Vigile.net
Nous avons eu l’impression, presque constamment au cours de notre histoire du dernier siècle, d’être en quelque sorte une colonie intérieure dont on tolérait la "différence" à condition qu’elle fût résignée à son sort et à l’infériorité collective qu’il lui imposait. - René Lévesque - 1970
             
Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
Financement 2008
 14716$  74%  
Objectif : 20000$
Pensez-y deux fois avant de voter Mario Dumont…
Luc Giguère
Tribune libre de Vigile
mercredi 14 mars 2007      264 visites


Pensez-y deux fois avant de voter Mario Dumont parce que bon nombre des idées qu’il préconise ont été essayées ailleurs et ça n’a pas marché. À vrai dire l’essentiel des idées de Dumont s’apparente étrangement à celles de Margaret Thatcher, Ronald Reagan, Georges W.Bush, Stephen Harper, Mike Harris, Ralph Klein et j’en passe. Qu’ont-ils en commun tous ces personnages illustres ? Eh bien la philosophie qui sous-tendait et sous-tend encore aujourd’hui la vision de ces personnes incluant Dumont pourrait se résumer comme suit : « le moins de gouvernement possible dans nos vies, conséquemment le moins de fiscalité possible, le moins de syndicalisme possible et le plus de privatisations possible. »

Les exemples foisonnent. Débutons avec Mme Thatcher. Au début des années’80, pour des raisons purement économiques, Mme Thatcher a libéralisé les services publics de contrôle et a démantelé les services vétérinaires publics de l’Angleterre. Ceci a entraîné la crise de la vache folle qui a provoqué subséquemment la perte de plusieurs vies humaines. Au nom des valeurs conservatrices, de l’effort personnel, de l’entreprise privée, Mme Thatcher a renié la social-démocratie et a surtout brisé la force du monde syndical. Dans l’esprit de cette dernière, chômage, pauvreté et inégalités sont un mal nécessaire à la prospérité économique.

Un mot sur Ronald Reagan et G.W.Bush. Tous les deux ont contribué depuis plus de vingt-cinq ans à aggraver sensiblement les inégalités sociales et la pauvreté aux Etats-Unis. Bien plus, les américains ont assisté pendant ce temps-là jusqu’à aujourd’hui à l’éclosion de politiques anti-syndicales, à la diminution du budget de la sécurité sociale, à la diminution des salaires pour plus de 80% de la main-d’œuvre, à des licenciements aveugles, à des programmes radicaux de libéralisation du commerce, de dérégulation et de privatisation.

Un bref exemple à l’égard de Stephen Harper. Il y a quelque temps, M. Harper a annoncé un investissement de près de vingt-cinq (25) milliards de dollars pour l’achat d’équipement militaire (chars d’assaut, avions, etc.). Pendant ce temps-là, le gouvernement du Québec racle les fonds de tiroir de sa caisse pour financer les investissements en santé, éducation, infrastructures de toutes sortes et est incapable de trouver quelques millions pour les installations du jardin zoologique à Québec. Tout ceci pour illustrer l’absurdité du régime fédéral actuel et démontrer en même temps comment les priorités peuvent être dirigées à la mauvaise place.

Plus près de nous, jetons un coup d’œil vers Mike Harris, ex-premier ministre de l’Ontario qui s’est échiné en 1995 à défendre sa cause qu’il a appelé :«  la révolution du bons sens » c’est-à-dire le moins de gouvernement possible dans nos vies. Les conséquences : coupures budgétaires dans les services de l’aide sociale, le logement, la fonction publique. Des écoles et hôpitaux ont été fermés. Construction de nouvelles méga-prisons, frais de scolarité au post-secondaire augmentés de plus de 65%, contrôle des loyers aboli et phénomène semblable à la crise de vache folle en Grande-Bretagne : le traitement et le contrôle de la qualité de l’eau potable ont été privatisés. Donc de moins en moins d’inspecteurs pour vérifier la qualité de l’eau, ce qui a provoqué la tragédie de Walkertown. Sept personnes en sont mortes et des milliers de personnes ont été empoisonnées au E-coli. Après tant d’événements aussi catastrophiques, inutile de vous dire que M. Harris a dû quitter la vie politique par la suite.

Un dernier exemple : Ralph Klein, ex-premier ministre de l’Alberta. Province riche, mais jamais autant de richesse et de pouvoir n’ont été concentrés dans les mains de si peu de gens. Crise du logement, capitalisme sauvage, délestage des programmes sociaux, l’Alberta préfère diminuer ses impôts et payer sa dette au lieu d’accorder la gratuité scolaire, éradiquer la pauvreté et avoir un système de santé public de qualité. Les prestations d’aide sociale se classent parmi les plus faibles au pays. Les groupes qui travaillent auprès des personnes démunies disent que le gouvernement de la province la plus riche du Canada devrait avoir honte. Pas étonnant que M. Klein lui aussi a dû retirer sa révérence récemment.

Tout ceci pour vous dire que Mario Dumont qui veut imiter plus ou moins ces personnes politiques qui l’inspirent, risque de nous entraîner dans le même sillon. Des exemples : coupures dans l’aide sociale pour financer sa promesse d’aide aux enfants, ouvrir la porte de la santé au secteur privé, l’autonomie des individus (i.e. des individus plus responsables), ce qui signifie un autre cliché de la droite pour mieux démanteler les programmes sociaux, l’autonomie du Québec, c’est-à-dire un retour en arrière de plus de quarante ans à l’époque de l’Union Nationale et du Crédit-Social (l’époque de Rodrigue Biron et Camille Samson), etc. etc.

Je ne voudrais pas terminer cette réflexion sans aborder l’avenir sur une note plus optimiste. Je reviens à la notion énoncée plus haut, c’est-à-dire « le moins de gouvernement possible dans nos vies, conséquemment le moins de fiscalité possible, le moins de syndicalisme possible et le plus de privatisations possible ».

Pour réagir à une telle façon de voir les choses, jetons un coup d’œil du côté des pays scandinaves pour essayer de voir comment ces pays nordiques ont pu développer davantage la cohésion sociale, la qualité de vie et la santé économique. Au lieu de penser et d’envisager la vie politique, sociale et économique à la Thatcher-Bush-Harper-Harris-Klein-Dumont, il se trouve que les pays les plus avancés socialement et économiquement sur la planète sont les pays dont le taux de syndicalisation et le taux d’imposition sont les plus élevés. D’emblée, il faut ajouter que l’énoncé qui précède ne repose pas sur des impressions ou des canulars, mais sur des études statistiques reconnues par des instances internationales telles que : OCDE, EUROSTAT, UNESCO, UNICEF, OMC, OMS, OIT, etc. etc. À titre d’exemple, un rapport très récent de l’UNICEF révélait que les pays scandinaves sont les pays qui offrent les meilleures conditions de vie aux enfants dans le monde industrialisé. Le Canada se classe au douzième rang et les Etats-Unis occupent la dernière place. Le rapport indique également que les Etats-Unis obtiennent les plus mauvaises notes dans la catégorie santé et sécurité, qui s’appuie sur les statistiques de mortalité infantile, de poids de naissance, de vaccination et de décès par accident.

D’autres exemples à signaler : le plus haut du classement de l’indice du développement humain appartient à la Norvège et l’Islande. Les pays nordiques ont un taux de syndicalisation très élevé. Plus de 80% des salariés sont syndiqués. Les pays scandinaves figurent en tête de la compétitivité mondiale, contredisant ainsi l’idée selon laquelle une pression fiscale importante constitue un frein à l’activité économique et pourtant, les taxes et l’impôt sur le revenu sont beaucoup plus élevés que partout ailleurs sur la planète.

Bref les caractéristiques qui sous-tendent la philosophie social-démocrate des pays nordiques pourraient se résumer comme suit : les inégalités sont plus réduites qu’ailleurs, la distribution des revenus est relativement égale, la pauvreté est peu fréquente, l’égalité des hommes et des femmes est un principe de base, un dialogue social très développé, une politique active de l’emploi, un chômage très bas et finalement, ils sont, parmi les pays les plus développés, ceux qui dépensent le plus en matière d’éducation.

Face à ce constat on ne peut plus éloquent, les Québécois pourraient sans doute s’inspirer de l’expérience scandinave et construire une alternative au modèle qu’on veut bien nous présenter comme le seul possible, c’est-à-dire un modèle politique, social et économique à la Thatcher-Bush-Harper-Harris-Klein-Dumont,

Je répète : Pensez-y deux fois avant de voter Mario Dumont.

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/spip/) —

Suggérer cet article par courriel

Lancement du livre de Robin Philpot

Derrière l’État Desmarais : POWER


Collectif québécois contre Harper

Unissons nos voix



BQ Hull-Aylmer

12 octobre 2008

Boîte à Marius

23 octobre 2008
Pèlerinage en pays québécois - Poésie québécoise

Figures marquantes de la poésie québécoise

Conférencier : Philippe Haeck - Lectrice : Chloé Sainte-Marie
  • Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
    Joignez-vous aux Amis de Vigile.
  • Objectif 2008: 20000$
     14716$  74%  
  • Pour contribuer en ligne 
         Nom:
    Courriel:
       Anonyme
    Montant: $

  • Contributions récentes :
    10/10 Gilles Châtillon : 80$
    9/10 Simon Beaudry - collectif Identité québécoise : 50$
    6/10 Marc MJ Authier : 30$
    6/10 Sébastien-L Pageon : 100$
    6/10 Réal Croteau : 25$
    3/10 François-Xavier Simard : 50$
    2/10 Daniel Trépanier : 100$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net