Ce texte est un commentaire en réponse à l’article de Denis Julien, publié le 28 septembre, intitulé « Les indépendantistes québécois doivent réinvestir le PQ ! ». Comme je fais référence dans mes propos à un article à paraître sur cette question, j’ai pensé qu’il serait intéressant pour les lecteurs de Vigile de publier ma réponse en Tribune libre.
Effectivement, j’appuie cette idée d’appeler les indépendantistes à réinvestir le parti québécois. Peut-on faire autrement ? Mais je crois qu’il se trompe de cible. C’est une idée qui revient souvent chez monsieur Julien et bien d’autres de rendre les opportunistes et les carriéristes qui ont investi le PQ responsables de la décrépitude et du recul du parti. Je crois plutôt que le vrai coupable de l’affaiblissement du PQ et à travers lui de l’idée d’indépendance, c’est l’étapisme et rien d’autre. Lorsque l’objectif de cette stratégie vise d’abord à prendre le pouvoir provincial en attendant que de vagues conditions gagnantes surviennent un jour, il est normal que quelques opportunistes et carriéristes y trouvent leur compte. Mais c’est également vrai que les indépendantistes qui y militent encore se trouvent piégés par cette avenue sans issue. Ou bien ils plient ou bien ils s’abstiennent de voter. Résultat : comme on tourne en rond, on a l’impression que ce sont les opportunistes qui mènent ce parti.
Parce qu’il est à peu près impossible de créer un nouveau parti indépendantiste dans l’état actuel des choses, il n’y a pas d’autres alternatives, en effet, que de réinvestir le PQ. Mais la première chose à faire est de faire sauter le verrou de l’étapisme. Et pour y arriver, il faut une stratégie alternative. Malheureusement, proposer en échange l’élection référendaire ou décisionnelle, comme on en a fait presque un mantra dans ces pages, n’a guère plus d’avenir. Pour que la déclaration d’indépendance soit valide, le PQ devrait avoir obtenu non seulement la pluralité des sièges mais aussi la pluralité des voix. Un tel résultat est à peu près impossible à atteindre avec l’actuel mode de scrutin majoritaire mais aussi parce que, en dehors du cercle des convaincus que nous sommes, l’idée d’indépendance a perdu sa cohérence auprès de nombreux Québécois en tant qu’alternative politique au fédéralisme canadien en plus d’être présentée de façon négative. L’élection décisionnelle risque donc de mener au même cul-de-sac que la stratégie référendaire.
Il existe peut-être une troisième voie que j’explore dans un article à paraître dans le numéro d’octobre de l’Action nationale, intitulé « En finir avec la fatigue politique du Québec contemporain : JETER LES BASES D’UN NOUVEAU NATIONALISME AU QUÉBEC ». Certes, un tel titre apparaît ambitieux sinon présomptueux de la part d’un simple citoyen qui, comme moi, n’appartient à aucun parti, église, école ou chaire universitaire. Mais j’offre justement au débat une voie de sortie au cul-de-sac politique actuel en identifiant les nombreux obstacles auxquels fait face toute idée nationale ici comme ailleurs.
Avant de partir à l’assaut du PQ, je pense qu’il faut d’abord proposer un nouveau nationalisme plus positif qui puisse contrer ces formidables vents contraires. Comme Denis Julien, je suis prêt à me joindre à un groupe pour en discuter sur la base, entre autres, des idées que je développe dans mon article et qui en feront sans doute sursauter plus d’un. Mais à 35% d’appui, si l’espoir est encore permis, l’idée d’indépendance a besoin d’être présentée de manière différente. C’est l’avenue que je propose.

