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Pierre-Marc Johnson manque d’objectivité
Marc Bellemare
Le Soleil
vendredi 16 mars 2007


Si Pierre-Marc Johnson pouvait prétendre jusqu’à aujourd’hui à une quelconque objectivité à la tête de la Commission d’enquête sur le viaduc de la Concorde, tout indique qu’il l’a maintenant perdue. Cette commission a été créée par le premier ministre Charest quelques jours à peine après l’effondrement de la structure, le 30 septembre dernier. La tragédie a fait 11 victimes, dont 5 morts.

Avant le débat des chefs, on n’avait pas entendu parler de M. Johnson depuis 4 mois. Après sa nomination, il avait mis quelques semaines pour expliquer sa grande satisfaction d’avoir été choisi, transmettre ses sympathies aux victimes et repousser les attaques des chefs Dumont et Boisclair qui lui reprochaient d’avoir accepté de servir d’exutoire politique, d’être une sorte de mercenaire de Jean Charest.

Compte tenu de l’importance des questions abordées par la commission et de sa très nécessaire indépendance face au gouvernement, Mario Dumont se demandait pourquoi Jean Charest n’avait pas plutôt choisi un juge de carrière, comme c’est généralement le cas dans ce genre d’affaires. Pensons au juge Robert Lesage de la cour supérieure, chargé par le gouvernement de présider l’enquête sur le fiasco de la Gaspésia, ou encore au juge Gomery, nommé par le premier ministre Paul Martin à la tête de la commission d’enquête sur les commandites.

Lors du débat des chefs, Mario Dumont est revenu à la charge en exhibant des documents internes du ministère des Transports donnant à penser que le gouvernement de Jean Charest n’avait pas tout fait pour éviter l’accident ou pire, qu’il avait caché des faits qu’il connaissait ou devait connaître. Deux heures après la fin du débat, vers minuit, M. Johnson émettait un long communiqué, en sa qualité de président de cette commission. Il commentait implicitement l’incident du débat et affirmait que le calendrier de la commission n’avait été déterminé que par elle-même, contredisant ainsi le chef adéquiste qui venait d’affirmer que M. Charest avait joué d’influence afin que le début des audiences n’ait pas lieu avant les élections. À mon avis, le geste posé par M. Johnson est regrettable et irréfléchi.

À tort ou à raison

Que Mario Dumont ait eu tort ou raison n’a aucune importance ici. Les chroniqueurs et analystes de toutes sortes se chargeront bien d’en débattre. L’électorat aussi. M. Johnson a eu tort de s’immiscer dans cette affaire délicate. Il a pris partie pour un Jean Charest ébranlé, qui, du reste, est bien capable de se défendre seul du haut de sa chaire de premier ministre. Son intervention sentait la promiscuité à plein nez, une perception absolument incompatible avec l’indépendance et le détachement, dont il doit faire preuve tout au long de son mandat, en tout état de cause.

L’intervention, sur le fond comme sur la forme, était de nature politique, qu’il le veuille ou non. Le contexte électoral à son paroxisme, le statut des protagonistes et le volet hautement émotif de cet événement tragique ne trompent pas. On se demande bien comment cette commission pourrait dorénavant avoir le détachement requis pour blâmer le gouvernement Charest en relation avec l’événement de la Concorde.

Même chose pour le ministre des Transports Michel Després qui n’en finit plus de défendre ses fonctionnaires, répétant ad nauseam qu’ils n’ont rien à se reprocher. Madame la sous-ministre adjointe responsable des structures, Anne-Marie Leclerc, n’a pas plus de discernement lorsqu’elle accepte de prendre publiquement fait et cause pour le ministre, sur la même tribune, en pleine tourmente politique. Et les ingénieurs fonctionnaires qui en ont rajouté au téléjournal du soir, y allant de leurs savantes explications, toutes plus disculpantes les unes que les autres.

Tout ça fait plutôt clique. La clique des irréprochables. La clique qui se protège. Dans La Presse du surlendemain, le jeudi 15 mars, on en apprenait un peu plus alors que M. Johnson affirmait avoir parlé directement avec le chef de cabinet du premier ministre Charest peu après l’émission du communiqué. Une révélation qui est loin d’améliorer les choses. Imaginez un instant le juge Gomery communiquer avec le bras droit de Paul Martin deux heures après un débat électoral ou ce dernier aurait été apostrophé sur le scandale des commandites… Non, me direz-vous. Inimaginable.

Marc Bellemare

Avocat et ancien ministre de la Justice

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Figures marquantes de la poésie québécoise

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  • Alain Dubuc La Presse   24 mars 2007 
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    La Presse   22 mars 2007 
  • Michel Garneau Le Devoir   22 mars 2007 
  • The Toronto Star   22 mars 2007 
  • Le chef libéral défend le droit du Québec de dépenser les fonds fédéraux comme bon lui semble
    Kathleen Lévesque Le Devoir   22 mars 2007 
  • Jean-Jacques Samson Journal de Québec   22 mars 2007 
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