Des médias français signalent que madame Ségolène Royal aurait fait un faux pas, une fois de plus, en révélant que madame Pauline Marois lui a dit qu’il n’y aura pas d’autre référendum au Québec.
Ici, les journaux reprennent cette idée et la répandent en vue de provoquer une réaction négative à l’endroit de madame Marois chez les promoteurs d’un Québec indépendant.
Pour moi, cette fuite n’a rien d’un faux pas, mais tout d’une clarification heureuse. Si la voie référendaire est mise de côté, ce qui est bien car elle est piégée par la loi sur la clarté, il en reste, exception faite du recours aux armes, deux autres : une décision des parlementaires ou une élection décisionnelle.
Dans le premier cas, sans mandat émanant du peuple, les parlementaires n’auraient pas de légitimité à moins que les parlementaires canadiens leur en reconnaissent une, ce qui m’apparaît douteux, voire dangereux, car le peuple québécois ne serait pas le porteur de son pays. Il en découlerait que ses contours se décideraient par négociation. Un pays, ce n’est pas négociable. Seule la sécession l’est.
Dans le deuxième cas, le peuple est de la partie. Comme l’a mis de l’avant Bernard Frappier en 2002 et bien d’autres depuis, avec une élection décisionnelle, il faut, pour procéder, une plate-forme électorale en conséquence et une double majorité (majorité de votes et majorité d’élus).
Cette façon de procéder peut être déployée par un parti ou dans le cadre d’un pacte entre partis indépendantistes. Un pacte a l’avantage de révéler que le projet de pays cimente une union entre les Québécois et les Québécoises toutes origines confondues en vue de se doter d’un pays, ce qui est essentiel à la réalisation de projets de société.
De ces deux voies, la deuxième a de plus l’avantage rendre les contours du pays non négociables et, surtout, de dédouaner les parlementaires québécois d’opérer à l’intérieur des limites juridiques du statut de province. Avec un mandat clair de faire le pays, ils peuvent de jure instituer une autre entité politique en nommant un président et en procédant sous ses directives.
Merci madame Ségolène Royal de cette fuite. Elle n’a rien d’un faux pas. Au contraire.


