[1] Avec son texte intitulé : "Pour l’indépendance politique et pétrolière", paru dans le Devoir du 13 juin 2008, Bernard Landry vient de taper dans le mille et démontrer qu’il a la stature d’un véritable chef d’État et une posture indépendantiste impeccable.
[2] Résumons sa pensée :
Il est temps pour le Québec d’y aller d’une troisième grande mobilisation (après la nationalisation de l’électricité et le virage technologique) et de se libérer, le plus tôt possible, de sa dépendance au pétrole ;
La flambée des prix du pétrole imposera une véritable saignée au Québec et coûtera environ 50 millards$ en déficit commercial d’ici 2010 ;
La crise pétrolière frappe tous les pays de la planète et comme il s’agit d’une ressources épuisable, tous les pays devront apprendre tôt ou tard à s’en passer ;
Le Québec est, avec la Norvège, l’endroit dans le monde dont le pétrole est la composante la moins importante du bilan énergitique ;
Le Québec possède tous les atouts pour devenir un leader nord-américain dans la course vers l’économie sans pétrole ;
Les intérêts du Canada et du Québec sont divergents dans ce secteur ; pendant que le Canada s’enrichit, le Québec s’apprauvit ;
Il y a urgence, pour le Québec, d’amorcer cette grande mobilisation et cette formidable occasion d’enrichissement collectif et de sortir du giron pétrolier du Canada ;
L’indépendance politique est le chemin le plus sûr d’un Québec prospère et exemplaire en matière de lutte contre les changements climatiques.
UN PROJET DE PAYS CONCRET ET EMBALLANT
[3] Il s’agit là, non seulement d’un formidable défi, mais d’un PROJET DE PAYS CONCRET, EMBALLANT, INÉDIT et qui INTERPELLE ET TOUCHE tous les québécois dans tous les milieux et dans toutes les couches sociales, autant les entrepreneurs que les salariés et les personnes en situation précaire. Nous le savons toutes et tous et nous le réalisons plus que jamais : quand le prix du pétrole augmente, c’est le coût total de la vie qui augmente et personne n’est épargné.Comme le Canada, devenu un important producteur de pétrole, ne nous est d’aucune utilité puisque nous payons le pétrole au prix international, et qu’il s’enrichit alors que nous nous appauvrissons, il y a une formidable occasion de faire d’une pierre deux coups : libérer le Québec de sa dépendance au pétrole et de sa dépendance politique envers le Canada.
SEUL BERNARD LANDRY PEUT RÉUSSIR
[4] Seul Bernard Landry, parmi les politiciens québécois, possède les compétences et les qualités requises ainsi que la volonté inébranlable pour mener à bien cette double tâche. Son retour en politique serait particulièrement le bienvenu dans le climat de morosité actuel, avec un PLQ qui privilégie les intérêts privés au détriment de ceux de la nation québécoise, une ADQ insignifiante et retrograde et un PQ qui s’est refugié dans la souveraineté fantasme, la souveraineté virtuelle et la souveraineté bla-bla.
[5] Au moment où j’écris ces lignes, je n’ai pas parlé à Bernard Landry, ni ne l’ai consulté à ce sujet. Je ne connais pas ses intentions et je fais cette suggestion de façon tout à fait gratuite et désintéressée, en ayant en tête uniquement les intérêts supérieurs du Québec et la noble cause de son indépendance politique. L’homme est dans une bonne forme physique et son texte nous prouve qu’il n’a pas dévié d’un iota de la cause qu’il défend depuis son entrée en politique active. Le Québec ne peut pas se passer de lui en ce moment critique de notre histoire nationale. Ou nous allons de l’avant ou nous regressons. Nous n’avons pas le choix.
UNE NOUVELLE FORMATION POLITIQUE SOUPLE, MODERNE ET EFFICACE
[6] Pour ce faire, il n’est pas nécessaire que Bernard Landry revienne à la tête du Parti québécois où la place est occupée par Pauline Marois qui rêve depuis qu’elle est en politique de devenir la première première ministre du Québec et qui risque de voir ses espoirs déçus. Le Parti québécois est devenu aussi, pour plusieurs, une formation politique usée et vieillisante, dont les structures sont très lourdes et avec des potentats contrôlant des fiefs depuis trop d’années. De nombreux indépendantistes ont en fait leur deuil : le Parti québécois ne nous conduira jamais à l’indépendance nationale. Trop usé. Trop tard.
[7] À l’heure de l’Internet et du développement fulgurant des technologies de l’information et de la communication, le Québec n’a plus besoin des grands partis de masse qui caractérisaient l’ère industrielle. Le temps des réunions politiques dans les sous-sols d’église et d’école est révolu. Une nouvelle formation politique souple, moderne, efficace ayant comme objectif principal de FAIRE L’INDÉPENDANCE DU QUÉBEC tout en le libérant de sa dépendance au pétrole, avec à sa tête un homme d’expérience comme Bernard Landry, serait éminemment la bienvenue. Le Parti indépendantiste est plein de bonne volonté, mais il est trop jeune et ses dirigeants fort peu connus.
UNE PROMESSE À PIERRE BOURGAULT
[8] Bernard Landry doit recevoir dimanche prochain le prix Pierre-Bourgault décerné par le Mouvement souverainiste du Québec. On se rappelle également qu’il a fait la promesser solennelle lors des funérailles de Pierre Bourgault de conduire le Québec à son indépendance et là se présente une occasion en or. Je verrais très bien Bernard Landry prendre la tête du Regroupement pour l’indépendance nationale (le R.I.N.) où il serait probablement très à l’aise.
IL Y A URGENCE
[9] Une chose est sûre : la situation est urgente et le Québec est à la croisée des chemins. D’ici 2 ou 3 ans, il sera trop tard et pour le Québec et pour Bernard Landry. Il faut agir vite. Aidons-le.
VERS UNE COALITION
[10] J’entends déjà d’ici les clameurs des souverainistes mous du Parti québécois qui l’accuseront de vouloir "diviser le vote". Mais cette accusation ne tient pas la route. On ne peut pas diviser le vote avec un parti qui a délaissé l’action pour se réfugier dans la souveraineté fantasme en mettant de côté son programme officiel. D’autre part, Mme Marois, elle-même, a annoncé qu’elle était prête à discuter avec d’autres formations indépendantistes pour former une grande coalition souverainiste/indépendantiste. Alors ?
Pierre Cloutier ll.m
avocat

