’ADQ qui est l’opposition officielle pour un certain temps...probablement.

    Ça va prendre quelques années avant de savoir si le Québec va pouvoir augmenter ses "pouvoirs autonomistes" comme souhaité par l’ADQ sinon l’idée de souveraineté devrait revenir de l’avant mais...pas avant.

    En attendant les développements, ne soyez pas trop fatigués, désabusé ou morose, le temps arrange toutes choses.


  • Pour une "Révolution bleue"
    6 mai 2007, par Guy E. Trépanier

    Le Québec est un pays qui refuse tout simplement d’exister. C’est triste à voir.

    Mais un jour peut-être, et probablement par dépit, lorsque les fédéralistes n’en pourront plus, un étrange pays riche d’une culture époustouflante verra le jour en terre d’Amérique.



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