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On dit, chez les fédéralistes, que la province peut bouger et qu’elle n’a pas à attendre d’être prise en main. En fait, le Québec ne bouge que dans le sens prescrit pour ne pas être accusé de provoquer des crises inutilement. Si le Québec ne peut rien instituer qui serve sa souveraineté sur son territoire, c’est que son gouvernement n’est pas pleinement responsable. Le Québec est gouverné par organes fédéraux interposés. - André Savard
             
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Pour éclairer l’électorat
Suzanne Lachance
Le Devoir
mardi 16 janvier 2007


L’intention du DGE de priver la population québécoise des conclusions de l’enquête sur Option Canada sous prétexte qu’il y a une campagne électorale à l’horizon me laisse pantoise. C’est un véritable déni de démocratie. Le DGE a pris parti en voulant ménager l’une des parties en cause et en voulant empêcher l’autre de capitaliser sur les possibles retombées des conclusions. Alors que la population québécoise se prépare à choisir son gouvernement pour les quatre prochaines années, on lui nie le droit de prendre une décision éclairée en sachant à qui elle a affaire, en qui elle peut avoir confiance.

Il est plutôt curieux de voir que M. Charest ne revendique rien à ce sujet. Y aurait-il collusion entre le DGE et le bureau du premier ministre ? Si M. Charest avait des raisons de penser que son camp (celui du Non lors du dernier référendum) avait été blanchi, ne s’empresserait-il pas de demander la publication du résultat de l’enquête ? Le fait est qu’en ne publiant rien on alimentera l’imagination et les pires suppositions.

Tout doit être publié sur-le-champ, peu importe qu’on soit en période électorale ou pas. C’est ça, la neutralité. Nous avons le droit de savoir (après tout, l’enquête a été réalisée grâce à des fonds publics) si les conclusions contiennent des éléments importants qui pourraient effectivement influencer notre choix électoral. Nous avons le droit de savoir à qui nous avons affaire, à qui nous voulons confier notre prochain gouvernement. Ce n’est pas au DGE de décider s’il y a trop d’éléments compromettants pour l’une ou l’autre des parties en cause. Ce faisant, il s’immiscerait dans le processus démocratique pour l’orienter. Et si le DGE fait cela, il doit démissionner. C’est aussi simple que cela.

Suzanne Lachance : Saint-Hubert, le 13 janvier 2007

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