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Plainte contre André Pratte rejetée par le Conseil de presse (pour le moment)
Ma plainte au Conseil de presse est un geste d’écologie démocratique contre la pollution qui se dégage de certains éditoriaux d’André Pratte, ce Hummer idéologique.
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
vendredi 9 novembre 2007      420 visites      3 messages


Le Conseil de presse n’a pas retenu la plainte que j’ai formulée contre M. André Pratte et La Presse à propos d’un éditorial publié le 16 février 2007 sur la réaction de M. Mario Dumont devant le rapprochement Le Pen-Dumont fait par Pierre Arcand alors candidat dans le comté de Mount-Royal. J’ai jusqu’au 20 décembre pour interjeter appel et j’ai l’intention de le faire.

Voici des extraits du jugement du Conseil de presse.

"Le journaliste (André Pratte) a soutenu son argumentation d’une manière qui peut certes être jugée discutable, en citant des propos injurieux de l’animateur Jeff Filion, mais non dans une intention délibérée d’induire le public en erreur, les propos cités ici étant déjà connus du public. Le grief de sensationalisme n’est pas retenu."

Commentaire :

C’est faux de dire que les propos injurieux de Jeff Filion sur Marie-Chantal Toupin étaient déjà connus du public. Seuls les auditeurs assidus de CHOI-FM les connaissaient. Moi en tout cas je ne les connaissais pas et personne dans mon entourage ne les connaissait et André Pratte nous les a révélés pour nuire à Mario Dumont. Ce que je trouve inadmissible. Mais le Conseil de presse est d’un avis différent... pour le moment.

Voici un autre extrait qui constitue un blâme à peine voilé.

"Le Conseil de presse constate que les propos de M. Jeff Filion repris dans La Presse sont vulgaires et de mauvais goût. Le Conseil estime que M.Pratte avait la possibilité de ne pas associer directement les propos en question à Mme Toupin."

Commentaire :

Or il l’a fait dans le but de nuire à Mario Dumont. Mais en même temps il a écorché au passage Marie-Chantal Toupin. C’est ce qu’on appelle un dommage collatéral. Mais selon le Conseil, ce n’est pas grave car le journaliste est "libre" comme on le verra dans l’extrait suivant.

Autre extrait :

"M.Pratte n’a jamais endossé les injures proférées par l’animateur Jeff Filion. Le Conseil admet que le contenu d’un éditorial relève de la discrétion rédactionnelle du journaliste. M. Pratte avait donc la liberté d’illustrer son propos comme il l’entendait. Ainsi, compte tenu de la latitude accordée aux éditorialistes dans le traitement de leurs sujets, le Conseil ne retient pas le grief."

Commentaire :

André Pratte s’est servi des injures "vulgaires et de mauvais goût" faites par Jeff Filion à propos du physique de Marie-Chantal Toupin et les a répétées dans son éditorial. Dans quel but ? Dans un but politique. Si Marie-Chantal Toupin avait porté plainte contre André Pratte et contre La Presse, je suis curieux de savoir comment Le Conseil aurait réagi car, selon moi, l’éditorial de M. Pratte " a manqué de respect envers Mme Marie-Chantal Toupin visée par les propos injurieux" .

Citer des propos injurieux et outranciers à l’égard d’une artiste dans un but politique, c’est, selon moi, du sensationnalisme.

Je tenais à informer tous ceux qui s’intéressent à la carrière d’André Pratte, penseur à gages de Power Corporation qui vient de publier "un recueil d’essais pour donner un nouveau souffle aux fédéralistes du Québec". Le jour même où cette information paraît dans La Presse, dans la section Forum d’où je suis banni à vie, Stéphane Dion commente chacun des textes du livre qu’il a donc reçu à l’avance. La Presse continue de faire sa propagande fédéraliste.

Ai-je besoin de préciser ici que je ne suis pas adéquiste. Je ne suis pas encore un "has been". Ma plainte au Conseil de presse est un geste d’écologie démocratique contre la pollution qui se dégage de certains éditoriaux d’André Pratte, ce Hummer idéologique.

Robert Barberis, 9 novembre 2007

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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Vos commentaires:
  • Plainte contre André Pratte rejetée par le Conseil de presse (pour le moment)
    9 novembre 2007, par Secondeur
    Suffirait de recenser quelques-uns de ses textes mange-Québécois pour détruire toute crédibilité à ce brûlot qu’il sort au moment où, croit-il, les indépendantistes croulent sous les menaces de "mauvaise réputation à l’extérieur" et les accusations de racisme par les anglocanadiens, tout ça issu de la commission Charest-B-T dont la conclusion était déjà écrite au départ par l’avocat Brent Tylor, en vue de réduire encore la portée de la loi 101.
  • Plainte contre André Pratte rejetée par le Conseil de presse (pour le moment)
    9 novembre 2007, par Francis Déry

    Traiter André Pratte de penseur à gages, c’est plutôt flatteur.

    C’est dire que la qualité de sa pensée mérite un salaire.

    Je dirais plutôt un propagandiste engagé et enragé.


  • Plainte contre André Pratte rejetée par le Conseil de presse (pour le moment)
    26 novembre 2007

    Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l’éthique de l’information - Décision - Numéro de dossier : D2007-03-070

    << ------------------------------------------------------------------------- Numéro de dossier : D2007-03-070

    Plaignant M. Robert Barberis

    et

    Mis-en-cause M. André Pratte, éditorialiste en chef M. Eric Trottier, directeur de l’information Le quotidien La Presse ------------------------------------------------------------------------- >>

    MONTREAL, le 22 nov. /CNW Telbec/ -

    << RESUME DE LA PLAINTE

    Le plaignant, M. Robert Barberis, accuse M. André Pratte, éditorialiste en chef du quotidien La Presse, de sensationnalisme pour avoir cité des propos "outranciers" tenus par l’animateur Jeff Filion dans un éditorial publié le 16 février 2007. Il déplore également le manque de rigueur du journaliste et le manque de respect envers Mme Marie-Chantal Toupin (non partie à cette affaire), visée par ces propos injurieux.

    GRIEFS DU PLAIGNANT

    A la suite de propos tenus par M. Pierre Arcand, candidat à l’élection québécoise de mars 2007, traitant M. Mario Dumont de "Jean-Marie Le Pen du Québec", l’éditorialiste M André Pratte dénonçait dans La Presse la réaction de M. Dumont, la qualifiant d’excessive et contraire à la liberté d’expression. Il affirme que M. Dumont avait pourtant soutenu le droit à la liberté d’expression lors de la fermeture de la station radiophonique CHOI-FM. A l’appui de cet argument, M. Pratte reprend dans son éditorial des propos injurieux tenus par l’animateur de CHOI-FM, que M. Dumont défendait alors. M. Barberis accuse d’abord M. André Pratte de sensationnalisme pour avoir reproduit le "langage ordurier" de l’animateur Jeff Filion dans son éditorial. Il se dit "offensé et dégoûté par le rappel mot à mot de ces vulgarités". Il ajoute à ses accusations le manque de respect dû à Mme Marie-Chantal Toupin, visée par les insultes de Jeff Filion reprises par l’éditorialiste. La reproduction de ces propos lui apparaît "totalement inadmissible". Pour lui, rien ne peut justifier "le fait qu’André Pratte continue de salir Marie-Chantal Toupin par personne interposée à des fins politiques".

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

    Commentaires de Me Philippe-Denis Richard, vice-président, ---------------------------------------------------------- Affaires juridiques et secrétaire ---------------------------------

    Le représentant des mis-en-cause rappelle d’abord quelques principes généraux sur les droits des professionnels de l’information, et plus précisément des éditorialistes : "l’éditorial témoigne du journalisme d’opinion et est une manifestation de la liberté d’expression consacrée par nos lois et institutions". Il insiste sur la liberté de l’éditorialiste de commenter les événements ainsi que sur le principe que nul ne peut dicter à un rédacteur le contenu de son éditorial. Concernant la plainte de M. Barberis à l’encontre de l’éditorialiste en chef de La Presse, il est affirmé que "la teneur de l’éditorial ne comprend aucun manquement à l’éthique journalistique" et que la façon de présenter et d’illustrer l’information relève du jugement rédactionnel de M. Pratte. Selon les mis-en-cause, l’éditorial en question ne prête pas au sensationnalisme. Ils invoquent le fait que les propos outranciers de l’animateur Jeff Filion sont connus du public, sous-entendant que M. Pratte pouvait par conséquent les réutiliser dans son éditorial.

    REPLIQUE DU PLAIGNANT

    Le plaignant soutient que les arguments des mis-en-cause induisent que M. Pratte peut tout écrire. Alors que pour les mis-en-cause, tous les arguments énoncés par l’éditorialiste dans son article sont fondés, le plaignant dénonce chez M. Pratte une "logique tordue et jésuitique" qui l’aurait conduit à prendre la position exprimée dans l’éditorial sur la réaction de M. Dumont. Le plaignant réitère les griefs de sensationnalisme exprimés dans sa plainte. Il estime en effet être suffisamment bien renseigné sur le type de commentaires habituellement reprochés à M. Jeff Filion pour ne pas avoir à lire les injures de celui-ci dans un quotidien.

    DECISION

    Le plaignant, M. Robert Barberis, accusait M. André Pratte, éditorialiste en chef du quotidien La Presse, de sensationnalisme pour avoir cité des propos outranciers tenus par l’animateur Jeff Filion dans un éditorial intitulé "Du calme, M. Dumont". La reproduction des propos de Jeff Filion dans l’éditorial lui apparaît totalement inadmissible. Il déplorait aussi le manque de respect envers Mme Marie-Chantal Toupin, visée par ces propos injurieux. Le sensationnalisme désigne la volonté d’induire le public en erreur en exagérant ou en interprétant de façon abusive les faits et les événements. Parallèlement, l’éditorial appartient au journalisme d’opinion qui laisse "aux professionnels de l’information une grande latitude dans l’expression de leurs points de vue, commentaires, opinions, prises de position, critiques, ainsi que dans le choix du ton et du style qu’ils adoptent pour ce faire". Les éditorialistes ont donc la liberté de "relater les événements et de les commenter sans entrave". Dans le cas présent, la pertinence de l’éditorial de M. Pratte au regard de l’actualité ne peut être remise en cause. Le journaliste a soutenu son argumentation d’une manière qui peut certes être jugée discutable, en citant des propos injurieux de l’animateur Jeff Filion, mais non dans une intention délibérée d’induire le public en erreur, les propos cités ici étant déjà connus du public. Le grief de sensationnalisme n’est pas retenu. Le plaignant invoquait le caractère inadmissible de la citation des propos injurieux tenus par M. Jeff Filion dans l’éditorial de La Presse ainsi que le manque de respect envers Mme Toupin que constitue la reprise de ces propos. Le Conseil de presse constate que les propos de M. Jeff Filion repris dans La Presse sont vulgaires et de mauvais goût. Le Conseil estime que M. Pratte avait la possibilité, de ne pas associer directement les propos en question à Mme Toupin. Il a d’ailleurs pris soin de le faire dans d’autres passages de son éditorial en associant des commentaires disgracieux tenus par l’animateur à "un citoyen ordinaire" ou à "un concurrent". Un terme générique aurait ainsi pu être utilisé sans que cela nuise à son argumentation ou à la profondeur de son commentaire. Le Conseil estime toutefois que la manière dont M. Pratte a présenté et argumenté son propos ne contrevient pas aux principes reconnus en matière d’éthique journalistique dans la mesure où il n’a jamais endossé les injures proférées par l’animateur Jeff Filion. En outre, il est admis que le contenu d’un éditorial relève de la discrétion rédactionnelle du journaliste. M. Pratte avait donc la liberté d’illustrer son propos comme il l’entendait. Ainsi, compte tenu de la latitude accordée aux éditorialistes dans le traitement de leurs sujets, le Conseil ne retient pas le grief. Pour les motifs ci-haut exprimés, le Conseil de presse ne retient pas la plainte formulée par M. Robert Barberis contre M. André Pratte et La Presse.

    Nathalie Verge, secrétaire générale Au nom du comité des plaintes et de l’éthique de l’information >>

    La plainte a été portée en appel. (R.B.)



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