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Réforme de la carte électorale
Pas de « statut particulier » pour le Québec
Le Québec garderait ses 75 sièges garantis par la Constitution, mais verrait son poids politique passer de 24,3 à 21,9 % de la députation.
Le Devoir
jeudi 8 octobre 2009


Guillaume Bourgault-Côté - Ottawa — Pas question d’accorder de « statut particulier » au Québec et de maintenir artificiellement élevé son poids politique à Ottawa, a indiqué hier le gouvernement en réponse à une motion unanime de l’Assemblée nationale.

Les trois partis provinciaux québécois se sont entendus pour « exiger du gouvernement fédéral qu’il renonce à déposer tout projet de loi ayant pour conséquence de diminuer le poids du Québec à la Chambre des communes ». Québec fait référence à un projet de loi en préparation qui ferait passer de 308 à 342 sièges la taille du Parlement canadien, sans pour autant donner un siège de plus au Québec.

Selon les rumeurs qui circulent depuis deux semaines, l’Ontario gagnerait 21 sièges, l’Alberta 6 et la Colombie-Britannique, 7. Le Québec garderait ses 75 sièges garantis par la Constitution, mais verrait son poids politique passer de 24,3 à 21,9 % de la députation.

Lieutenant de Stephen Harper au Québec, le ministre Christian Paradis, a confirmé hier que le projet de loi va « refléter les réalités démographiques » du Canada. « Présentement, il y a une disproportion », estime M. Paradis. Selon ce dernier, le « statut particulier » du Québec est déjà reconnu dans le maintien du nombre minimal de sièges, établi à 75.

La seule façon de permettre à la province d’augmenter sa députation passe par l’augmentation de la population, affirme Christian Paradis. « Présentement, ça stagne ou c’est négatif, alors qu’ailleurs au pays, il y a des booms. Il faut respecter ça. Mais j’espère qu’il va y avoir un boom démographique au Québec, parce que c’est comme ça qu’on peut avoir des sièges de plus. »

M. Paradis croit qu’il « faut arrêter d’avoir peur » que la voix du Québec soit de plus en plus marginalisée au sein de la Confédération. « On n’a pas besoin de super vote pour se faire entendre », dit-il.

En Chambre, le ministre de la Réforme démocratique, Steven Fletcher, a repoussé les attaques du Bloc québécois en affirmant que les chiffres évoqués (342 sièges) sortent de nulle part. « Tous les partis fédéralistes seront d’accord pour dire que le Québec est bien représenté dans cette Chambre. Le seul parti qui ne veut pas que le Québec soit bien représenté, c’est le Bloc », a lancé M. Fletcher.

En 2007, le gouvernement du Québec avait adopté une motion unanime pour contrer un premier projet de loi, mort au feuilleton. Celui-ci aurait fait passer la taille du Parlement à 330 sièges d’ici 2014. L’Ontario avait alors protesté, arguant que l’ajout d’une dizaine de sièges de plus était insuffisant pour elle. Le gouvernement ontarien voulait au moins 21 sièges, ce qu’Ottawa s’apprêterait à lui accorder.



Source
http://www.ledevoir.com/2009/10/08/270687.html




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