Il était une fois… Une petite bourgade, grande comme un beau Pays.
Il y vivait d’irréductibles Québécois et d’irréductibles Québécoises. Irréductible… surtout Paulinix, une femme ayant la carrure et l’envergure digne d’un centurion.
2011 a été pour ce grand peuple, une des pires années. Pourtant, jamais autre année n’avait recelé d’autant d’éléments pouvant les réjouir et les unir.
Paradoxalement, les Québécois bien qu’il eut été réjouissant de voir qu’ils pouvaient s’unir et lutter tous ensemble pour les mêmes valeurs, peu importe leurs divergences légendaires, se sont mis à pleurer de leur fabuleux geste conjoint.
Eh ! Oui ! Les Québécois après avoir participé pendant de trop nombreuses années à ce diner de cons organisés par l’empire canadien ont dit massivement : « non, c’est fini, nous ne sommes tout de même pas des cons ».
En fait, j’exagère un brin. Plusieurs on simplement dit : « Non, c’est fini » et seulement quelques-uns semblent avoir dit : « nous ne sommes pas des cons ! »
Au lendemain de cette décision de ne plus être les cons de ces diners de cons organiser par nos "supérieurs" à Ottarome, la majorité des Québécois et des Québécoises se sont mis et mises à pleurer à chaudes larmes leur refus de continuer à être les cons de ces magnifiques diners de cons. Diner de cons où l’on jetait de temps en temps des images de sanglier aux convives québécois alors que les fédéralum s’empiffraient de gras sanglier juteux et surtout bien réels.
La bourgade du grand Québec en entier se mit donc à pleurer sans arrêt. Les Québécois et les Québécoises sont devenus totalement inconsolables de ne plus être les cons de fédéralum. Allez savoir pourquoi ?
Les Québécois et Québécoises disent pourtant depuis des années que le véritable repas se prend à la maison autour d’une table que l’on dresse nous-mêmes ! Pourquoi donc pleurent-ils à ce point cette décision de ne plus participer à ces honteux repas où on les ridiculisait constamment ? Comme si les Québécois étaient tous nés pour moins qu’un petit pain et avaient un besoin con-stant de se faire niaiser sans ménagement !
Toujours est-il que 2011, fut une année de grands pleurs !
Des rivières de larmes !
Des flots… suffisant pour entrainer des barques entières d’énergie vitale vers fédéralum.
Quel gaspillage de pleurs et d’énergie !
Quel temps perdu !
Quelle marche à reculons les yeux rendus aveuglés par l’eau de la tristesse surréaliste !
Mais, « que voulez-vous ? », comme disait l’un des profiteurs des banquets de cons du fédéralum, les Québécois et Québécoises sont ainsi faits et faites, ils et elles parlent d’organiser leurs propres festins, mais cherchent en vain un grand chef qui d’un coup de baguette magique leur mettrait la table, les couverts et la nourriture cuite et déjà mâchée dans leurs assiettes. On peut même se demander si les Québécois seraient alors capables de simplement avaler leur grand repas tant souhaité où s’ils demanderaient à leurs éternels hôtes du fédéralum de bien vouloir venir les nourrir à la petite cuillère tout en leur demandant auparavant de bien vouloir ajuster leur bavette !
Ah ! Quel peuple que ce peuple québécois !
Et ce n’est pas de l’ironie.
En effet, malgré son comportement totalement risible, ce peuple regorge de talent, d’idées, de créativité et de cerveaux hors du commun.
Le peuple québécois est un paradoxe total. Il a tout pour s’affirmer et dit que son plus grand désir est justement de s’affirmer, mais pleure de quitter une table où on le sert en con comme le pire des abrutis !
Oui, le peuple du Québec regorge pourtant de grands penseurs et… c’est justement là un autre de ses grands malheurs !
Tous, alors là, tous savent exactement préparer un menu et savent « précisément » ce qu’il faut mettre sur la table pour parvenir au festin de l’Indépendance. Et de là les éternelles disputent de qui préparerait le meilleur repas. Un repas, vous vous en doutez bien, qui n’aura jamais lieu si on ne parvient pas à dire : on sert tel ou tel plat et voilà, on fera mieux ou plutôt autrement lorsqu’on sera totalement maître de notre cuisine et de nos chaudrons.
Préparez nos propres repas !
Un rêve !
Plusieurs cherchent non pas à faire des plats, mais recherchent une potion magique qui nous ferait scintiller sans trop d’efforts à travers le vaste monde.
D’autres recherchent le chef.
Comme si tous ces cuisiniers-chefs qui pullulent parmi nous ne pourraient jamais, alors là jamais, s’entendre pour participer à un plat commun où chacun mettrait un peu d’eau dans son vin en attendant de pouvoir vraiment proposer le sien.
Donc, pour ajouter aux pleurs improductifs, il a fallu tomber dans la chicane destructrice.
Tout finalement pour plaire et réjouir ceux qui organisent les diners de cons. On les voit d’ici, se frotter les mains et tenter de recruter les meilleurs éléments pour ré-égailler leurs fabuleux festins où l’on se moquait à gorge déployée du con québécois.
La chicane, la chicane, la chicane.
Au Québec, tous ont la meilleure idée, la meilleure méthode, la meilleure recette.
Personne ne veut modifier sa recette qu’il juge totalement gagnante, juste et intelligente.
Chaque cuisinier-chef travaille d’arrache-pied « dans son coin », dans son petit chaudron convaincu qu’il pourra « à lui seul » nourrir la population entière de son grand Pays.
Dans cette cuisine, où l’on cherche à fabriquer la potion magique ou à multiplier les pains, c’est la chicane constante. Il n’y a rien à faire, tous les cuisiniers-chefs sont ceux qui possèdent "LA" recette.
Et, on constate tristement que jamais le repas ne sera prêt.
Les savants mélanges délogent les précédents sur l’unique cuisinière. Aucune trouvaille n’a beaucoup de temps pour mijoter et pour faire respirer ses saveurs et bien souvent la qualité des différents plats s’équivalent et semblent la plupart du temps assez exquis.
Il n’y a pas de doute, la cuisine regorge de talent.
Nous pourrions facilement nous nourrir et notre table deviendrait sûrement une des plus remarquables de la planète (d’ailleurs, bien qu’on ne figure pas officiellement au palmarès des grands Pays, notre qualité et notre spécificité sont connues et reconnues par plusieurs fins gourmets politiques).
En 2011, la chicane mêlée à l’émotion de cette ridicule tristesse a inévitablement mené à la division !
Oui, la division !
Quel bonheur pour les convives du fédéralum !
Les irréductibles Québécois se divisent !
Les irréductibles Québécois servent sans le savoir le plus grand désir des fédéralum, c’est-à-dire, les maintenir diviser.
Diviser pour régner… ça ne date pas d’hier.
C’est une recette connue et éprouvée.
Rien n’est plus réjouissant pour le fédéralum que la division au Québec. La division écarte toute menace.
Qu’on soit divisé quant à nos goûts propres, c’est tout à fait normal. Tous les goûts sont dans la nature et les goûts ne se discutent pas vraiment.
Mais de là à mettre en péril notre alimentation, c’est-à-dire, notre survie parce que nous sommes divisés par nos goûts et qu’on refuse de préparer un repas conjoint, alors là c’est du suicide.
La droite veut le Québec à droite et rien d’autre.
La gauche dit : le Québec sera à gauche ou ne sera pas.
Le centre fait semblant d’être au centre, mais veut un Québec qui lui ressemble et rien d’autre.
Et tous les autres veulent chacun leur Québec fait à leur image.
Ce n’est pas la multiplication des pains, c’est la multiplication des partis.
Tous des sauveurs, tous des partis miracles, c’est le combat à la baguette magique et au lancement de sorts.
Finalement, 2011 aura été une merveilleuse année pour Harpius et tous ses cons-génères.
À fédéralum, bien que l’on ait perdu les cons à leur table, on peut toujours observer sans beaucoup d’effort les cons Québécois tellement leurs frasques sont éclatantes.
On se dit sûrement à Fédéralum que même si on a récemment réduit les places (en pourcentage de participation) pour les cons, on va prochainement en accueillir de nouveau bientôt encore meilleurs, des cons dignes de tournois de cons. Des cons comme jamais on ne pourrait en imaginer.
Oui, des cons incroyables !
Bonne année 2012.
Serge Charbonneau
Québec
P.S. : M. Frappier, j’ai vraiment cru à une farce lorsque vous parliez de nouveau parti. Mais je vois bien que ça n’en était pas une. Nous sommes en marche vers la reconnaissance du Pays, n’est-ce pas ?
De mon côté, ce qui me fait pleurer, c’est de voir qu’on a pleuré et qu’on pleure encore.
C’est de voir qu’on s’insulte sans se comprendre.
C’est de voir qu’on se divise comme des caves.
La démocratie… faire reconnaitre un Pays… comme inconciliable ??
En démocratie, il y a le multipartisme.
Devons-nous devenir monoparti pour affirmer notre Pays ?
Devons-nous devenir tous des Archambault ?
Ou tous des Charbonneau ?
Ou tous des Cloutier ?
Ou tous des Ferretti ?
Ou tous des péquisssses ?
Ou tous des sosolidaires ?
Ou tous des vendus-capitalistes au privé ?
Ou tous pareils ?
Nous serons toujours tous différents.
Il y en aura toujours qui seront plus à gauche et d’autres plus à droite.
Il y en aura toujours qui feront semblant d’être au centre.
On ne sera jamais tous pareils.
Nous ne voterons jamais massivement pour un seul parti.
(Sauf contre Harper, sauf pour une cause commune.
Nous n’avons pas voté massivement pour le NPD, nous avons voté massivement contre les réactionnaires canadiens et contre ce système de valeurs qui nous répugnent collectivement parlant.)
Nous serons toujours tous différents.
Est-ce une raison pour arrêter de se parler (hein, madame qui peut se reconnaître) ?
Est-ce une raison pour refuser de travail ensemble à un projet commun ? Est-ce une raison pour se diviser sur une question qui devrait plutôt nous unir ?
Nous serons toujours tous différents.
Nous ne voterons jamais massivement pour un seul parti.
Par ce chemin, nous ne serons jamais Indépendant.
Il faut s’unir et il faut que tous, chacun de nous, peu importe nos différences notables, nous proclamions unilatéralement et massivement notre Indépendance.
Malgré nos différences notables, il y a des valeurs qui dominent comme un dénominateur commun. Nous sommes différents, mais nous avons majoritairement la caractéristique d’être différents des réactionnaires du Canada. Nous sommes tous différents, mais peu d’entre nous sont vraiment "canédiunes".
Nous sommes tous différents, mais nous sommes tous QUÉBÉCOIS !
Unissons-nous.
Cessons les chicanes.
Et surtout cessons ces ridicules pleurs.
Bonne Année encore une fois !
Serge xx



