Bon vous croyez que ces élections sont inutiles ? Posez-vous les questions suivantes et demandez-vous si votre vote est nécessaire.
1- Voulez-vous une troisième guerre mondiale ?
C’est pourtant ce que prépare le gouvernement conservateur de Harper avec des dépenses militaires record (Le Canada se militarise tambour battant,). Les partis d’opposition n’approuvent pas ces dépenses mais ils appuient quand même l’intervention en Libye (Le Canada se joint à l’assaut impérialiste sur la Libye). Sous le prétexte des droits de la personne, les États-Unis et leurs alliés se sont lancé dans une opération de domination impérialiste et économique (L’ »Opération Libye » et la bataille du pétrole : Redessiner la carte de l’Afrique). Cette guerre fait partie d’un plan d’ensemble qui menace l’équilibre mondial (voir aussi Éric Laurent, La Face cachée du pétrole, Plon, Paris, 2006). De plus, elle vise à réprimer l’aspiration à la liberté de nombreux peuples opprimés (L’éveil politique et le nouvel ordre mondial). Tous les éléments sont réunis pour provoquer une troisième guerre mondiale. Est-ce le voeu démocratique de la population ?
2- Acceptez-vous d’être complices de crimes contre l’humanité ?
Puisque l’intervention en Libye est une imposture (Intervention en Lybie : Une imposture criminelle), acceptez-vous de réprimer les libertés humaines au profit du capitalisme prédateur ? Acceptez-vous que les Occidentaux tuent de nombreux civils et détruisent les infrastructures du pays. Non seulement les Occidentaux confisquent à leur profit les biens des dictateurs et s’emparent des richesses naturelles des pays mais en plus il commettent un véritable génocide dans les pays qu’ils attaquent en utilisant des armes nucléaires (Des bombes à l’uranium appauvri pleuvent sur la population libyenne et Démocratie humanitaire contre pétrole : Les Libyens ont –ils le choix ?) ; voir aussi Alain Deneault, Noir Canada, Écosociété, Montréal 2008). L’intervention elle-même est contraire la Charte des Nations-Unies (article précédent no 23870). Pourtant, nous sommes aussi responsables de ce gâchis puisque nous élisons ces gouvernements qui nous représentent.
3- Souhaitez-vous remplacer la démocratie par son faux-semblant ?
Les conservateurs ne vous ont pas consultés sur la guerre en Libye. Vous n’êtes pas non plus consultés sur la mondialisation (Les USA, le Canada et le Mexique arment l’ALENA , et http://www.vigile.net/L-accord-secret-du-4-fevrier-2011). M. Ignatieff a eu le courage de dénoncer ces négociations (http://www.vigile.net/Ne-negociez-pas-notre-souverainete). Souhaitons que d’autres chefs se prononceront sur cet enjeu majeur pour la souveraineté du Canada et du Québec.
Pourquoi ces accords ne sont-ils pas l’objet d’un débat démocratique ? Si on en juge par la répression brutale des manifestations démocratiques contre le sommet de Toronto en 2010, on ne peut pas faire confiance à ce gouvernement pour respecter la démocratie. Et comme ce gouvernement veut nous intégrer davantage avec les États-Unis et l’Europe, que restera-t-il de nos libertés et de notre autonomie. Ces pays sont déjà livrés au capitalisme prédateur qui les a plongés dans la crise économique et les guerres contre d’autres pays souverains.
4- Souhaitez-vous la disparition des programmes sociaux acquis par de longues luttes au fil des ans ?
Si le gouvernement investit massivement dans l’armement et pour satisfaire les intérêts privés, que restera-t-il pour les citoyens ordinaires ? Il faut s’attendre à des baisses de services aux citoyens et à un appauvrissement de la classe moyenne au profit des plus riches. C’est ce qui se produit maintenant aux États-Unis. Les partis d’opposition ont davantage à offrir aux citoyens. Une intégration plus poussée avec les États-Unis nous mettra aussi à la merci des pratiques abusives qui ont cours dans ce pays (Démolition contrôlée de l’économie mondiale - Un jugement qui fait trembler les banques, et http://www.vigile.net/Les-saboteurs).
5- Souhaitez-vous un monde davantage ravagé par le matérialisme et l’absence de culture ?
La lutte du Québec pour son indépendance s’inscrit dans la lutte universelle des peuples pour leur indépendance et pour l’épanouissement des citoyens dans un cadre démocratique. Il ne s’agit pas d’une fausse démocratie imposée par une puissance étrangère ou des classes sociales à la solde des intérêts étrangers. Comme l’explique Daniel Jacques dans La Fatigue politique du Québec français, Boréal, Montréal, 2008, pp. 74,78 :
« La nation n’est jamais célébrée, avant comme après la Révolution tranquille, qu’en tant qu’instrument d’une fin qui lui est supérieure : le destin spirituel du Canada français ou bien l’épanouissement de notre être historique dans la culture du Québec. La nation est ainsi asservie à des objectifs collectifs, tout comme elle soumise, dans la tradition libérale, aux buts de l’individu.
(...)
Tout cela (...) a conduit à un refus systématique du politique, comme si celui-ci, en tant qu’objet de pensée et pratique de pouvoir, appartenait alors à ce que que l’on estimait être la nation ennemie. »
Donc la culture n’est pas un but en soi mais un moyen pour atteindre l’émancipation politique et le pouvoir démocratique. C’est ainsi qu’il faut envisager l’indépendance et la promouvoir dans la population. Inversement l’invasion du mercantilisme et de la culture étrangère a pour effet d’affaiblir les valeurs de solidarité et de cohésion et le cheminement vers un but commun. Ceci explique le dédain de certaines élites pour la culture d’ici ( http://www.vigile.net/Le-populisme-il-y-a-peril-en-la).
6- Jusqu’où êtes-vous prêt à détruire la planète au nom du »progrès » économique ?
Les besoins de la population ne sont pas ceux d’un développement illimité qui ravage la planète (http://www.vigile.net/L-histoire-d-une-Grande-Magouille et http://www.vigile.net/Dechets-nucleaires-sur-le-fleuve). Les exemples au Québec comme au Canada témoignent d’une mentalité qui fait passer le intérêts privés avant les intérêts publics.
Donc au nom de la paix, du respect des droits humains, de la démocratie, des acquis sociaux, des valeurs de solidarité et de l’environnement, nous avons tous un rôle a jouer pour notre avenir et celui de tous les humains. On ne peut blâmer les gouvernements et ne rien faire pour les sanctionner. Il faut d’abord prendre ses responsabilités. Et si nous ne faisons pas partie de la solution, alors nous faisons partie du problème.
