Je repense à ce que disait récemment le Premier ministre du Québec : « Nous sommes tous des immigrants ». Une telle affirmation n’a aucun sens, mais elle traduit un malaise qui est très profond. Elle est le signe que nous ne nous reconnaissons pas d’identité. C’est ce même malaise que traduisait le spectacle d’ouverture des Fêtes de Québec le 31 décembre dernier Un grand spectacle, mais un spectacle sans âme. Comme si ce n’était rien ces quatre cents ans qui se sont passés depuis la fondation de Québec. Comme si ces quatre cents ans d’histoire n’avaient aucun sens, n’avaient été vécus par personne. Comme si nous n’étions rien, n’avions rien vécu comme peuple. Les gens étaient là pourtant. Ils ont répondu à l’appel, mais personne n’a interprété ce qui se passait, ce que signifient ces quatre siècles d’histoire, cette présence du peuple québécois en Amérique, dans le monde.
Ma conviction, c’est que le Québec existe, le peuple québécois existe, mais malheureusement nos hommes et nos femmes politiques, nos personnes publiques n’ont pas l’air de s’en apercevoir, n’expriment pas ce que les Québécois vivent, n’assument pas l’identité québécoise. Ils vivent quelque part dans les nuages, en marge de la réalité.
Paul-Émile Roy

